3,6 millions de Philippins victimes des inondations et menacés par des épidémies: il faut répondre d'urgence à l'appel éclair des Nations Unies
15 decembre 2004 | MANILA/GINEBRA - Plusieurs maladies transmissibles, dont le paludisme et les affections diarrhéiques, menacent la vie des 3,6 millions de personnes frappées par les tempêtes et les glissements de terrain qui se sont produits récemment aux Philippines. Face à ces menaces sur la santé publique et pour assurer les secours les plus urgents, le gouvernement des Philippines et l'équipe de pays des Nations Unies ont lancé aujourd'hui un appel éclair pour réunir US $6,4 millions.
Quatre typhons et tempêtes tropicales se sont succédés fin novembre et début décembre faisant 1 060 morts, 1 023 blessés et 559 disparus dans le nord-est des Philippines et 3,6 millions de personnes ont été touchées. Une grande partie des 880 000 personnes déplacées par les inondations dépendent désormais de ressources extérieures pour leur subsistance.
"C'est une tragédie terrible dont les effets sont encore plus durement ressentis en cette période qui précède les fêtes de fin d'année, a expliqué le Dr Jean-Marc Olivé, représentant de l'OMS aux Philippines. Du point de vue de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), la priorité est maintenant de préserver la santé des survivants et de rétablir les services de santé publique. Cette tâche demandera des fonds considérables et un grand engagement de la part de tous ceux qui sont impliqués."
Le Ministère philippin de la Santé a mobilisé des équipes médicales pour faire des évaluations rapides de la situation sanitaire, pour la surveillance, les services psychosociaux et l'hygiène du milieu. Des médicaments d'urgence ont été fournis, de même que l'éducation sanitaire et l'information du public se sont intensifiées. La santé des populations affectées continue néanmoins d'être menacée, compte tenu de l'ampleur de la crise.
Il faut s'occuper d'urgence des affections diarrhéiques et des infections des voies respiratoires supérieures. L'accès à l'eau potable et à l'assainissement est insuffisant. Il y a un risque accru de paludisme : cette maladie est endémique aux Philippines et la montée des eaux accroît la probabilité des flambées épidémiques de maladies à transmission vectorielle et hydrique. Il faut par ailleurs surveiller attentivement l'état nutritionnel des populations touchées. Les dommages aux infrastructures sanitaires se montent à US $1,1 million. Des équipements essentiels et des stocks de médicaments ont été emportés par les eaux ou par la boue. Les établissements qui ont échappé au désastre n'ont pas les moyens de répondre aux besoins accrus de la population affectée. Les pannes d'électricité ont mis à mal la chaîne du froid pour la conservation des vaccins et d'autres médicaments essentiels et il faudra remplacer nombre de ces médicaments et une grande partie du matériel médical prioritaire.
A la demande du Ministère de la Santé, l'OMS se concentre sur la préparation à l'éventualité du paludisme et sur la lutte contre les épidémies dans le nord du pays. Les interventions cibleront une population de 200 000 habitants en prévoyant 80 000 cas de paludisme (estimations basées sur les expériences précédentes).
L'OMS agit aussi dans le domaine de la coordination des secours d'urgence et de l'assistance aux autorités sanitaires : fourniture de médicaments et de matériel, purification de l'eau, aide technique (pathologie médico-légale, gestion des services de santé, hygiène du milieu et soins psychosociaux), promotion de la santé et logistique des secours d'urgence.
Afin de répondre aux besoins de la population touchée, l'OMS invite la communauté internationale à s'unir. Elle demande aux donateurs de financer les projets relatifs à la santé dans le cadre de l'appel éclair des Nations Unies (pour un montant de US $ 545 635, dont US $365 000 pour des projets mis en œuvre par l'OMS, les autorités sanitaires nationales et d'autres acteurs du secteur humanitaire). L'UNICEF, les autorités nationales et des ONG mènent à bien d'autres projets pour couvrir les besoins fondamentaux des femmes et des enfants en matière de santé dans les régions touchées par les typhons.
"Nous invitons également les donateurs à fournir des ressources pour les autres composantes de l'appel éclair : denrées alimentaires, eau et assainissement, produits non alimentaires, éducation, agriculture et moyens de subsistance, préparation aux catastrophes. Tous ces domaines contribuent à l'amélioration immédiate et à long terme de l'état sanitaire de la population", a déclaré le Dr David Nabarro, Représentant de Directeur général de l'OMS pour les Interventions sanitaires en cas de crise.