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Améliorer l'accès des femmes et des jeunes filles au traitement contre le SIDA et les protéger de la violence

Un groupe de femmes assure l'éducation communautaire concernant le VIH/SIDA en Ouganda
OMS/Michael Jensen
Un groupe de femmes assure l'éducation communautaire concernant le VIH/SIDA en Ouganda

Les femmes et les jeunes filles vivant avec le VIH/SIDA doivent avoir accès aux antirétroviraux qui permettront de sauver leur vie, souligne l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) dans une déclaration rendue publique mardi. A l’occasion de la Journée mondiale du SIDA 2004, le 1er décembre, l’OMS invite les pays à fixer des cibles nationales spécifiques pour le traitement des femmes et des jeunes filles et de prendre les mesures voulues pour garantir un accès équitable aux services de prévention et de traitement du SIDA.

Alors que 47 % des personnes infectées par le VIH dans le monde sont des femmes, des jeunes filles et des fillettes, on ne dispose pas actuellement d’informations fiables sur le nombre de celles qui bénéficient d’un traitement. La plupart des pays recueillent des données générales sur le nombre de personnes traitées mais sans ventilation selon le sexe ou l’âge. Pour pouvoir assurer un accès équitable au traitement et suivre l’évolution de la situation, les pays devront recueillir des données non seulement sur les personnes qui sont infectées mais aussi sur le nombre d’hommes, de femmes et d’enfants qui ont accès à la prévention et à un traitement.

Comme l’a souligné le Directeur général de l’OMS, le Docteur LEE Jong-wook, « pour garantir aux femmes et aux jeunes filles un accès équitable aux services de prévention et de traitement, il faut que les pays fixent leurs propres cibles nationales qui doivent refléter la proportion des hommes, des femmes et des enfants vivant avec le VIH et ayant besoin d’un traitement. »

L’OMS souligne également l'importance de la lutte contre la violence à l’encontre des femmes et des jeunes filles qui doit faire partie intégrante de la riposte à la pandémie de SIDA. La violence à l’encontre des femmes est un phénomène largement répandu : selon les estimations, la proportion des femmes dans le monde qui ont subi de la part de leur partenaire des sévices physiques ou sexuels au cours de leur existence se situe entre un cinquième et un tiers. Des études effectuées en Afrique du Sud, en République-Unie de Tanzanie et au Rwanda font apparaître un risque de contamination par le VIH trois fois plus important chez les femmes victimes d’actes de violence que chez les autres. Les études tendent également à montrer que dans de nombreux cas, le premier rapport sexuel d’une jeune fille n’est pas souhaité ou a lieu sous la contrainte. Le risque de transmission du VIH est plus important en cas de rapport forcé, surtout chez les jeunes filles et les jeunes femmes en raison de l’immaturité des voies vaginales et de leur fragilité.

Pour le Directeur exécutif de l’ONUSIDA, le Dr Peter Piot, « aucune violence à l’encontre des femmes ne saurait être tolérée. La crainte de la violence empêche de nombreuses femmes d’avoir accès à l’information sur le VIH, de subir un test et de demander un traitement. Si nous voulons réduire l’épidémie, les femmes doivent être au coeur de la riposte contre le SIDA. »

Les différentes formes de violence à l’encontre des femmes et des jeunes filles accroissent leur vulnérabilité à l’infection par le VIH et affaiblissent les efforts de lutte contre le SIDA. Pour des millions de femmes, la violence et la crainte de la violence sont une réalité quotidienne et, de plus en plus, il en va de même du SIDA. Partout dans le monde, les femmes sont exposées à la violence le plus souvent du fait de leur partenaire et dans le cadre même de la famille et du foyer - qui sont supposés être sûrs.

Comme l’a rappelé Joy Phumaphi, Sous-Directeur général chargé de la santé familiale et communautaire à l’OMS, " Pour faire face à deux des problèmes de santé publique les plus graves, la violence à l’encontre des femmes et la pandémie de SIDA, il est indispensable de remettre en question les normes sociales qui tolèrent, voire encouragent la violence à l’encontre des femmes. Il s’agit notamment de comportements masculins qui exposent au risque de l’infection par le VIH les femmes et les enfants au même titre que les hommes eux-mêmes."

Pour assurer aux femmes et aux jeunes filles un accès équitable au traitement et aux soins, les pays doivent se préoccuper des obstacles auxquels elles se trouvent confrontées, par exemple, le problème des transports et de la distance à parcourir ou celui des heures d’ouverture et des longues attentes dans les centres de santé. L’intégration des services concernant le VIH/SIDA aux services de santé sexuelle et génésique, tels que la planification familiale et les soins prénatals, peut également contribuer à répondre aux besoins particuliers des femmes et réduire le risque de stigmatisation.

Les programmes doivent tenir compte de facteurs tels que le coût des médicaments et des soins ou les mécanismes de récupération des coûts qui peuvent pénaliser les femmes. Dans bien des pays, l’égalité d’accès aussi bien aux ressources financières qu’aux moyens de générer un revenu n’existe pas pour les femmes, ce qui les prive souvent d’un accès au traitement. La distribution gratuite d’antirétroviraux là où les services sont dispensés pourrait donc accroître le nombre de femmes commençant un traitement et améliorer l'observance. Ces solutions seront particulièrement précieuses pour les femmes qui ont moins de temps et de ressources à disposition et pour celles qui sont moins mobiles.

L’OMS et l’ONUSIDA publient aujourd’hui deux documents visant à garantir l’égalité d’accès au traitement antirétroviral dans le cas des groupes exposés et marginalisés susceptibles d’être sous-desservis, et en particulier des femmes. Le premier document définit les principaux facteurs qui conditionnent l’accès des femmes au traitement et aux soins concernant le VIH ainsi que les mesures à prendre pour réduire les effets de l’inégalité entre les sexes sur l’utilisation des services de lutte contre le VIH par les femmes. Le second, sur l’éthique et l’accès équitable au traitement et aux soins concernant le VIH (« Guidance on Ethics and Equitable Access to HIV Treatment and Care »), explique comment l’analyse éthique, fondée sur les principes de l’utilité, de l’efficacité et de l’équité, permet aux responsables politiques d’évaluer les différentes options et les conséquences de leurs choix. Ce document souligne aussi qu’il est important d’associer tous les partenaires à un processus ouvert et transparent pour planifier les services et établir un ordre de priorité pour le traitement.

Pendant l’application des programmes thérapeutiques, la surveillance est importante pour déterminer qui a effectivement accès au traitement, qui s’en trouve écarté et pourquoi, et aussi comment remédier à la situation. Tant que les programmes de prévention, de traitement et de soins, ne mettront pas l'accent d'abord sur les femmes et les jeunes filles, il restera très difficile de faire face à la pandémie de SIDA dans de nombreuses parties du monde.

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