Centre des médias

L’Organisation Mondiale de la Santé insiste sur la nécessite d’un usage responsable des antipaludiques

Une mère africaine s'occupe de son enfant atteint du paludisme
OMS/Stephenie Hollyman

Dans un nouveau rapport publié aujourd’hui, « Sensibilité de Plasmodium falciparum aux antipaludéens », l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) déclare, compte tenu du nombre croissant de personnes en mesure de se procurer ces antipaludiques salvateurs – qui associent un médicament dérivé de la plante Artemisia annua et un deuxième médicament de synthèse, que les pays doivent en surveiller de près l’efficacité.

Plus de 50 gouvernements, suivant les recommandations de l’OMS relatives au traitement du paludisme, ont adopté les associations thérapeutiques à base d’artémisinine (ACT), les antipaludiques les plus efficaces actuellement disponibles, augmentant ainsi les chances de réduire la charge mondiale de morbidité due à cette maladie.

Les médicaments dérivés de la plante Artemisia annua doivent être utilisés sous la forme d’ACT, en association avec un deuxième médicament, mais jamais seuls. L’apparition d’une résistance pourrait sinon finir par les priver de leur activité. C’est ce qui est déjà arrivé à d’autres antipaludiques. « La bonne utilisation de ces médicaments est essentielle, » a déclaré le Dr Pascal Ringwald, médecin au Département OMS Faire reculer le paludisme (RBM), et auteur principal du nouveau rapport sur la surveillance mondiale des antipaludiques.

Pour prévenir la résistance, l’OMS demande aux pays de n’utiliser que des ACT de qualité approuvées par l’OMS (association d’un médicament à base d’artémisinine et de l’amodiaquine, la luméfantrine, la méfloquine ou la sulfadoxine-pyriméthamine) car des médicaments de faible activité peuvent favoriser la résistance. L’organisation recommande également d’informer toutes les personnes sous antipaludiques qu’il est important qu’elles prennent leurs médicaments jusqu’au dernier, l’interruption du traitement étant une autre cause de résistance. Toute modification de l’efficacité des antipaludiques doit amener à réactualiser en conséquence la politique thérapeutique d’un pays.

La résistance est dangereuse dans la mesure où le parasite du paludisme peut se soustraire à l’action létale des médicaments. Vu la grande diversité génétique des parasites du paludisme, certaines souches peuvent échapper sans dommage aux médicaments et transmettre leur résistance à leur descendance. Les organismes sensibles s’éteignent tandis que les souches résistantes prennent le dessus et un antipaludique peut finir par ne plus être capable de guérir l’infection.

La résistance est d’autant plus probable qu’un seul médicament est utilisé. Le risque est sensiblement réduit lorsqu’un médicament à base d’artémisinine est associé à un autre antipaludique, ainsi que l’OMS le recommande.

« Il n’existe à ce jour aucune preuve d’échecs thérapeutiques dus à une résistance à un médicament à base d’artémisinine, mais nous surveillons la situation très attentivement, » a indiqué le Dr Ringwald.

Le rapport décrit l’apparition d’une résistance aux médicaments qui constituaient précédemment le fondement du traitement antipaludique, telle la chloroquine, dans la plupart des régions du monde, et les modifications apportées par les pays à leur politique nationale pour devancer la résistance. Il présente également les nouvelles méthodes normalisées mises au point par l’OMS pour surveiller partout dans le monde l’efficacité des antipaludiques et les schémas de résistance naissants.

« Nous disposons des moyens de prolonger la durée de vie des ACT. Nous devons en outre prendre des mesures énergiques pour faire avancer la recherche sur de nouveaux antipaludiques, » a déclaré le Dr Fatoumata Nafo-Traoré, Directeur du Département RBM à l’OMS.

Partager

Pour plus d'informations:

Judith Mandelbaum-Schmid
OMS/Genève
Téléphone: +41 22 791 2967
Courriel: schmidj@who.int