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Éradication de la poliomyélite: les responsables Africains de la santé reaffirment leur engagement

Malgré la propagation du virus au Soudan et en Arabie saoudite, les ministres sont optimistes quant aux perspectives d'éradication

Communiqué de presse commun OMS/Rotary International/UNICEF/CDC

Après une année marquée par une épidémie croissante de poliomyélite en Afrique, les ministres de la santé des principaux pays touchés ont conclu aujourd’hui qu’un ralentissement de la propagation était perceptible dans la plupart d’entre eux. Ils ont convenu de renforcer leur vigilance et leurs programmes de vaccination afin d’atteindre les cibles de l’éradication cette année encore.

La stratégie de l’éradication en 2005 pour l’Afrique, mise au point par les ministres de la santé de huit pays africains au Siège de l’Organisation mondiale de la Santé à Genève, prévoit une série de campagnes de vaccination de masse dans 25 pays ainsi qu’un renforcement de la surveillance.

Cette stratégie s'inscrit dans un contexte particulier, au lendemain d’une année difficile au cours de laquelle le nombre d’enfants africains frappés de poliomyélite a doublé pour atteindre 1037 (85 % du total mondial). Le nombre de cas a commencé à augmenter en 2003 après la suspension des activités de vaccination dans certaines parties du Nigéria. La recrudescence, favorisée par les faibles taux de couverture vaccinale dans l’ensemble de la région, a rapidement atteint des proportions épidémiques. Une autre menace pour l’Afrique résulte à la fois de la propagation rapide de l’épidémie au Soudan à la fin 2004 et de l’interruption des activités de vaccination en Côte d’Ivoire à cause des troubles dans ce pays.

Certains pays subissent encore les conséquences de l’épidémie de 2004, en particulier le Soudan où le nombre de cas est passé de zéro à 112 au cours des neuf derniers mois. La flambée soudanaise qui résulte de la propagation d’un poliovirus venant du Nigéria menace désormais la Corne de l’Afrique, la République démocratique du Congo et la région du Golfe jusqu'ici épargnées et un récent cas observé en Arabie saoudite illustre bien le problème. Les autorités soudanaises ont entrepris une campagne d’urgence cette semaine qui a démarré immédiatement après la signature de l’accord de paix entre le Nord et le Sud.

Après la reprise de la vaccination antipoliomyélitique dans l’Etat de Kano au Nigéria au milieu de 2004, l’Afrique a organisé les activités de vaccination les plus importantes dans le monde, à savoir des campagnes synchronisées dans 23 pays et visant à vacciner 80 millions d’enfants. Ces campagnes ont déjà commencé à porter leurs fruits. Au nord du Nigéria, une surveillance indépendante montre que près de 75 % des enfants ont été vaccinés contre la poliomyélite, la proportion la plus importante jamais enregistrée dans cette zone.

La transmission du poliovirus s’est réimplantée en Côte d’Ivoire et au Soudan de même qu’au Burkina Faso, en République centrafricaine et au Tchad, ce qui signifie que le virus a circulé dans la population pendant plus de six mois. Des représentants de chacun de ces pays ont assisté à la réunion de Genève en compagnie de représentants de l’Egypte, du Nigéria et du Niger.

Malgré ces accrocs, les perspectives concernant l’interruption de la transmission cette année encore restent prometteuses selon les ministres. Des campagnes de masse du même genre ont permis d’interrompre la propagation dans la quasi-totalité des pays de la région. Les progrès enregistrés en Egypte ont permis d’éliminer tous les types de poliovirus sauf un, ouvrant la voie à l’introduction d’un nouveau vaccin ciblant le dernier type.

A la fin de la réunion, les participants ont fait la déclaration suivante: "Nous, ministres de la santé des huit pays les plus touchés par la poliomyélite en Afrique, en compagnie des partenaires mondiaux de la lutte contre cette maladie, nous engageons à intensifier encore les activités en vue de l'éradication dans le but d'interrompre la transmission d'ici la fin de 2005". En particulier, les ministres se sont engagés à organiser au moins cinq tournées de campagnes de vaccination nationales et à faire en sorte que tous les secteurs concernés de leur gouvernement s'efforcent d'administrer le vaccin aux enfants dans toutes les parties du pays.

Toutes les activités de cette année seront dirigées par l’Union africaine. Au prochain sommet de l’Union africaine qui aura lieu à Abuja les 29 et 30 janvier, les chefs d’Etat devraient annoncer un renforcement de l’action et s’engager à accroître la surveillance indépendante des activités de vaccination pour assurer une couverture de qualité.

La réunion d'aujourd’hui à Genève a eu lieu exactement une année après la Déclaration de Genève sur l’éradication de la poliomyélite, par laquelle les pays d’endémie s’étaient engagés en 2004 à intensifier leurs activités en vue de l’éradication. L’initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite lancée il y a 16 ans est un partenariat entre le secteur public et le secteur privé qui a permis de réduire l’incidence de la poliomyélite dans le monde entier de 99 % depuis 1988. Les pays d’endémie en Asie – l’Afghanistan, l’Inde et le Pakistan – feront le point des progrès accomplis au cours d’une réunion qui aura lieu en février. L’initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite est dirigée par l’OMS, Rotary International, les Centers for Disease Control and Prevention des Etats-Unis et l’UNICEF. La coalition pour l’éradication comprend les gouvernements des pays touchés, des fondations privées (comme la Fondation des Nations Unies et la Fondation Bill & Melinda Gates), des banques de développement (par exemple la Banque mondiale), les gouvernements de pays donateurs (par exemple l’Allemagne, l’Australie, l’Autriche, la Belgique, le Canada, le Danemark, les Etats-Unis d’Amérique, la Fédération de Russie, la Finlande, l’Irlande, l’Italie, le Japon, le Luxembourg, la Nouvelle-Zélande, la Norvège, les Pays-Bas et le Royaume Uni), la Commission européenne, des organisations humanitaires et non gouvernementales (comme la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge) et des partenaires du secteur privé (comme Sanofi Pasteur et De Beers).

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Pour plus d'informations:

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Claire Hajaj
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