Nouvelle initiative visant à accélérer la mise au point et l’introduction de vaccins offrant une protection contre le cancer du col de l’utérus
13 juin 2005 | Salvador de Bahia, Brésil - L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a reçu un don de US $7 millions de la Fondation Bill et Melinda Gates dans le cadre d’un effort intégré visant à accélérer la mise au point et l’introduction de vaccins contre le papillomavirus humain (HPV) offrant une protection contre le cancer du col de l’utérus.
L’annonce a été faite aujourd’hui à Salvador de Bahia (Brésil) au cours du Sixième Forum annuel mondial de recherche sur les vaccins de l’OMS qui réunit spécialistes scientifiques dans le domaine des vaccins, chercheurs et experts de la santé publique et vise à examiner les nouvelles politiques en matière de vaccins et de vaccination.
Le don fait à l’OMS s’inscrit dans le cadre d’un effort international conjoint regroupant le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC), l’Université de Harvard et le Program for Appropriate Technology in Health (PATH) qui ont eux aussi reçu de nouveaux dons de la Fondation Bill et Melinda Gates. Le montant total des quatre dons annoncés aujourd’hui s’élève à US $12,9 millions.
Le Directeur général de l’OMS, le Dr LEE Jong-wook, s’est dit « très heureux d’accepter cette contribution qui aidera à sauver la vie de nombreuses femmes en les vaccinant contre les infections dues au papillomavirus humain ».
Les HPV qui constituent les virus à transmission sexuelle les plus fréquents dans le monde infectent 70 % environ des adultes sexuellement actifs. Si la guérison est spontanée dans la majorité des cas, l'infection peut devenir chronique et, chez certaines femmes, être à l'origine d'un cancer du col de l’utérus. Les infections à HPV sont associées à plus de 99 % des cas du cancer du col dans le monde.
Principale cause de décès par cancer chez la femme dans les pays en développement, le cancer du col provoque près de 250 000 décès annuels. La maladie touche environ un demi-million de femmes chaque année et représente une inégalité majeure en matière de santé car 80 % des femmes qui en sont atteintes vivent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire. Actuellement la meilleure forme de prévention est le dépistage gynécologique régulier et, le cas échéant, un traitement des lésions précancéreuses éventuelles. Or en raison du coût et de la complexité du dépistage régulier et du traitement, cette méthode n’a que des effets limités dans les pays qui en ont le plus besoin.
Les vaccins permettant d’éviter les infections à HPV peuvent offrir une solution économique et réduire l’incidence du cancer du col et des lésions précancéreuses, en particulier dans les zones à faible revenu. Des études types font penser que c'est en associant la vaccination contre le HPV à un programme de dépistage qu'on pourrait obtenir les meilleurs résultats.
Deux vaccins potentiels contre le HPV qui protègent tous deux contre les types de HPV le plus souvent en cause dans l’apparition d’un cancer (types 16 et 18) et un autre qui protège également contre les condylomes génitaux (en plus des types 16 et 18, les types 6 et 11) en sont aux essais cliniques de phase III et devraient être prochainement disponibles. Les résultats encourageants des essais de phase III ont montré que ces vaccins peuvent protéger contre les infections par les types susmentionnés de HPV et les lésions précancéreuses qui leur sont associées chez des femmes précédemment non infectées.
Avec ces vaccins prometteurs à l’horizon, des problèmes complexes devront être surmontés avant une introduction satisfaisante dans les pays en développement. Une stratégie élargie vise à appuyer les études complémentaires qui sont nécessaires dans les zones clés à forte morbidité.
Les dons de la Fondation Gates annoncés aujourd’hui permettront d’appuyer les projets suivants :
- L’initiative de recherche sur les vaccins de l’OMS collaborera avec des partenaires afin de: créer un réseau de laboratoires sur le HPV et faciliter l'homologation du vaccin et la surveillance dans les pays en développement et harmoniser et standardiser les méthodes ; créer une plate-forme pluridisciplinaire internationale et mettre au point des recommandations pour l’introduction de futurs vaccins anti-HPV en consultation avec les Régions et les pays ; et créer un centre d’information de l’OMS sur le HPV et le cancer du col de l’utérus afin de faciliter des décisions spécifiques aux niveaux mondial, régional et national sur les options actuelles et les nouvelles options pour la prévention de ce cancer.
- Le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC) réunira de nouvelles données épidémiologiques sur le HPV dans les pays à faible ressources d’Asie, d’Afrique et d’Europe orientale.
- L’Université de Harvard mettra au point une série de modèles pour différents cadres épidémiologiques qui serviront à évaluer l’effet sur la population et le rapport coût/efficacité des différentes stratégies de vaccination contre le HPV.
- Le Program for Appropriate Technology in Health (PATH) s’efforcera de mettre sur pied des partenariats avec le secteur privé afin de faciliter l’introduction rapide du vaccin contre le HPV dans différents pays en développement, de promouvoir l’investissement en faveur d’un tel vaccin, de résoudre les problèmes spécifiques de caractère programmatique que rencontrent les pays et les Régions et de définir les besoins en matière d’information.