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l’OMS demande d’intensifier rapidement les mesures prises pour lutter contre la tuberculose et le VIH

Collaboration pour accélérer la distribution des traitements contre le SIDA et freiner la propagation de la tuberculose dans les régions de forte prévalence du VIH

Brendo, 7 ans, est tuberculeux et séropositif. Photo: OMS/STB/Colors Magazine/J. Mollison
Brendo, 7 ans, est tuberculeux et séropositif. Il vit aujourd'hui à la Casa Cazuza de Rio de Janeiro, au Brésil, où lui sont dispensés des antituberculeux et des antirétroviraux gratuits. Photo: OMS/STB/Colors Magazine/J. Mollison

L'Organisation mondiale de la Santé a annoncé aujourd’hui un plan pour étendre la collaboration entre les programmes nationaux de lutte antituberculeuse et de lutte contre le VIH/SIDA afin de juguler l’expansion de la pandémie de co-infection tuberculose-VIH, l’accent portant principalement sur l’Afrique, où vivent 70 % des 14 millions de personnes vivant avec cette co-infection dans le monde.

Cette nouvelle politique définit les actions nécessaires pour lutter contre la double épidémie de tuberculose et de VIH et donne des conseils clairs aux pays pour savoir dans quelles circonstances ils doivent prendre ces mesures efficaces. Elle constituera un appui essentiel pour la stratégie de l’OMS « 3 millions d’ici 2005 » qui prévoit de fournir les traitements antirétroviraux (ARV) à trois millions de personnes vivant avec le SIDA d’ici fin 2005.

« La tuberculose et le VIH forment ensemble une association meurtrière que l’on doit combattre en adoptant une méthode de traitement global de la personne, a déclaré le Dr LEE Jong-wook, Directeur général de l'Organisation mondiale de la Santé. Avec un traitement efficace, on peut guérir la tuberculose, maîtriser le VIH et préserver la santé de millions de personnes. »

Un élément crucial sera d’étendre rapidement les programmes de conseils et de dépistage volontaire du VIH, dans le but de détecter au cours des deux prochaines années plus d’un demi-million de tuberculeux séropositifs pour le VIH et de les adresser aux services assurant les traitements ARV. Avec un complément de formation pour les agents de santé, les programmes de lutte antituberculeuse apporteront leur concours à la prévention du VIH, à la distribution des ARV et aux soins des patients.

Parallèlement, le dépistage des cas de tuberculose va s’intensifier dans les zones de forte prévalence du VIH en intégrant ce diagnostic dans les services qui s’occupent du VIH/SIDA. En Afrique, jusqu’à la moitié des personnes vivant avec le VIH/SIDA développent la tuberculose et jusqu’à 80 % des tuberculeux sont également infectés par le VIH.

Avec le dépistage systématique de la tuberculose chez les patients vivant avec le VIH/SIDA, il sera possible de donner des médicaments prophylactiques aux cas de co-infection qui ne présentent pas encore une tuberculose évolutive et le traitement à ceux qui en sont déjà à ce stade. Il sera ainsi possible de prolonger la vie des personnes vivant avec le VIH/SIDA jusqu’à ce qu’elles puissent bénéficier de la disponibilité accrue des ARV dans les prochaines années.

Comme l’a rappelé le Directeur exécutif de l’ONUSIDA, le Dr Peter Piot : « la tuberculose est peut-être l’infection opportuniste la plus importante et la plus mortelle. En luttant à la fois contre elle et contre le VIH, on peut améliorer significativement la qualité de vie des personnes infectées par le VIH tout en luttant contre la tuberculose et en évitant de nouvelles infections. »

Dans leur immense majorité, les personnes infectées par le VIH n’ont pas connaissance de leur état et vont consulter les services de santé généraux. Le conseil et le dépistage volontaire du VIH proposés aux sujets tuberculeux en ayant recours à des tests rapides constitue une voie d’accès à une prise en charge globale incluant la prévention, les soins, le soutien et le traitement du VIH/SIDA comme de la tuberculose.

« Les faits montrent que le dépistage du VIH est bien accepté par les patients tuberculeux, de sorte que son intégration dans les programmes de lutte antituberculeuse, avec les services de conseils qui vont de pair, permettra de détecter beaucoup plus de sujets justiciables du traitement ARV, explique le Dr Mario Raviglione, Directeur à l’OMS du département Halte à la tuberculose. Nous savons aussi que les ARV réduisent le nombre de sujets séropositifs pour le VIH qui développent la tuberculose d’une proportion pouvant atteindre 80%. Il est donc parfaitement justifié de promouvoir et de développer cette collaboration. »

Le lancement des nouvelles orientations « The Interim Policy on Collaborative TB/HIV Activities » coïncide avec le quatrième appel à propositions pour le Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme. Les dossiers peuvent être présentés jusqu’en avril 2004. Cette politique provisoire appuiera les propositions couvrant la double épidémie de tuberculose et de VIH. Le Fonds mondial a déjà engagé US$ 2,1 milliard sur deux ans pour des programmes dans 120 pays.

Ensemble, ces deux épidémies constituent un immense défi à relever par la santé publique. Actuellement, 40 millions de personnes sont infectées par le VIH et l’on compte 5 millions de nouvelles infections chaque année. Selon l’OMS, un tiers de la population mondiale est désormais infecté par le bacille tuberculeux, 8 millions de personnes développent une tuberculose évolutive et 2 millions en meurent chaque année.


Pour de plus amples informations, veuillez prendre contact avec : Michel Luhan, Conseiller en communication, Secrétariat du partenariat Halte à la tuberculose, tél. +4122 791 1379 ; portable : +4179 509 0643 ; mél : luhanm@who.int ou Glenn Thomas, Chargé de communication, département Halte à la tuberculose, OMS, tél. : +4122 791 3983 ; portable : +4179 509 0677 ; mél : thomasg@who.int ou Andy Seal, Conseiller juridique, ONUSIDA, tél. : +4122 791 4765 ; portable : +4179 250 1693 ; mél : sealea@onusida.org.

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