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Efforts mondiaux pour prévenir la violence : l’Organisation mondiale de la Santé constate des progrès significatifs

Dans le monde entier, les gouvernements prennent de plus en plus conscience de la possibilité de prévenir la violence et des stratégies efficaces sont élaborées. Les experts de la prévention de la violence vont faire le point des progrès accomplis dans ce domaine à l'occasion d’une conférence organisée sous l’égide de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et de la California Wellness Foundation qui aura lieu le 19 octobre 2005 à San Francisco (Etats-Unis d’Amérique); comme l'indique son titre (The 2nd Milestones of a Global Campaign for Violence Prevention), elle mettra l'accent sur une nouvelle série d'évènements marquants au cours d'une deuxième étape de la campagne mondiale pour la prévention de la violence.

L’OMS souligne que depuis la publication du Rapport mondial sur la violence et la santé il y a trois ans, d’importants progrès ont été accomplis par de nombreux pays sur le plan des mesures destinées à prévenir la violence. Comme l’a fait observer le Dr Catherine Le Galès-Camus, Sous-Directeur général de l’OMS chargé des maladies non transmissibles et de la santé mentale, « Il y a quelques années, on aurait pu compter sur les doigts d’une main les pays capables d’indiquer les liens entre violence, santé publique et prévention ; aujourd’hui, plus de 70 d’entre eux ont désigné un point focal national chargé de la prévention de la violence et plus d'une cinquantaine appliquent des politiques et des programmes axés sur les causes profondes de la violence. »

Parmi les évènements marquants, on peut notamment mentionner les suivants : la mise sur pied d’une stratégie nationale de prévention de la violence en Afrique du Sud, en Fédération de Russie, en Malaisie et en Thaïlande ; les efforts visant à renforcer les soins médicaux et l’aide juridique apportés aux victimes de violences sexuelles en Jordanie, au Mozambique, au Nicaragua et aux Philippines ; la publication d’un rapport national sur la violence et la santé en Belgique, au Brésil, en France et au Royaume-Uni ; des résolutions sur la prévention de la violence adoptées par le Comité régional OMS de l’Afrique et le Conseil de l’Europe ; et la création d’entités nouvelles telles que la Commission nationale de Prévention de la Violence en Ex‑République yougoslave de Macédoine et la section arabe de la Société internationale pour la prévention des mauvais traitements à enfants.

Pour le Dr Etienne Krug, Directeur du Département Prévention de la violence et des traumatismes à l’OMS, « L’évolution est très positive et on constate un esprit d’ouverture croissant concernant ce sujet dans le monde entier. Pour de nombreux pays, accepter l’idée de la possibilité de prévenir la violence apparaissait déjà en soi comme révolutionnaire. Il s’agit peut‑être là du progrès le plus important réalisé jusqu’ici. »

La Jamaïque illustre le cas d’un pays qui commence à lutter contre le problème de la violence. Les données provenant de ce pays montrent que la violence est la principale cause de décès chez les hommes jeunes et la cinquième cause de décès tous âges confondus pour les deux sexes. Les soins apportés aux victimes de la violence coûtent plus de US $700 millions par an. Pour faire face au problème, le Ministère de la Santé a mis en place une section de l’Alliance pour la prévention de la violence, un réseau d’organismes nationaux et internationaux – publics, non gouvernementaux et privés – qui adoptent l’approche de la santé publique en matière de prévention de la violence. Le Ministre jamaïcain de la Santé présentera les expériences de son pays à la conférence de San Francisco.

Aux Etats-Unis, l’Etat de Californie a également pris des mesures face au phénomène de la violence. De 1991 à 2003, le nombre de jeunes tués par des armes à feu a diminué de 41 % grâce à une association de facteurs parmi lesquels figurent un investissement accru en faveur de la prévention de la violence, surtout sous la forme de programmes concernant la sécurité des jeunes, et des lois plus restrictives sur les armes à feu. Comme l’indique Gary Yates, Président Directeur-général de la California Wellness Foundation, « Pour acheminer des ressources vers des programmes généraux de prévention de la violence, il faut que nous‑mêmes et la société puissions dépasser le simple cadre de nos intérêts spéciaux, en abandonnant l’opportunisme politique et une mentalité purement répressive. La violence a de nombreuses causes et il existe de nombreux moyens de la combattre. »

Le Rapport mondial sur la violence et la santé a démontré quelles étaient les répercussions du phénomène : le suicide et l’homicide figurent respectivement en cinquième et en sixième positions des principales causes de décès dans la classe d’âge de 15 à 29 ans. Plus de 90 % de ces décès surviennent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. De 3 à 7 millions d’adolescents et de jeunes adultes reçoivent chaque année des soins hospitaliers pour des blessures consécutives à un acte de violence. Chaque jour, des millions d’enfants, de femmes et de personnes âgées sont victimes de mauvais traitements physiques, sexuels ou affectifs souvent infligés par un membre de leur famille et pouvant avoir des conséquences pour leur santé physique et mentale pendant le restant de leurs jours.

Il apparaît toutefois qu’une part non négligeable des décès et des souffrances liés à la violence pourrait être évitée par un investissement en faveur d’approches positives dans des domaines tels que : la formation des parents ; les visites à domicile ; l’accès plus difficile à l’alcool et aux armes à feu ; l’aide fournie aux adolescents à haut risque pour qu’ils terminent leur scolarité ; l’abandon de normes culturelles qui tolèrent le recours à la violence ; et la mise en place de systèmes adéquats de soins médicaux d’urgence. Les études de coût/efficacité montrent que la plupart de ces stratégies sont moins onéreuses que d'avoir à supporter les conséquences financières des actes de violence.

La conférence exposera certains des travaux importants en cours dans le monde sur la prévention de la violence et donnera l’occasion aux participants d’envisager l’avenir de la campagne mondiale de prévention de la violence, notamment la possibilité de lancer une initiative mondiale des médias contre la violence.

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