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Les responsables de la santé dans le monde et l'Organisation mondiale de la Santé annoncent l'accélération des mesures destinées à assurer la sécurité des patients

OMS/Ryo Kameyama
OMS/Ryo Kameyama

L'Organisation mondiale de la Santé et ses partenaires ont annoncé aujourd'hui le lancement de l'Alliance mondiale pour la sécurité des patients et la mise en œuvre d'une série de mesures clefs visant à réduire le nombre des pathologies, traumatismes et décès qui touchent des malades en traitement. L'OMS, des ministres de la santé et des hauts fonctionnaires, des universitaires et des associations de malades de toutes les régions du monde se sont réunis pour défendre la sécurité des patients et l'objectif "Avant tout, ne pas nuire"1, et pour réduire les conséquences sanitaires et sociales indésirables des activités de soins.

"L'amélioration des soins est peut-être la principale réussite de l'humanité depuis 100 ans," a déclaré le Dr LEE Jong-wook, Directeur général de l'OMS. L'amélioration de la sécurité des malades dans les dispensaires et les hôpitaux est, dans bien des cas, le meilleur moyen de protéger les progrès accomplis."

C'est la première fois qu'une coalition de partenaires s'associe aux efforts déployés dans le monde pour améliorer la sécurité des malades, signe qu'il est urgent de prendre des mesures efficaces, tangibles et concertées pour réduire le nombre croissant des manifestations indésirables consécutives à la prestation de soins et leurs incidences sur la vie des malades.

Plusieurs pays se sont déjà dotés de plans et de lois sur la sécurité des patients. Les dirigeants de plusieurs pays jouent un rôle fondamental dans ce domaine en soutenant le développement des recherches, des capacités de prestation et des connaissances qui permettront de s'atteler à tout l'éventail des questions relatives à la sécurité des malades dans le monde. Ainsi, deux partenaires de l'Alliance - le Department of Health du Royaume-Uni et le Department of Health and Human Services des Etats-Unis d'Amérique - vont utiliser des ressources et des compétences pour commencer à faire reculer l'incidence croissante des effets indésirables évitables des soins de santé.

"Le problème de la sécurité des patients se pose dans le monde entier. L'intérêt dont font preuve certains pays et leur détermination à trouver des solutions sont encourageants. A l'avenir, partout dans le monde, grâce à l'action mise sur pied aujourd'hui à Washington, DC, des vies seront épargnées, les malades seront moins exposés et de nombreux enseignements seront retirés," a déclaré Sir Liam Donaldson, Chief Medical Officer du Gouvernement du Royaume Uni, et Président de l'Alliance mondiale pour la sécurité des patients.

L'Alliance mondiale voit le jour deux ans après l'adoption par la Cinquante-Cinquième Assemblée mondiale de la Santé en 2002 d'une résolution qui invitait les Etats Membres à accorder la plus grande attention au problème de la sécurité des patients et à créer sur des bases scientifiques et à renforcer les systèmes nécessaires pour améliorer la sécurité des patients et la qualité des soins, y compris pour surveiller les médicaments ainsi que le matériel et la technologie médico-sanitaires. Dans cette résolution, l'OMS était instamment priée de guider l'élaboration de normes et de règles mondiales, d'encourager la recherche et d'appuyer les efforts des Etats Membres visant à définir une politique et des pratiques en faveur de la sécurité des patients.

"Cette initiative mondiale assurera la collaboration de tous les pays à l'amélioration des soins et de la sécurité des patients - questions qui se posent par-delà les frontières géographiques", a déclaré Carolyn M. Clancy, Directrice de l'Agence chargée de la recherche sur les soins de santé et de la qualité des soins, Department of Health and Human Services des Etats-Unis d'Amérique. "Des progrès importants ont été accomplis ces cinq dernières années mais la sécurité est encore loin d'être optimale."

Les manifestations indésirables liées à la prestation des soins sont responsables de nombreux cas de morbidité, de traumatismes et de décès. Les études réalisées dans plusieurs pays ont fait apparaître un taux de manifestations indésirables oscillant entre 3,5 et 16,6%2 chez les malades hospitalisés. En moyenne un malade hospitalisé sur dix subit un préjudice évitable qui peut entraîner une incapacité grave, voire la mort.

