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Beaucoup de pays auront du mal à atteindre les objectifs du millénaire pour le développement en matière de santé

Le deuxième Forum des dirigeants politiques et des responsables du développement se réunit au Nigéria

Communiqué de presse commun OMS/Banque mondiale

Chaque année, plus de 11 millions d’enfants dans les pays en développement meurent de maladies évitables et jusqu’à 500 000 femmes ne survivent pas à une grossesse ou à un accouchement. Plus de 39 millions de personnes vivent avec le VIH/SIDA et l’épidémie s’étend encore. Ces problèmes de santé et d’autres problèmes urgents seront abordés cette semaine au Forum de haut niveau sur les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) concernant la santé qui a lieu à Abuja (Nigéria) les 2 et 3 décembre 2004.

Hôte du Gouvernement nigérian, le Forum - organisé par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et la Banque mondiale - réunit de nombreux responsables mondiaux de la santé et du développement, des ministres de la santé et des finances, des donateurs, des représentants de haut niveau de la communauté mondiale du développement et des fondations philanthropiques telles que la Fondation Bill et Melinda Gates. Ce Forum, le deuxième d’une série de réunions de haut niveau, fera le point de certains des problèmes de santé les plus difficiles à affronter dans le monde pour accélérer les progrès en vue d’atteindre les OMD de la santé.

En septembre 2000, 189 dirigeants mondiaux se sont engagés à atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement d’ici 2015. Trois des huit objectifs concernent directement la santé, à savoir la réduction de la mortalité maternelle des trois quarts, la réduction de la mortalité de l’enfant des deux tiers et la lutte contre le VIH/SIDA, le paludisme et d'autres maladies. La santé est aussi une composante essentielle de trois autres cibles qui consistent à réduire de moitié la proportion de ceux qui souffrent de la faim, à améliorer l’accès à l’eau potable et à des moyens d’assainissement adéquats et à assurer l'accès aux médicaments essentiels à des prix abordables. Le Forum se tient juste avant 2005, année au cours de laquelle les chefs d’Etat se réuniront en septembre pour faire le point des progrès accomplis cinq ans après le Sommet du Millénaire.

Les chiffres montrent qu’au rythme actuel, les objectifs ne seront pas atteints dans de nombreuses parties du monde. Pourtant, a souligné le Directeur général de l’OMS, le Dr Lee Jong-wook, des progrès sont possibles si on fait preuve de l’engagement nécessaire : « La technologie et des interventions sanitaires qui ont fait leurs preuves sont souvent disponibles et leur coût n’est pas excessif ». Le Dr Lee a évoqué les résultats obtenus par des pays disposant de moyens limités comme le Pérou, le Mozambique et le Viet Nam où les efforts systématiques visant à améliorer les soins de santé sont en train de porter leurs fruits : « Nous pouvons faire beaucoup dès maintenant pour passer du stade des promesses à une amélioration effective des conditions de vie de millions de pauvres ».

Les membres du Forum sur les OMD de la santé définiront les mesures à prendre dans plusieurs domaines clés de la santé et du développement international. Il s’agit notamment d’améliorer le niveau du financement par les autorités nationales pour atteindre les objectifs sanitaires, de renforcer la coordination entre les donateurs pour la gestion de l’aide, de prendre des mesures d’urgence pour faire face à une pénurie massive de soignants, surtout en Afrique australe, et enfin de se préoccuper davantage des « Etats fragiles » – c’est-à-dire des pays en situation de crise.

Comme l’a fait observer le Président de la Banque mondiale, James D. Wolfensohn, « Nous devons envisager des mesures telles que l’engagement de ressources accrues pour atteindre les OMD de la santé et la collaboration avec les pays pour une utilisation plus efficace de ces ressources au niveau national. Le renforcement des ressources humaines dans le secteur de la santé et l’amélioration de la surveillance et de l’évaluation privilégiant l’action dans les pays et l’équité seront particulièrement importants à cet égard. »

Le défi est de taille : si les tendances observées pendant les années 90 restent les mêmes, la majorité des pays pauvres n’arriveront pas à atteindre les OMD de la santé. Aucune région parmi les pays en développement ne semble actuellement en mesure d’atteindre l’objectif concernant la mortalité de l’enfant. Pour ce qui est de la mortalité maternelle, les réductions n’ont été constatées que dans les pays où elle est déjà plus faible alors que la situation n'a guère évolué ou s’est même aggravée dans les pays à forte mortalité maternelle. Les données sur la couverture des interventions sanitaires sont toutefois plus encourageantes : la vaccination antirougeoleuse progresse dans de nombreux pays, la proportion des femmes qui accouchent en présence d’un soignant qualifié - certes très faible au départ - a augmenté rapidement dans certaines régions, surtout en Asie; et les moustiquaires de lit imprégnées d’insecticide sont davantage utilisées. Enfin, la cible mondiale concernant l’eau potable est en passe d’être atteinte, mais au rythme actuel, un demi-milliard de personnes – surtout en milieu rural en Afrique et en Asie – n’atteindront pas la cible fixée concernant l’assainissement.

Les pays en développement sont prêts à renforcer leurs systèmes de santé, mais le problème est complexe dans la plupart des pays. De nombreux pays en développement réclament également une coordination de la part des donateurs. Comme l’a souligné l’hôte de la conférence, le Ministre des Finances du Nigéria, Ngozi Okonjo Iweala, « Lorsque l’aide est imprévisible, on ne peut accuser les planificateurs dans les pays d'être trop prudents. Et l'on ne peut davantage promettre d'engager des médecins et des infirmières supplémentaires ou de traiter davantage de personnes atteintes du SIDA si les sources de financement se tarissent soudainement. Les donateurs veulent être assurés que leurs fonds sont utilisés à bon escient. Mais les gouvernements ont eux aussi besoin d’une certaine liberté de manoeuvre pour fixer des priorités. »

Le premier Forum sur les OMD de la santé a eu lieu à Genève en janvier 2004. Au Forum d’Abuja, 22 pays en développement devraient être représentés dont 14 au niveau ministériel. Le Président nigérian, Olusegun Obasanjo prononcera une allocution liminaire le soir du 2 décembre.

Une conférence de presse sera organisée le vendredi 3 décembre 2004. Il est également possible de solliciter des entretiens individuels avec des experts qui feront des exposés ou avec des ministres. Des ministres des pays ci-après devraient assister au Forum : Burkina Faso, Ethiopie, Iran, Libéria, Malawi, Mali, Mongolie, Mozambique, Ouganda, Nigéria, Pakistan, Pérou, Timor-Leste et Zambie.

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