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L’OMS révise son appel de fonds pour la santé afin d’éviter une deuxième vague mortelle après le séisme au Pakistan

Les fonds consacrés à la santé ont déjà permis de sauver des vies et de réduire les souffrances

Des centaines de milliers de sinistrés au Pakistan sont confrontés à un risque supplémentaire de mortalité, de morbidité et de traumatismes à l’approche de l’hiver. Il faut reloger les sans-abri, fournir de l’eau potable et assurer l’accès aux soins de santé dès maintenant et tout au long de l’hiver pour assurer leur survie.

Le séisme et les répliques ont fait jusqu'ici plus de 53 000 morts et quelque 75 000 blessés, et beaucoup de soignants figurent parmi les victimes. Les dernières évaluations disponibles montrent que 291 installations de santé ont été détruites et 74 partiellement endommagées sur un total de 564 dans la zone sinistrée. Moins de la moitié sont opérationnelles.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS), avec ses partenaires pour la santé, a déjà pu agir concrètement pour modifier le cours des événements grâce aux dons reçus. Des dizaines de milliers de personnes ont eu accès à des soins chirurgicaux, reçu des médicaments et des vaccins et bénéficié d’autres mesures de santé publique.

Pour améliorer l’accès aux soins de santé des milliers de sinistrés qui en ont un besoin immédiat et pour fournir des soins de santé tout au long de l’hiver et éviter les flambées de maladies ou y faire face lorsqu’elles se présentent, l’OMS lance un appel de fonds d’un montant total de US $27 570 000 dans le cadre de l’appel révisé des Nations Unies. Jusqu’ici, les annonces de contributions reçues par l’OMS depuis le 8 octobre atteignent US $11 millions.

Comme l’a souligné le Dr Ala Alwan, représentant du Directeur général de l’OMS chargé des interventions sanitaires en cas de crise, « Si l’on n’arrive pas à accroître l’aide maintenant, une deuxième vague mortelle va déferler sur le Pakistan. Nous ne pouvons attendre d'être confrontés à des images de personnes mourant de froid ou de maladies évitables pour intervenir. Avec les fonds reçus jusqu’ici, l’OMS, ses partenaires et le Ministère de la Santé ont pu modifier le cours des choses. L'appel de fonds révisé permettra de renforcer l’appui de l’OMS. »

L’appel révisé permettra d’accroître l’aide apportée par l’OMS au Ministère de la Santé dans quatre domaines de santé essentiels.

Amélioration de l’accès aux soins de santé

Jusqu’ici, des dizaines de milliers de personnes ont reçu des soins médicaux dans des installations civiles et militaires, mais l’on trouve encore dans des zones reculées beaucoup de sinistrés dont il faut satisfaire les besoins médicaux et chirurgicaux majeurs. Un suivi régulier sera nécessaire en cas de traumatismes complexes et les malades chroniques – atteints de diabète, de cardiopathies et de néphropathies notamment – doivent avoir accès à un traitement régulier.

L’OMS a déjà envoyé des fournitures et des médicaments permettant de répondre aux besoins sanitaires de 270 000 personnes pendant un mois et d’autre envois de matériel médical et chirurgical arriveront bientôt.

Prévention des maladies et des souffrances

L’eau contaminée et le manque de moyens d’assainissement a accru le risque de maladies transmissibles comme les diarrhées et la rougeole. Pour détecter rapidement les flambées et éviter des épidémies, l’OMS a aidé le Ministère de la Santé à mettre sur pied un système de surveillance des maladies pouvant compter sur plus de 200 experts médicaux et collaborateurs. Le système de surveillance des maladies sera étendu à toutes les zones sinistrées.

A titre de mesure préventive, l’OMS et l’UNICEF apportent leur soutien au Ministère de la Santé et aux autres partenaires qui mènent des campagnes de vaccination contre le tétanos et la rougeole. Plus de 50 000 enfants ont déjà été vaccinés et de nouveaux stocks de vaccins et d’autres fournitures doivent arriver sur place.

Prise en charge des troubles mentaux

Parmi les 3,5 millions de sinistrés, beaucoup ont dû faire face à la perte d’êtres chers, de leurs moyens de subsistance ou de leur habitation. De nombreux corps n’ont pas encore été retrouvés, certains ne le seront jamais, ce qui constitue un facteur supplémentaire de détresse.

Sur la base de l’expérience acquise au lendemain d’autres catastrophes, on estime que les troubles mentaux graves (psychose, dépression profonde et troubles anxieux) touchent 3 à 4 % des sinistrés. Au Pakistan, cela signifie que 120 000 à 160 000 personnes pourront avoir besoin d’un traitement pour des troubles mentaux graves. On peut en outre s’attendre à des troubles mentaux plus modérés chez 15 % des sinistrés, ce qui représente 600 000 personnes.

Pour faire face aux besoins accrus d’aide psychosociale et de soins de santé mentale, l’OMS collabore étroitement avec le Ministère de la Santé et les autres partenaires en vue de former les agents de santé mentale aux soins psychologiques à apporter aux survivants du séisme. Le Ministère de la Santé a déjà déployé quatre équipes de spécialistes dans les zones les plus gravement touchées.

Coordination de l'action sanitaire

L’OMS, grâce à son réseau de personnels nationaux et internationaux à Islamabad et à ses cinq bureaux de terrain à Muzaffarabad, Mansehra, Balakot, Bagh et Rawalakot, continue d’aider le Ministère de la Santé à assurer la coordination avec des dizaines d’acteurs sanitaires qui opèrent déjà dans les zones sinistrées.

Pour aider les partenaires humanitaires à mieux cibler leurs interventions sanitaires, l’OMS a créé un site Web www.whopak.org/disaster/ donnant des informations pratiques, comme des recommandations concernant les meilleures pratiques, des listes de matériel médical et des rapports de situation. L’OMS continue de répondre aux questions relatives à la santé qui lui parviennent par courriel à health@whopak.org ou par téléphone aux numéros +92 51 250 5176/926 3240 spécialement prévus à cet effet.

L’appel révisé de l’OMS s’inscrit dans le cadre de la procédure d' appel global des Nations Unies : l' appel d’urgence 2005 consécutif au séisme en Asie du Sud vise à réunir un montant total de US 549 585 941 en six mois.

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Pour plus d'informations:

Dr Fadéla Chaib
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OMS/Genève
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