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Le nombre de femmes vivant avec le VIH augmente dans chacune des région du monde

Près de la moitié des 37,2 millions d’adultes vivant avec le VIH sont des femmes, indique un nouveau rapport de l’ONUSIDA/OMS

Communiqué de presse conjoint ONUSIDA/OMS

Olena - une activiste du SIDA vivant avec le SIDA
OMS/Viktor Suvorov
Olena - une activiste du SIDA vivant avec le SIDA

Un nouveau rapport publié aujourd’hui montre que le nombre de femmes vivant avec le VIH a augmenté dans chacune des régions du monde au cours des deux dernières années, les augmentations les plus fortes étant relevées en Asie de l’Est et en Europe orientale et Asie centrale. En Asie de l’Est, l’augmentation enregistrée est de 56% au cours des deux dernières années et de 48% en Europe orientale et Asie centrale.

Les femmes sont de plus en plus touchées et constituent aujourd’hui près de la moitié des 37,2 millions d’adultes (entre 15 et 49 ans) vivant avec le VIH dans le monde. En Afrique subsaharienne, région la plus durement frappée, près de 60% des adultes vivant avec le VIH sont des femmes, soit 13,3 millions. Ces nouveaux chiffres figurent dans Le Point sur l’épidémie mondiale de SIDA 2004, rapport annuel du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA) et de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Ce rapport conjoint est publié aujourd’hui en avance de la Journée mondiale SIDA, commémorée le 1er décembre.

Le rapport souligne qu’il n’y a pas qu’une épidémie de SIDA dans le monde. De nombreux pays et régions connaissent des épidémies diverses, dont certaines ne font que débuter. “Ces dernières tendances indiquent clairement que le SIDA constitue un problème de développement unique,” a déclaré le Dr Peter Piot, Directeur exécutif de l’ONUSIDA. “L’heure n’est plus aux solutions de fortune et aux ripostes dans l’urgence. Il nous faut trouver un équilibre entre la nature urgente de la crise et la nécessité de mettre en place des solutions durables.”

Selon le rapport, le nombre de personnes vivant avec le VIH dans le monde a également atteint son niveau le plus élevé : on l’estime à 39,4 millions de personnes environ par rapport à un total estimé de 36,6 millions en 2002. Les plus fortes augmentations des infections à VIH au cours des deux dernières années ont été enregistrées en Asie de l’Est, en Europe orientale, et en Asie centrale.

En Asie de l’Est, l’augmentation de 50% des infections à VIH entre 2002 et 2004 est en grande partie imputable aux épidémies croissantes en Chine, en Indonésie et au Viet Nam. En Europe orientale et Asie centrale, l’augmentation de 40% est principalement due à l’augmentation de l’épidémie en Ukraine et au nombre croissant de personnes vivant avec le VIH en Fédération de Russie. La Russie, qui compte quelque 860 000 personnes vivant avec le VIH à fin 2003, connaît l’épidémie la plus importante d’Europe.

En parallèle avec l’augmentation du nombre de personnes qui contractent l’infection et vivent avec le VIH, on note un accroissement du nombre de ceux qui ont besoin d’une thérapie antirétrovirale, ainsi que du traitement des infections opportunistes. “Nous ne disposons toujours pas d’un vaccin, mais nous savons que la prévention et le traitement sont efficaces et nous avons les moyens de les dispenser. Responsables gouvernementaux, société civile et secteur privé, nous sommes tous touchés et nous devons tous nous mobiliser pour sauver des vies," a affirmé le Dr LEE Jong-wook, Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé.

Femmes et SIDA – un problème qui s’aggrave

Les femmes sont, sur le plan physique, plus sensibles à l’infection par le VIH que les hommes et la transmission d’un homme à une femme pendant les rapports sexuels a deux fois plus de risque de se produire que la transmission d’une femme à un homme.

Pour de nombreuses femmes des pays en développement, ce qu’on appelle l’ABC de la prévention (abstinence, fidélité et réduction du nombre de partenaires sexuels, et utilisation du préservatif) est insuffisant. “Des stratégies sont nécessaires d’urgence pour s’attaquer aux inégalités entre les sexes si nous voulons avoir une réelle chance d’inverser le cours de l’épidémie,” a déclaré le Dr Piot. “Une action concrète est essentielle pour prévenir la violence à l’égard des femmes et assurer aux femmes comme aux filles l’accès à la propriété et à l’héritage, à l’éducation de base et à des possibilités d’emploi."

Selon le rapport, chaque jour des millions de jeunes deviennent sexuellement actifs, mais ils n’ont aucun accès à des services de prévention. En Afrique subsaharienne, trois-quarts de tous les jeunes entre 15 et 24 ans vivant avec le VIH sont de sexe féminin. Les jeunes femmes sont trois fois plus vulnérables à l’infection par le VIH que leurs homologues masculins. Outre leur vulnérabilité biologique accrue à l’infection, de nombreuses femmes et filles, notamment en Afrique australe, se retrouvent à utiliser les rapports sexuels comme une marchandise pour échanger des biens, des services, de l’argent ou des articles de première nécessité – souvent avec des hommes plus âgés. Ces rapports sexuels ‘transactionnels’ sont généralement associés à la pauvreté et au désir d’une vie meilleure.

Les dernières tendances de l’épidémie de SIDA

Le rapport de l’ONUSIDA/OMS montre clairement qu’il n’y a pas une seule épidémie ‘africaine’. Les épidémies qui se déroulent sur le contient sont extrêmement variées. L’Afrique australe reste la région la plus gravement touchée et les taux de prévalence du VIH y dépassent 25%. Au Botswana, Lesotho et Swaziland, les taux de prévalence parmi les femmes enceintes dépassent toujours 30%. L’espérance de vie a chuté au-dessous de 40 ans dans neuf pays de la région.

