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Nouveaux principes directeurs de l'OMS visant à promouvoir l'usage rationnel des médicaments alternatifs

Les réactions indésirables aux médicaments alternatifs ont plus que doublé en trois ans

Vente au détail de remèdes traditionnels et à base de plantes
Vente au détail de remèdes traditionnels et à base de plantes

Les médicaments traditionnels, complémentaires et alternatifs échappant en grande partie à la réglementation, les consommateurs partout dans le monde doivent être informés et avoir les moyens de se procurer un traitement adapté, sans danger et efficace. Pour faire face à ce problème, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) publie aujourd’hui un nouvel ensemble de principes directeurs adressés aux autorités sanitaires nationales pour les aider à mettre au point des informations fiables et spécifiques à l’intention des consommateurs de médicaments alternatifs.

Jusqu’à 80 % des populations des pays en développement s’en remettent à la médecine traditionnelle pour les soins de santé primaires, par tradition culturelle ou faute d’autres alternatives. Dans les pays riches, nombreux sont ceux qui ont recours à divers types de remèdes naturels en partant du principe que ce qui est naturel est sans danger.

Or, on s’aperçoit qu’avec l’augmentation de la consommation de médicaments traditionnels ou alternatifs le nombre de réactions indésirables augmente lui aussi. En Chine, pays où les thérapies et produits traditionnels sont largement utilisés parallèlement à la médecine classique, on a dénombré 9854 cas connus de réactions indésirables aux médicaments rien qu’en 2002, contre 4000 entre 1990 et 1999.

De nombreux médicaments traditionnels/alternatifs sont en vente libre. Dans une enquête de l’OMS portant sur 142 pays, 99 ont indiqué que la plupart de ces produits pouvaient être achetés sans ordonnance. Dans 39 pays, de nombreux remèdes traditionnels sont utilisés en automédication, achetés ou préparés par des amis ou des connaissances du patient. Ces tendances soulèvent un certain nombre de préoccupations quant à la qualité des produits utilisés, à leur utilité thérapeutique pour une affection donnée et au manque de suivi médical.

« L’OMS est favorable aux médicaments traditionnels et alternatifs lorsque leur efficacité pour le patient a été démontrée et qu’ils présentent le minimum de risques », a déclaré le Dr LEE Jong-wook, Directeur général de l’OMS. « Mais avec l’augmentation de la consommation, les pouvoirs publics devraient faire en sorte que toutes les parties prenantes soient mieux informées quant à leurs avantages et à leurs risques ».

Des informations accessibles et faciles à comprendre sont indispensables pour guider le consommateur dans ses choix. Ces principes directeurs contiennent des conseils simples, expliquent ce à quoi il faut veiller et proposent une courte liste de questions essentielles destinée à aider le consommateur à faire un usage rationnel des médicaments traditionnels et alternatifs.

Les autorités sanitaires y trouveront des conseils sur la façon d’élaborer des informations faciles d'accès et sur la collaboration avec les médias en vue de sensibiliser et d’éduquer la population. Y sont également suggérées un certain nombre de structures et de méthodes à intégrer dans des systèmes de santé pour promouvoir l’usage rationnel des médicaments traditionnels et alternatifs.

Si ces principes directeurs ne suffisent pas en cas de produits de mauvaise qualité ou de pratiques inadaptées, ils peuvent aider les pouvoirs publics à éduquer les consommateurs à la façon de mieux utiliser les médicaments traditionnels, avec le minimum de risques.

Thérapies alternatives – avantages et risques établis

Il existe des données empiriques et scientifiques qui mettent en évidence les bénéfices de l’acupuncture, des médecines manuelles et de plusieurs plantes médicinales dans le traitement de maladies chroniques ou bénignes. Par exemple, l’efficacité de l’acupuncture, très utilisée pour soulager la douleur, a été démontrée aussi bien lors de nombreux essais cliniques que lors d’expériences de laboratoire. Au Royaume-Uni, 90 % des consultations de traitement de la douleur et 70 % en Allemagne proposent l’acupuncture parmi différents traitements. De même, certaines plantes médicinales ont démontré leur efficacité contre des maladies mortelles : ainsi, les associations de médicaments contenant une plante chinoise, Artemisia annua, sont désormais considérées comme les médicaments les plus efficaces contre le paludisme.

Mais, dans bien des cas, les consommateurs utilisent sans le savoir des produits suspects ou de contrefaçon, choisissent eux-mêmes pour se soigner des traitements inadaptés et l’on signale un certain nombre de surdosages involontaires.

De la même façon, des cas de consommateurs blessés par des praticiens non qualifiés ont été signalés. Ainsi, une étude effectuée par l’Institut national de Recherche sur les Médecines complémentaires et alternatives de Norvège a signalé des cas de pneumothorax provoqués par des acupuncteurs non qualifiés. Certains cas de paralysie provoqués par des thérapeutes manuels non qualifiés ont aussi été signalés.

Un autre risque potentiel est lié au fait que les patients n’informent pas leur médecin du fait qu’ils ont recours par ailleurs à des médecines traditionnelles et complémentaires. Ainsi, Ginkgo biloba est un médicament à base de plantes communément utilisé dans le monde, qui a pour principales indications de prévenir les maladies vasculaires et d’améliorer la circulation sanguine. Le Centre de Surveillance de l’OMS à Uppsala a signalé quelques cas d’hémorragie au cours d’opérations chirurgicales, qui auraient pu être évités si le patient avait signalé à son médecin qu’il utilisait le produit.

L’élaboration de ces principes directeurs a été rendue possible grâce à l’appui technique et financier du Gouvernement régional de Lombardie en collaboration avec l’Université publique de Milan. Les recommandations reposent sur les données scientifiques et empiriques recueillies auprès de 102 pays représentant l’ensemble des Régions OMS.

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