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Un rapport de l'OMS revèle le coût de la violence interpersonnelle pour l'économie

La violence anéantit des vies et son coût économique pèse en outre lourdement sur les sociétés dans le monde, dont certaines consacrent plus de 4% de leur produit intérieur brut (PIB) à la lutte contre les traumatismes dus à la violence. Tel est l'un des constats d'un rapport publié aujourd'hui par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) à l'occasion de la 7e Conférence mondiale sur la prévention des traumatismes et la promotion de la sécurité qui se tient du 6 au 9 juin à Vienne, en Autriche.

Le rapport sur les dimensions économiques de la violence interpersonnelle, qui fait suite au Rapport mondial sur la violence et la santé 2002 de l'OMS, rassemble les données disponibles sur le coût de la violence à l'encontre des enfants, des femmes et des personnes âgées et entre jeunes, y compris des informations sur l'efficacité de la prévention de la violence par rapport à son coût.

La violence fait 1,6 million de victimes chaque année dans le monde et des millions d'autres personnes, qui ont été blessées, présentent des séquelles physiques, sexuelles, génésiques et mentales. La violence, qui est responsable de 14% des décès chez les hommes et de 7% des décès chez les femmes, figure parmi les principales causes de mortalité chez les personnes de 15-44 ans. Les victimes masculines d'homicides sont pour la plupart tuées par des personnes sans lien de parenté avec elles tandis que près de la moitié des victimes féminines sont tuées par leur conjoint ou ex-conjoint ou par leur partenaire,et ce chiffre peut atteindre 70% dans certains pays. Quant aux sévices infligés à des enfants, il ressort d'études réalisées dans certains pays que 20% environ des femmes et 5-10% des hommes ont subi des sévices sexuels dans leur enfance.

Le rapport sur les dimensions économiques de la violence interpersonnelle traite plus spécialement du coût de la violence pour les sociétés. Il contient notamment cette information: Les dépenses de santé liées à la violence, selon une étude consacrée aux pays d'Amérique centrale et australe, représentaient 1,9% du PIB au Brésil; 4,3% en Colombie; 4,3% à El Salvador; 1,3% au Mexique; 1,5% au Pérou; et 0,3% au Venezuela.

En Angleterre et au Pays de Galles (Royaume-Uni), le coût annuel total des actes criminels - pour plus de 60% des meurtres, des agressions sexuelles ou d'autres traumatismes liés à la violence - est estimé à US$ 63,8 milliards. On estime que les seuls homicides coûtent US$ 194 millions par an à l'Australie, US$ 67 millions à la Nouvelle-Zélande et US$ 30 millions à la Province occidentale du Cap en Afrique du Sud.

En Australie, la violence au travail coûte US$ 5582 par victime aux employeurs et US$ 837 millions par an à l'économie nationale.

Le Dr Catherine Le Galès-Camus, Sous-Directeur général à l'OMS, responsable du Groupe, Maladies non transmissibles et Santé mentale a appelé l'attention sur l'un des principaux messages du rapport sur les dimensions économiques de la violence interpersonnelle. "Au-delà des tragédies humaines personnelles associées à chaque cas de violence, les conséquences de ces actes coûtent extrêmement cher en termes économiques à la société. La lutte contre la violence prive les secteurs de l'éducation, de la sécurité sociale, du logement et des loisirs de milliards de dollars dépensés pour soigner les victimes et poursuivre les coupables, tâches essentielles mais apparemment sans fin."

Les informations sur le coût direct de la violence font défaut dans de nombreuses régions du monde, en particulier dans les pays en développement. "Il faudra s'employer ces prochaines années à renforcer et soutenir les travaux de recherche des pays en développement sur le coût de la violence interpersonnelle et intégrer les résultats obtenus dans les processus d'élaboration des politiques et de sensibilisation, afin d'étayer les arguments en faveur de la prévention," a ajouté le Dr Le Galès-Camus.

