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Combattre l'obésité de l'enfant pour prévenir le diabète

Communiqué de presse conjoint OMS/FID

On estime que, dans le monde, l'obésité ou la surcharge pondérale concernent plus de 22 millions d'enfants de moins de cinq ans, dont plus de 17 millions dans les pays en développement. Comme l'indiquent l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) et la Fédération internationale du diabète (FID), chacun de ces enfants présente un risque accru de développer un diabète de type 2 (appelé également diabète de l'adulte ou diabète de la maturité).

"La lutte contre l'obésité de l'enfant est un moyen très efficace pour prévenir le diabète dans le futur", explique le Dr Catherine Le Galès-Camus, Sous-Directeur général à l'OMS de Maladies non transmissibles et santé mentale, à quelques jours de la Journée mondiale du Diabète, le 14 novembre 2004.

Les maladies chroniques comme le diabète, les cardiopathies, les cancers et les accidents cérébrovasculaires freinent le développement économique. Alors que la malnutrition continue d'être très préoccupante, notamment dans les pays en développement, les gouvernements se trouvent également confrontés au fait que de nombreux enfants, dans toutes les régions du monde, ont pris de mauvaises habitudes alimentaires et ne font pas assez d'exercice physique.

On estime que, dans le monde, 10 % des enfants d'âge scolaire, entre 5 et 17 ans, ont une surcharge pondérale ou sont obèses et la situation s'aggrave. Aux Etats-Unis par exemple, la fréquence de l'obésité et du surpoids chez les enfants et les adolescents de 6 à 18 ans est passée de 15 % dans les années 70 à plus de 25 % dans les années 90.

De telles augmentations ne sont pas l'apanage des pays développés. En Chine, on a observé dans une étude que la fréquence de la surcharge pondérale et de l'obésité chez l'enfant d'âge scolaire en milieu urbain est passé de près de 8 % en 1991 à plus de 12 % six ans plus tard. Au Brésil, la proportion d'enfants de 6 à 18 ans obèses ou en surpoids a plus que triplé : de 4 % au milieu des années 70 à plus de 13 % en 1997.

Le lien entre obésité et diabète est bien établi. Environ 90 % des diabétiques souffrent d'un diabète de type 2 avec une grande majorité d'individus obèses ou en surpoids. "La surcharge pondérale et l'obésité accroissent le risque pour de nombreuses maladies chroniques, dont le diabète de type 2, les cardiopathies, les accidents cérébrovasculaires et certains cancers. Si nous ne nous attaquons pas aux causes sous-jacentes de l'épidémie d'obésité, les systèmes de santé risquent d'être dépassés dans le monde entier, affirme le Dr Le Galès-Camus. Les dépenses directes imputables au diabète représentent déjà de 2,5 à 15 % des budgets annuels de la santé."

L'OMS travaille avec les Etats Membres dans le monde entier pour mettre en œuvre la Stratégie mondiale pour l'alimentation, l'exercice physique et la santé, adoptée en mai 2004 à l'Assemblée mondiale de la Santé.

Cette stratégie recommande un ensemble de mesures qui, si elles sont efficacement appliquées au niveau individuel, local, national et international, permettront de vaincre l'épidémie d'obésité. Elle veut agir sur les changements du mode de vie qui, ces vingt dernières années, ont été associés à l'augmentation du nombre d'enfants obèses ou en surpoids.

L'abondance et la promotion des aliments riches en graisses et en sucre ont profondément modifié les habitudes alimentaires des enfants par rapport à celles de leurs parents au même âge. Ils ne font plus autant d'exercice physique non plus. La situation varie d'un pays à l'autre, mais les raisons pour lesquelles les enfants d'aujourd'hui sont moins actifs que ceux de la génération précédente sont généralement l'urbanisation et la mécanisation, la modification des systèmes de transport et un grand nombre d'heures passées devant la télévision ou les ordinateurs.

Pourtant, on pourrait avoir de grands résultats avec de petits changements. A Singapour, des cours de diététique en classe, associés à un environnement scolaire proposant des nourritures et des boissons saines et une attention spéciale consacrée aux enfants déjà en surpoids, ont permis d'obtenir une baisse significative du nombre d'élèves obèses. Au Royaume-Uni, la limitation de l'accès aux boissons gazeuses sucrées dans un groupe d'écoles primaires a eu pour résultat un amincissement des enfants. D'autres études ont montré que l'on pouvait réussir en augmentant la pratique de l'exercice physique dans les écoles, en modifiant les déjeuners des cantines scolaires, en limitant le nombre d'heures passées à regarder la télévision ou en assurant une éducation sanitaire.

Le professeur Pierre Lefèbvre, Président de la FID, souligne l'urgence : "Les enfants et les adolescents en surpoids tendent à devenir des adultes également trop gros. Les mauvaises habitudes alimentaires et le manque d'activité physique vont probablement perdurer, ce qui expose les jeunes d'aujourd'hui au risque d'avoir un diabète de type 2 dans le futur. Dès l'enfance d'ailleurs, le surpoids et l'obésité entraînent une augmentation de la glycémie, de la lipidémie et de la tension artérielle. Dans de nombreuses populations, les médecins voient de plus en plus de cas de diabète de type 2 chez les adolescents alors que, dans le passé, on ne pouvait en observer que chez les patients d'âge mûr ou âgés."

Le diabète est une maladie chronique qui survient quand le pancréas ne produit pas assez d'insuline ou quand l'organisme ne peut pas utiliser efficacement l'insuline produite. Dans le type 1 du diabète, les patients produisent très peu ou pas du tout d'insuline et doivent s'en injecter tous les jours pour survivre. Dans le type 2, l'insuline n'est pas utilisée efficacement. Il arrive que la seule modification du style de vie suffise pour la prise en charge de la maladie, mais il faut souvent adjoindre une médication par voie orale, et parfois faire appel à l'insuline, pour parvenir à une bonne régulation métabolique. Cette forme de diabète est appelée également diabète non insulino-dépendant ou diabète de la maturité.

L'OMS et la FID travaillent ensemble à une sensibilisation mondiale au diabète. Leur projet commun, "Il faut agir contre le diabète", reçoit le soutien financier de la World Diabetes Foundation et de l'OMS.

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Pour plus d'informations:

Amanda Marlin

Anne Pierson
Téléphone: + 322 543 1623
Courriel: Anne@idf.org