Centre des médias

Grâce à de nouveaux outils, la campagne d’éradication de la poliomyélite passe au stade final

Selon un organe technique, c'est le Nigéria qui fait peser les plus grands risques sur les pays exempts de poliomyélite

Grâce aux grands progrès accomplis dans les dernières régions d’endémie et à l'introduction récente de nouveaux outils, la campagne mondiale d’éradication de la poliomyélite est passée au stade final dans tous les pays, à l'exception d'un seul. La conclusion à laquelle est parvenu cette semaine à Genève le Comité consultatif mondial d’éradication de la poliomyélite, organe de supervision technique et indépendant de l’initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite, est qu'il serait possible de mettre fin à la poliomyélite dans les six mois partout dans le monde sauf au Nigéria.

Il semble que le nouveau vaccin antipoliomyélitique oral monovalent (VPOm1), qui accélère la protection vis-à-vis de certains types de virus, ait mis fin à la transmission de la maladie en Egypte et dans la plupart des régions de l’Inde – qui représentaient les deux plus grands défis à relever sur le plan technique en matière d’éradication.

Mis au point au début de l’année en moins de six mois, il apparaît que ce type de vaccin confère une immunité contre certains types de poliomyélite plus rapidement que le VPO trivalent traditionnel. Le Comité consultatif a recommandé que l’on élargisse rapidement l’administration de ce nouveau vaccin pour « ratisser » les souches de poliomyélite restantes de par le monde, et notamment dans les pays touchés par des flambées tels que l’Indonésie, le Yémen, l'Ethiopie, la Somalie et l'Angola.

« Le Comité consultatif a conclu que les vaccins antipoliomyélitiques oraux monovalents devaient être administrés sans relâche au stade du "ratissage" final de la campagne mondiale d’éradication de la poliomyélite », a déclaré le Dr Steve Cochi, Président du Comité consultatif et Directeur du Programme national de vaccination (CDC). « Il est désormais possible de tirer pleinement profit de la puissance et des avantages des vaccins antipoliomyélitiques monovalents. Sur les trois types de poliovirus, le type 2 a été éliminé depuis 1999 et le type 3 limité à 3 foyers de transmission ».

Toutefois, le groupe a signalé que la transmission de la poliomyélite en cours au Nigéria faisait peser le plus grand risque sur les pays exempts de la maladie. Il a conclu qu'il faudrait au moins un an de plus pour venir à bout de la tâche au Nigéria, suite à la suspension, durant douze mois, de la vaccination antipoliomyélitique dans certaines zones du pays en 2003-2004. La charge de morbidité dans le pays est treize fois supérieure à celle du pays d'endémie qui compte le plus grand nombre de cas (l'Inde), tandis que la baisse du nombre des nouveaux cas est cette année plus lente que prévu. Le Comité consultatif soutient fermement les mesures prises pour améliorer la qualité des campagnes de vaccination au Nigéria afin de s'assurer que l'on atteint bien chaque enfant, ainsi que l'introduction des VPOm pour maximaliser l'impact de chaque contact.

"A mesure que le Nigéria intensifiera son effort d'éradication, nous surveillerons de près la situation épidémiologique du pays" a déclaré le Dr Cochi "et, si nécessaire, nous ferons de nouvelles recommandations aux pays exempts afin qu'ils puissent se protéger d'une éventuelle ré-infection". Après une année dominée par des flambées qui ont eu un grand retentissement, le Comité consultatif a fixé de nouvelles lignes directrices qui exigent des ripostes vaccinales plus rapides et à plus grande échelle dans ces régions.

« Le Comité consultatif a conclu que tous les outils étaient désormais en place pour en finir avec la poliomyélite une fois pour toutes », a déclaré le Dr Cochi. « Il incombe maintenant aux pays où la maladie persiste de les utiliser à bon escient. Il n’y a aucune raison pour que la poliomyélite se perpétue dans le monde après l’année prochaine. »

Le Comité consultatif a souligné que le succès de ces stratégies dépendait grandement de l’existence de fonds suffisants pouvant être mis rapidement à disposition. Un financement souple et pluriannuel est indispensable pour 2006-2008 afin de couvrir les activités de vaccination et de surveillance relatives à la poliomyélite. Il faut de toute urgence combler un déficit de US $200 millions pour 2006, dont 75 millions d’ici novembre, pour que les activités du premier trimestre 2006 puissent avoir lieu.

Note : On appelle « ratissage » une riposte vaccinale rapide et massive, de porte-à-porte, dans les quatre semaines qui suivent la confirmation de la circulation d'un poliovirus.

Notes aux éditeurs: L’initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite est dirigée par des gouvernements nationaux, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Rotary International, les Centers for Disease Control and Prevention des Etats-Unis d’Amérique (CDC) et l’UNICEF.

La coalition pour l’éradication de la poliomyélite rassemble les gouvernements des pays où la poliomyélite est encore présente, des fondations du secteur privé (Fondation pour les Nations Unies, Fondation Bill & Melinda Gates) ; des banques de développement (Banque mondiale) ; des gouvernements donateurs (Allemagne, Australie, Autriche, Belgique, Canada, Danemark, Emirats arabes unis, Espagne, Etats-Unis d’Amérique, Fédération de Russie, Finlande, France, Irlande, Italie, Japon, Luxembourg, Malaisie, Monaco, Nouvelle-Zélande, Norvège, Oman, Pays-Bas, Portugal, Qatar, Royaume-Uni et Suède) ; la Commission européenne, des organisations humanitaires et non gouvernementales (Société nationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge) et des entreprises (Sanofi Pasteur, De Beers, Wyeth). Les bénévoles des pays en développement jouent aussi un rôle capital ; ils ont été 20 millions à participer aux campagnes de vaccination de masse.

Les efforts déployés en matière d’éradication mondiale ont réduit le nombre de cas de poliomyélite de 350 000 par an en 1988 à 1349 cas en 2005 (au 11 octobre). Il reste six pays où la poliomyélite est endémique (Nigéria, Inde, Pakistan, Afghanistan, Niger et Egypte), mais le poliovirus continue de se propager à des pays qui étaient jusque-là exempts de la maladie. Au total, 10 pays précédemment indemnes de la maladie ont été réinfectés à la fin de 2004 et de 2005 (Somalie, Indonésie, Yémen, Angola, Ethiopie, Tchad, Soudan, Mali, Erythrée et Cameroun).

Partager

Pour plus d'informations:

Mr Oliver Rosenbauer
OMS/Genève
Téléphone: +41 22 791 3832
Courriel: rosenbauero@who.int

Steven Stewart
CDC
Atlanta
Téléphone: +1 404 639 8327
Courriel: znc4@cdc.gov

Ms Vivian Fiore
Rotary International
Téléphone: +1 847 866 3234
Courriel: fiorev@rotaryintl.org

Meg Thorley
CDC/Atlanta
Téléphone: +1 404 639 6097
Courriel: mmt3@cdc.gov

Claire Hajaj
UNICEF
New York
Téléphone: +1 646 331 4547
Courriel: chajaj@unicef.org