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Le Président chilien et le Directeur général de l’OMS annoncent la création d'une Commission mondiale chargée de s’occuper des causes sous-jacentes des problèmes de santé

Le Président de la République du Chili, son Excellence, M. Ricardo Lagos Escobar et le Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé, Dr LEE Jong-wook ont annoncé aujourd’hui la création de la Commission des Déterminants sociaux de la Santé, un nouvel organisme qui doit servir de figure de proue de l’action contre les causes sociales sous-jacentes des problèmes de santé.

La nouvelle Commission regroupe des experts mondiaux de la santé, de l’éducation, du logement et de l’économie. Ses membres s'attacheront à recommander les meilleurs moyens de réagir aux déterminants sociaux de la santé et de protéger la santé des populations défavorisées et marginalisées afin de briser le cercle vicieux de la pauvreté et de la morbidité.

Comme l’a souligné lors de l'annonce officielle de la création de la Commission à Santiago du Chili le Dr Lee « c’est principalement la situation sociale qui détermine si l’on vivra jusqu’à 40 ou 80 ans, si l’on sera soigné pour une maladie qui peut être guérie et si l’on aura des enfants qui atteindront leur cinquième anniversaire. Il ne faut pas que l'on meure jeune uniquement parce qu’on est pauvre. Cette Commission aidera les pays, indépendamment de leur niveau économique, à appliquer des stratégies qui permettront aux pauvres et aux marginaux de vivre plus longtemps et en meilleure santé. Les besoins des populations désavantagées figurent ainsi en tête du programme de la santé au XXIe siècle. »

Les déterminants sociaux conditionnent la façon dont les gens vivent et travaillent. Il s’agit des causes sous-jacentes de la morbidité – pauvreté, exclusion sociale, logement inapproprié, protection insuffisante du développement du jeune enfant, absence de sécurité au travail et inexistence de systèmes de santé de qualité.

Pendant son mandat de trois ans, la Commission cherchera avant tout à définir, évaluer, adapter et diffuser des stratégies efficaces pour faire face aux déterminants sociaux afin d’aider les gouvernements à renforcer leurs interventions.

Pour sa part, le Président de la Commission Michael Marmot a fait observer : " Les problèmes de santé sont imputables pour une large part à la situation sociale, et c’est pour cela que les pauvres sont confrontés à la charge de morbidité la plus forte. Au niveau mondial, nous devons veiller à ce que les politiques de santé ne visent pas seulement à trouver des solutions envisageant exclusivement les maladies et qu'elles tiennent compte aussi de l’environnement social. C’est un honneur pour moi de pouvoir collaborer avec des experts aussi éminents au sein de la Commission. Nous fournirons aux responsables politiques les meilleurs éléments possibles pour que la pauvreté ne représente pas une condamnation à une vie plus brève ni à une santé plus précaire."

Il existe un lien intrinsèque entre les déterminants sociaux et les inégalités en matière de santé. Les déterminants sociaux contribuent à expliquer pourquoi l'on tombe plus souvent malade et pourquoi l'on meurt plus jeune si l'on est pauvre et marginalisé que si l'on appartient à un groupe social plus favorisé. Ils expliquent la différence considérable en matière d’espérance de vie moyenne qui s'échelonne entre 34 ans en Sierra Leone et 81,9 au Japon. Les déterminants sociaux expliquent également la majorité des inégalités en matière de santé à l’intérieur des pays. En Indonésie, la mortalité des enfants de moins de cinq ans est presque quatre fois plus élevée chez les 20 % les plus pauvres que chez les 20 % les plus riches de la population. En Angleterre et au Pays de Galles, les dernières données font apparaître un écart de 7,4 ans d’espérance de vie entre les hommes des professions libérales et les travailleurs manuels non qualifiés (chiffres pour 1997-1999).

Certains pays comme le Chili, le Royaume-Uni et la Suède appliquent déjà des programmes de santé novateurs qui tiennent compte des déterminants sociaux dans le cadre d’une approche intersectorielle complète. Ainsi, les programmes d’aide sociale liant l'octroi des prestations à la scolarisation des enfants à l’école, à des visites médicales régulières et à d’autres mesures de promotion de la santé, contribuent à inverser la tendance « pauvreté = morbidité ». L’évaluation des inégalités en matière de santé aboutissant à la déclaration de zones d’action sanitaire et à des campagnes de promotion de la santé axées sur les groupes désavantagés permet aussi de protéger la santé des groupes vulnérables.

