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Un nouveau modèle pour la survie de l'enfant en Afrique

Une initiative polyvalente de santé publique au Togo va sauver des milliers de vies en un temps record

Communiqué de presse OMS/UNICEF

Des bénévoles font du porte à porte pour informer les habitants de la prochaine campagne de vaccination.
Marko Kokic/ IFRC
Des bénévoles font du porte à porte pour informer les habitants de la prochaine campagne de vaccination.

Dans le cadre de la première campagne nationale de cette nature, les enfants du Togo vont bénéficier en une fois de quatre interventions indispensables. Cette campagne marquante débute aujourd'hui pour vacciner un million d'enfants de moins de 5 ans contre la rougeole et la polio et leur fournir simultanément des moustiquaires en prévention du paludisme et des comprimés vermifuges.

Comme l'explique Carol Bellamy, Directrice générale de l'UNICEF, "La rougeole et le paludisme sont les deux principales causes de mortalité infantile en Afrique. Si des campagnes nationales intégrées de ce type étaient mises en œuvre à grande échelle, elles permettraient à elles seules de franchir le pas le plus important pour faire diminuer la mortalité infantile en Afrique. De nouvelles méthodes innovantes comme celle-ci sont essentielles pour assurer la survie de milliers d'enfants."

Cette campagne intégrée du Togo, qui se poursuivra jusqu'au 19 décembre, a pour but de couvrir le million d'enfants de moins de 5 ans que compte approximativement le pays. Beaucoup d'entre eux vivent d'ailleurs dans des zones rurales, parfois totalement inaccessibles par la route.

"Les campagnes de vaccination peuvent couvrir presque chaque enfant des pays pauvres, rappelle le Dr LEE Jong-wook, Directeur général de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). Le fait d'en profiter pour mener à bien d'autres interventions essentielles apportera une contribution majeure à la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement en matière de réduction de la mortalité infantile."

Plus de US $5,4 millions ont été dépensés pour cette campagne. Sur cette somme, l'UNICEF et l'OMS ont réuni près de US $790 000, grâce à l'aide de différents partenaires comme la Fondation des Nations Unies, les Centers for Disease Control and Prevention, la Croix-Rouge américaine et l'Agence canadienne de Développement international.

De plus, 2 680 bénévoles et 1 910 agents de vaccination ont été recrutés pour faire bénéficier tous les enfants de moins de 5 ans de ces quatre interventions.

Depuis 1990, le Togo a fait beaucoup d'efforts pour faire baisser la mortalité due à la rougeole. Une campagne de rattrapage en 2001 a couvert 95 % des enfants de moins de 15 ans et la mortalité due à la rougeole a diminué de 99 % par rapport à la période 1996 – 2001. Il faut attribuer une grande part de ce succès aux journées nationales de vaccination qui ont mobilisé les comités locaux de santé, les chefs religieux et les chefs traditionnels afin qu'ils encouragent les mères à faire vacciner leurs enfants.

Malgré une amélioration de la vaccination systématique, près de la moitié des enfants togolais nés depuis 2001 sont encore exposés au risque de rougeole, une maladie tout à fait évitable par la vaccination mais qui, chaque année encore, touche plus de 30 millions d'enfants et en tue 540 000 dans le monde. On espère qu'en associant la vaccination antirougeoleuse à l'offre de moustiquaires gratuites et à plusieurs autres mesures sanitaires, beaucoup d'autres enfants pourront bénéficier de ces actions.

Au Togo, le paludisme pose problème tout au long de l'année et menace des populations entières. Il est responsable de milliers de morts chaque année et 40 % des dépenses de santé lui sont consacrées. Beaucoup de ces décès pourraient être évités à l'aide des moustiquaires insecticides longue durée.

Pourtant, en 2003, seuls 15 % des enfants togolais de moins de 5 ans dormaient sous des moustiquaires et à peine 2 % sous des moustiquaires insecticides longue durée. A ce jour, la pauvreté reste le principal obstacle à l'acquisition de ces moustiquaires. Même à un prix moyen variant entre 2 et 5 dollars des Etats-Unis, la plupart des familles démunies n'ont pas les moyens d'en acheter.

L'UNICEF et l'OMS estiment que le prix ne devrait pas constituer un obstacle pour lutter contre le paludisme chez la femme enceinte ou le jeune enfant, qu'il s'agisse d'interventions préventives ou curatives. Selon le rapport 2003 sur le paludisme en Afrique, si toutes les familles ayant un enfant de moins de 5 ans utilisaient une moustiquaire longue durée gratuite, la morbidité et la mortalité imputables au paludisme pourraient diminuer de plus de 30 %.

Le paludisme reste la principale cause de mortalité chez l'enfant africain : un enfant en meurt toutes les 30 secondes. Il entraîne le décès de plus d'un million de personnes chaque année, dont 900 000 enfants de moins de 5 ans, et environ 90 % des cas mortels surviennent en Afrique subsaharienne.

Les interventions polyvalentes de santé publique ont permis d'obtenir des succès remarquables à petite échelle mais elles n'ont encore jamais été tentées à un niveau national. En plus des moustiquaires insecticides longue durée et du vaccin antirougeoleux, les enfants togolais bénéficieront :

  • Du vaccin antipoliomyélitique pour les protéger de cette infection virale très contagieuse et incurable du système nerveux pouvant entraîner des paralysies et même la mort ;
  • De comprimés vermifuges pour nettoyer l'appareil digestif des vers intestinaux et faire baisser le nombre des parasitoses. Les parasites intestinaux constituent une cause importante de malnutrition, d'anémies graves, de retard de la puberté et de problèmes d'apprentissage et de mémoire.

La prévention et le traitement de la rougeole et du paludisme comme ces autres mesures nécessitent les mêmes infrastructures sanitaires et, point encore plus important, ciblent le même groupe vulnérable, à savoir les enfants. En associant ces quatre interventions, les gouvernements peuvent à la fois économiser de l'argent et sauver des vies.

"Ces interventions se complètent parfaitement, reconnaît Mme Suzanne Aho, Ministre de la Santé au Togo. Seule la vaccination a le pouvoir d'atteindre autant d'enfants et la perspective d'obtenir gratuitement une moustiquaire sera une mesure incitative puissante pour améliorer la couverture."

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