Au-delà de la misère humaine qui en résulte, les manifestations indésirables ont également des retombées économiques. Plusieurs études situent entre 6 et 29 milliards de dollars par an3 le coût pour certains pays des hospitalisations supplémentaires, des indemnités octroyées par les tribunaux, des infections nosocomiales, de la perte de revenus, des incapacités et des dépenses médicales.

"Le problème des manifestations indésirables liées à la prestation des soins de santé concerne tous les pays, tous les hôpitaux et tous les dispensaires dans le monde, des médecins et des spécialistes aux infirmières et aux agents de santé," a dit le Dr Mirta Roses, Directeur du Bureau régional de l'OMS pour les Amériques.

"La situation est beaucoup plus grave dans les pays en développement, où des millions de patients, enfants et adultes, sont victimes de pathologies durables et d'incapacités qui auraient pu être évitées, ou meurent des suites d'erreurs médicales, de transfusions sanguines pratiquées sans les précautions requises, de la prise de médicaments contrefaits ou de mauvaise qualité, et de pratiques généralement peu fiables dans un milieu de travail défavorable," a déclaré le Dr Ebrahim Samba, Directeur du Bureau régional de l'OMS pour l'Afrique. Selon l'OMS, la moitié au moins du matériel médical est dangereux et 77% de tous les cas déclarés de médicaments contrefaits ou de mauvaise qualité concernent les pays en développement.

L'Alliance compte mener à bien six programmes au cours de ces deux prochaines années:

  • La sécurité des patients: un enjeu mondial s'attellera en 2005-2006 au problème des infections associées aux soins de santé;
  • Patients pour la sécurité des patients associera des organisations de malades et des particuliers aux activités de l'Alliance;
  • Taxinomie relative à la sécurité des patients harmonisera les concepts, principes, normes et termes utilisés dans les activités liées à la sécurité des patients;
  • Recherche sur la sécurité des patients élaborera un instrument d'évaluation rapide à l'usage des pays en développement et réalisera des études sur la prévalence mondiale des manifestations indésirables;
  • Solutions aux problèmes de sécurité des patients encouragera les interventions existantes et coordonnera les activités mondiales pour aider à trouver des solutions nouvelles;
  • Déclaration et enseignement formulera des directives sur les meilleures pratiques applicables aux systèmes de déclaration existants ou nouveaux, et aidera à retirer rapidement un enseignement des informations disponibles.

L'Alliance mondiale pour la sécurité des patients s'inspirera des activités et des initiatives nationales existantes qui partagent le même idéal et établira des liens avec les programmes dont l'objectif est d'améliorer la sécurité des patients. Ses travaux devraient en définitive améliorer sensiblement et durablement la sécurité des soins de santé. Les stratégies en faveur de la sécurité des patients, élaborées et appliquées convenablement, devraient considérablement réduire les manifestations indésirables liées aux soins de santé et réduire les dépenses de plusieurs milliards de dollars par an.


1"Avant tout ne pas nuire", attribué à Hippocrate, vers 460-370 av. J. C.

2 Wilson RM, Runchiman WB, Gibberd RW et al The Quality in Australian Health Care Study. Med J Aus 1995, 163: 458-71; Davis P, Lay -Yee, Briant R et al. Adverse events in New Zealand public hospitals I: occurrence and impact. NJ Med J 2002;115 (1167):U271 ; Davis P, Lay -Yee, Briant R et al. Adverse events in New Zealand public hospitals II: occurrence and impact. NJ Med J 2003;116 (1183):U624; Baker GR, Norton PG, Flintolf V, et al. The Canadian Adverse events Study: the incidence of adverse events among hospital patients in Canada. JAMC 25 may 2004 179 (11) 1678 - 1686; Vriens M, Blok H, Fluit A, et al. Costs associated with a strict policy of eradicate MRSA in a Dutch University Medical Centre. A 10 Year Survey. European Journal of Clinical Microbiology and Infectious Diseases. 2002, 21:782-786;

3Department of Health. An organisation with a memory. Report of an expert group on learning from adverse events in the NHS chaired by the Chief Medical Officer. HMSO 2000. Crown Copyright; Kohn, LT, Corrigan, JM, Donaldson, MS Eds. (1999) To err is human: Building a safer health system. Institute of Medicine, National Academy Press.

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