La Commission recensera les stratégies en cours d'application dans les pays qui donnent des résultats positifs. Elle collaborera avec les autorités nationales pour déterminer les moyens de reproduire dans d’autres pays et dans d’autres cadres les succès obtenus. Alors que jusqu’ici les principaux progrès en matière de déterminants sociaux ont été enregistrés dans des pays à revenu élevé, elle mettra surtout l’accent sur la définition et la promotion de politiques dans les pays en développement où les conséquences sanitaires des déterminants sociaux sont les plus sérieuses. En surmontant ces obstacles sociaux, on aura aussi une excellente occasion de réduire les inégalités en matière de santé dans le monde et d'arriver à des progrès durables.

La Commission amènera les principaux experts et chercheurs de la planète à s'occuper de certains déterminants sociaux particuliers comme le cadre urbain, l’exclusion sociale et les conditions d’emploi. Ces « réseaux de savoir » permettront d’enrichir l’information dont on dispose afin de mieux définir les liens entre déterminants sociaux et santé, surtout dans les pays en développement.

La Commission des déterminants sociaux de la santé collaborera avec les autorités nationales pour incorporer ces approches aux efforts visant à atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Les OMD reconnaissent l’interdépendance entre la santé et les autres conditions sociales et offrent l’occasion de promouvoir des politiques de santé dirigées contre les racines sociales de l’injustice et visant à prévenir les souffrances évitables.

La Commission des déterminants sociaux de la santé


Frances Baum : Australie Professeur of Public Health, Flinders University, Adelaide ; Global Steering Committee, People's Health Movement.
Monique Bégin : Canada Professeur émérite, Faculté des sciences sociales, Université d'Ottawa ; ancien Ministre canadien de la Santé nationale et du Bien-être social
Giovanni Berlinguer : Italie Membre du Parlement européen ; Professeur d'hygiène, de médecine professionnelle, de médecine du travail et de bioéthique (émérite), Université La Sapienza, Rome
Mirai Chatterjee : Inde Coordinator of Social Security, Self-Employed Women's Association (SEWA)
Manuel Dayrit : Philippines Secretary of Health, Philippines
William Foege : Etats-Unis d'Amérique Ancien Directeur des Centers for Disease Control and Prevention des Etats-Unis
Kiyoshi Kurokawa : Japon Président du Conseil des sciences du Japon
Ricardo Lagos : Chili Président de la République chilienne
Stephen Lewis : Canada Envoyé spécial des Nations Unies chargé du VIH/SIDA en Afrique
Alireza Marandi : Iran Professeur de pédiatrie à l'Université Shaheed Behesti, Téhéran ancien Ministre de la Santé et de l'Enseignement de la Médecine, République islamique d'Iran
Michael Marmot : Royaume-Uni Président de la Commission et Directeur de l'International Centre for Health and Society, University College London
Charity Ngilu : Kenya Ministre de la Santé, Kenya
Hoda Rashad : Egypte Professeur et Directeur de recherche, Centre de recherche sociale, Université américaine du Caire, Membre du Conseil El Shoura
Amartya Sen : Inde Prix Nobel d'économie, 1998 ; Lamont University Professor, Harvard University, Cambridge
David Satcher : Etats-Unis d'Amérique Interim President of the Morehouse School of Medicine, Atlanta, Géorgie; ancien Surgeon General des Etats-Unis d'Amérique
Anna Tibaijuka : Tanzanie Directeur exécutif de HABITAT
Denny Vagera : Suède Directeur du Centre pour les études concernant l'équité en matière de santé (CHESS), Université de Stockholm, Institut Karolinska
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Pour plus d'informations:

Young-Ae Chu
Chargée de communication
OMS
Genève
Téléphone: +41 22 791 4367
Courriel: chuy@who.int

Ms Christine McNab
Chargée de communication
Bureau du Directeur général - OMS
Téléphone: +41 22 791 4688
Tél. portable: +41 79 254 6815
Courriel: mcnabc@who.int

Maritza Labraña
Ministère de la Santé, République du Chili
Téléphone: +56 26 300 412 or 413
Tél. portable: +56 09 88 55 061
Courriel: mlabrana@minsal.gov.cl