Malgré les baisses modestes des taux de prévalence du VIH en Afrique orientale, notamment en Ouganda et dans certaines partie de l’Ethiopie et du Kenya, le cours de l’épidémie est loin d’être inversé. A Addis Ababa, la prévalence du VIH est tombée à 11% en 2003, par rapport au maximum de 24% atteint au milieu des années 1990. Au Kenya, la prévalence du VIH a baissé de 13,6% en 1997 à 9,4% en 2002. Les Caraïbes restent la deuxième région la plus touchée du monde. La transmission du VIH s’y produit en grande partie par les rapports hétérosexuels, même si les rapports sexuels entre hommes, qui sont l’objet d’une importante stigmatisation, contribuent également à l’épidémie. Le SIDA est devenu la principale cause de décès parmi les adultes entre 15 et 44 ans dans la région.

En Amérique du Nord et en Europe, un nombre croissant de personnes contractent l’infection par des rapports hétérosexuels non protégés. Aux Etats-Unis, le SIDA frappe les femmes africaines-américaines et hispaniques de manière disproportionnée et il figure parmi les trois principales causes de décès pour les femmes africaines-américaines âgées de 35 à 44 ans. D’après Le point sur l’épidémie de SIDA 2004, il y a de fortes raisons de penser que pour de nombreuses femmes qui contractent l’infection, le principal facteur de risque est le comportement à risque souvent non divulgué de leurs partenaires masculins.

En Europe occidentale, les infections à VIH imputables aux rapports hétérosexuels ont plus que doublé entre 1997 et 2002. On craint que de nombreuses personnes infectées par le VIH ne soient toujours pas conscientes de leur sérologie VIH. Au Royaume-Uni, l’infection à VIH est maintenant l’affection grave à la croissance la plus rapide.

La consommation de drogues injectables est en hausse dans de nombreuses régions et contribue, pour une part de plus en plus importante, aux nouvelles infections à VIH, notamment dans les pays connaissant des épidémies émergentes en Europe orientale, en Asie centrale et dans certaines parties d’Asie.

“Dans de nombreux pays, nous continuons d’observer un déséquilibre entre les priorités des dépenses de prévention et l’évolution de l’épidémie,” a noté le Dr Piot. “Les hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes et les consommateurs de drogues injectables sont toujours laissés pour compte. Il faut faire davantage pour cibler ces populations et améliorer l’accès aux programmes de prévention des personnes exposées à un risque important d’infection par le VIH.”

Les fonds destinés au SIDA sont en hausse, mais il reste bien des défis à relever

Les dépenses mondiales consacrées au SIDA ont triplé depuis 2001, passant de 2,1 milliards de dollars en 2001 à 6,1 milliards de dollars en 2004, et l’accès aux services essentiels de prévention et de prise en charge s’est considérablement amélioré. “Il faudra bien sûr davantage de ressources à l’avenir, mais le défi majeur actuellement consiste à faire travailler l’argent disponible – en faisant en sorte que les fonds existants sont dépensés avec efficacité, là où ils sont le plus nécessaires,” a souligné le Dr Piot.

Selon une récente enquête réalisée dans 73 pays à faible et moyen revenus représentant près de 90% du fardeau mondial du VIH, le nombre d’élèves du niveau secondaire qui bénéficient d’une éducation sur le SIDA a presque triplé, le nombre annuel de clients des centres de conseil et de test volontaires a doublé, le nombre de femmes à qui l’on propose des services de prévention de la transmission mère-enfant s’est accru de 70% et le nombre de personnes sous thérapie antirétrovirale a augmenté de 56% entre 2001 et 2003.

Malgré ces améliorations, la couverture de la prévention et du traitement reste inégale dans plusieurs régions. Moins d’une personne sur cinq a accès à des services de prévention du VIH dans les pays à faible et moyen revenus. Entre cinq et six millions de personnes ont besoin d’un traitement du VIH. En juin 2004, on estimait que 440 000 personnes avaient accès à un traitement antirétroviral dans le monde en développement par rapport à 200 000 deux ans auparavant. Si le nombre de personnes sous traitement a plus que doublé, moins de 10% des personnes qui ont besoin d’un traitement, principalement en Afrique subsaharienne, en bénéficient.

“Le traitement du SIDA ne sera viable que si les efforts de prévention du VIH sont renforcés, et vice versa,” a déclaré le Dr LEE Jong-Wook. “Ce n’est qu’en associant prévention et traitement que la propagation du SIDA dans le monde pourra être interrompue. Nous savons que la prévention est plus efficace lorsqu’elle est liée à une promesse de traitement. Nous savons aussi que si nous ne prévenons pas les nouvelles infections, des millions d’individus seront ajoutés chaque année sur les ‘listes de traitements’, rendant ces derniers impossibles à maintenir.

Le point sur l’épidémie de SIDA, publié chaque année, présente les derniers faits nouveaux concernant l’épidémie mondiale de SIDA. Contenant des cartes et des résumés régionaux, l’édition 2004 présente les estimations les plus récentes concernant la portée de l’épidémie et le tribut qu’elle prélève parmi les populations, explore les nouvelles tendances de l’évolution de l’épidémie et comporte une section spéciale sur les femmes et le SIDA.

En janvier 2005, l’OMS publiera un rapport de situation sur les progrès réalisés par les pays pour atteindre l’objectif ‘3 millions d’ici 2005’, qui vise à placer trois millions de personnes sous traitement d’ici la fin de 2005. Le but ultime est de parvenir à un accès universel aux traitements.

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Rapport sur l’épidémie mondiale de SIDA 2004