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Elargir l'accès au traitement du SIDA à partir de fondations solides

Selon l’Organisation mondiale de la Santé, il faut redoubler d'efforts pour traiter d’urgence les malades du SIDA

Un orphelin du SIDA reçoit son traitement dans une zone rurale de l'Ouganda. Photo: OMS/Michael Jensen
Un orphelin du SIDA reçoit son traitement dans une zone rurale de l'Ouganda. Photo: OMS/Michael Jensen

Au cours des six mois qui se sont écoulés depuis que l’OMS et l’ONUSIDA ont lancé la stratégie « trois millions de personnes traitées d’ici 2005 », des progrès considérables ont été accomplis pour permettre à tous ceux qui en ont besoin d’accéder plus facilement au traitement du SIDA. Tel est le résultat des efforts déployés par de nombreux partenaires et notamment les gouvernements, les donateurs, les organismes multilatéraux, les organisations non gouvernementales, les organisations religieuses, le secteur privé et les personnes vivant avec le VIH/SIDA. Il reste néanmoins beaucoup à faire et il faut le faire d’urgence si l’on veut que le monde atteigne sa cible, à savoir traiter 3 millions de personnes vivant avec le SIDA dans les pays en développement d’ici à la fin de 2005, selon les déclarations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et de l’ONUSIDA qui figurent dans deux rapports publiés aujourd’hui.

« Un travail important a été accompli en l’espace de seulement quelques mois pour construire le cadre qui permettra de guider les pays dans les efforts qu’ils déploient pour administrer aux personnes qui en ont besoin un traitement contre le SIDA » a déclaré le Dr LEE Jong-Wook, Directeur général de l’OMS. « La cible « 3 millions d’ici 2005 » est une étape essentielle vers l’accès universel à ce traitement et elle est atteignable. L’absence d’accès au traitement demeure une urgence sanitaire mondiale.

Il y a encore beaucoup à faire pour administrer le traitement et les soins, pour instituer des programmes visant à prévenir la transmission du VIH qui soient solides et pour accélérer l'exécution desdits programmes. »

Depuis que la stratégie « 3 millions d’ici 2005 » a été annoncée, il y a six mois, au cours de la Journée mondiale du SIDA qui s'est tenue le 1er décembre 2003, le premier rapport de situation « 3 millions d’ici 2005 », publié aujourd’hui, montre comment s’emboîtent les mesures qui ont été prises pour mettre à la disposition d'un nombre plus important de personnes qui en ont besoin un traitement anti-SIDA. Prospectif, un deuxième rapport, le plan VIH/SIDA 2004-2005, décrit clairement les mesures que l’OMS va prendre et ce qu’il reste à accomplir pour assurer la continuité des progrès.

Les données recueillies et analysées par l’OMS montrent que les pays en développement comptent deux fois plus de personnes soignées pour le SIDA qu'il y a deux ans au moment de la Conférence internationale de Barcelone sur le SIDA. Toutefois, le nombre des personnes qui reçoivent actuellement un traitement, soit 440 000, est inférieur à la cible des 500 000 personnes fixée par la stratégie « 3 millions d’ici 2005 » publiée en décembre.

Soucieux d’accélérer les progrès, les pays demandent à l’OMS de leur prêter une assistance technique dans deux grands domaines : formation des agents de santé et renforcement des capacités d'une part ; aide en matière d’achat et de distribution des médicaments d'autre part.

Pour l’OMS, l’absence de soutien financier a entravé les progrès en début d' année mais, à la suite d’annonces faites par des donateurs, et notamment le Canada, le Royaume-Uni et la Suède, la fourniture d’une assistance technique et le recrutement de personnel chargé d’élargir l’accès au traitement dans les pays est désormais en cours.

Néanmoins, dans les semaines qui ont suivi le lancement de l’initiative « 3 millions d’ici 2005 », 56 pays ont demandé à l’OMS de leur fournir une assistance technique pour les aider à élargir l’accès au traitement. Au cours des six derniers mois, l’OMS a conçu et publié de nouvelles directives simplifiées concernant le traitement et le dépistage ; les experts ont fourni aux pays des conseils indispensables; le service "SIDA : médicaments et moyens diagnostiques" a commencé à travailler pour faciliter l’accès à des médicaments de qualité et efficaces contre le SIDA à des prix abordables ; et des modules de formation ont été mis au point et essayés.

Les pays, l'OMS, l'ONUSIDA et les partenaires, y compris les donateurs et la société civile, s'emploient sans relâche à obtenir un engagement politique et financier suffisant pour élargir l'accès aux services de prévention, de traitement et de soins. Il est urgent aussi d'offrir la possibilité à chacun de faire un test de dépistage afin de connaître son statut sérologique pour le VIH, de même qu'il est indispensable de mieux prévenir la transmission du virus pour freiner la progression de l'épidémie. C'est aux pays qu'il incombe en dernier ressort de mettre les services VIH/SIDA à la disposition d'un plus grand nombre de personnes.

"C'est grâce à l'engagement massif et permanent des donateurs, des gouvernements, des organisations non gouvernementales et des militants partout dans le monde que nous avons pu faire ce que nous avons fait, reconnaît le docteur Jack Chow, Sous-Directeur général de l'OMS chargé du Groupe VIH/SIDA, tuberculose et paludisme. En prenant ainsi l'initiative, ils aideront à sauver des vies."

"L'efficacité du traitement simplifié en milieu déshérité est clairement attestée. Aujourd'hui que la volonté, le financement et les éléments de base sont réunis, il n'y a plus d'excuses. Il est temps d'apprendre par la pratique et d'étendre le traitement, déclare le docteur Jim Yong Kim, Directeur du Département VIH/SIDA de l'OMS. Nous sommes sur la bonne voie, mais les progrès sont trop lents. Il reste 18 mois aux gouvernements, aux organisations non gouvernementales et aux autres partenaires pour rendre la prévention, le traitement et les soins plus accessibles dans les pays en développement."

Selon le plan VIH/SIDA 2004-2005 de l'OMS, il faudra recruter en un laps de temps très court 100 000 soignants et agents communautaires de plus dans le monde. Des millions de personnes ont besoin de connaître leur statut VIH et le traitement doit être disponible dans bien plus d'endroits. Il faut aussi plus de fonds : l'OMS estime que la mise sous traitement de trois millions de personnes d'ici la fin de 2005 coûtera au total US $5,5 milliards. L'OMS a elle-même besoin de US $62 millions supplémentaires pour fournir aux pays l'assistance technique et les autres services qu'ils demandent.

Il faut maintenant accélérer la formation dans les pays. Les réseaux de personnes vivant avec le SIDA ont eux aussi besoin de suivre un enseignement pour aller vers les communautés touchées, les préparer à la mise ne place du traitement et intensifier le travail de prévention. L'OMS a élaboré et expérimenté des modules de formation qui, une fois adaptés, sont utilisés dans le contexte local.

Le prix du traitement de première intention avec des médicaments en associations fixes continue de baisser ; le coût de référence se situe aujourd'hui aux alentours de US $150 par personne par an, soit une diminution d'environ US $150 en moins d'un an. Malheureusement, tous les pays n'ont pas choisi comme traitement type les schémas thérapeutiques les plus économiques, et le coût du traitement de deuxième intention demeure élevé. En outre, beaucoup de pays où le traitement de première intention reste trop cher n'ont pas encore homologué les antirétroviraux génériques.

"On sait comment prévenir l'infection à VIH, traiter le SIDA et soigner les malades. C'est maintenant que le monde peut et doit agir. Saisissons cette chance", enjoint le docteur Jim Yong Kim.

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