Les estimations du coût de la violence aux Etats-Unis peuvent dépasser les US$ 300 milliards par an. Une étude indique que la maltraitance des enfants coûte à elle seule US$ 94 milliards par an à l'économie des Etats-Unis - soit 1% du PIB national. Ce chiffre inclut les dépenses médicales directes et les frais connexes liés aux services juridiques, à l'intervention de la police et aux incarcérations, ainsi que le montant correspondant à la perte de productivité indirecte, au coût psychologique et à la délinquance future.

La principale composante est la criminalité adulte liée aux sévicees infligés à des enfants, chiffrée à US$ 55,4 milliards par an. Pour ce qui est de la criminalité juvénile, on estime qu'un acte criminel commis par un jeune coûte en général de US$ 16 600 à 17 700 à la victime, plus US$ 44 000 de frais de justice criminelle. Des études indiquent également que de 56 à 80% du coût des soins aux blessés graves par arme à feu ont été payés directement par des fonds publics ou n'ont pas été payées - auquel cas ils ont été absorbés par les pouvoirs publics et la société sous forme de financement de soins sans contrepartie et du relèvement général des tarifs.

"La bonne nouvelle, dans ce rapport sur les dimensions économiques de la violence, est l'efficacité économique de la prévention de la violence établie par les quelques études coût-avantages qui ont été faites," a observé le Dr Alexander Butchart, Coordonnateur, Prévention de la violence, à l'OMS. Plusieurs études effectuées aux Etats-Unies estiment en fait que les incitations à l'obtention de diplômes pour les jeunes à haut risque et la formation parentale pour les jeunes parents sont respectivement sept et cinq fois plus efficaces, compte tenu de leur coût, pour la prévention de la violence que les investissements en faveur du renforcement de l'application des lois et de l'incarcération. "Bien qu'il reste à établir si les mêmes résultats seront obtenus dans les pays en développement, il ressort de ces observations que la prévention de la violence est non seulement bénéfique pour la santé et la sécurité mais également pour l'économie," a ajouté le Dr Butchart.

L'OMS est étroitement associée à l'action menée pour prévenir la violence interpersonnelle sous toutes ses formes, y compris la maltraitance des enfants, la violence juvénile, la violence entre intimes, la violence sexuelle et les mauvais traitements infligés aux personnes âgées. Depuis la publication du Rapport mondial OMS sur la violence et la santé, ses recommandations relatives à la prévention de la violence ont été approuvées par l'Assemblée mondiale de la Santé, la Commission des droits de l'homme, l'Union africaine et l'Association médicale mondiale. Ces recommandations appellent notamment les gouvernements et les acteurs concernés à tous les niveaux de la prise des décisions, à définir des priorités pour les causes, les conséquences, le coût et la prévention de la violence, et à soutenir la recherche sur l'ensemble de ces aspects.

La Campagne mondiale de l'OMS pour la prévention de la violence, qui met à profit l'impulsion créée par les manifestations nationales dans près de 50 pays, utilisera le nouveau rapport pour accroître l'engagement des politiques à soutenir davantage de recherches sur les causes initiales et les conséquences de la violence interpersonnelle, et à établir des programmes de prévention de la violence fondés sur des données factuelles et améliorer les services aux victimes.

Remarque technique

Dans le rapport sur les dimensions économiques de la violence interpersonnelle, les valeurs monétaires ont été converties en dollars des Etats Unis de 2001 afin de permettre les comparaisons et de tenir compte de l'inflation et de l'évolution des taux de change. Pour cela, on a converti les montants dans d'autres devises en dollars des Etats Unis au moyen du taux de change applicable au milieu de l'année de l'estimation, puis on a converti l'estimation en dollars des Etats Unis obtenue en dollars des Etats Unis de 2001 au moyen de l'indice des prix à la consommation officiel des Etats Unis. Les taux de change utilisés sont ceux des marchés internationaux, compte non tenu de la parité du pouvoir d'achat.

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