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Réunion mondiale sur la mise au point d’une approche commune de la grippe aviaire et de la grippe pandémique humaine

Communiqué conjoint OMS/FAO/OIE/Banque mondiale

Le virus de la grippe aviaire H5N1 est fermement implanté chez les animaux en Asie et il a commencé à s’étendre à l’Europe. Plus de 400 spécialistes de la santé animale et humaine, décideurs de haut niveau, économistes et représentants de l’industrie se réuniront du 7 au 9 novembre à Genève pour tenter d’élaborer une stratégie de lutte contre le virus chez les animaux domestiques et de préparation à une éventuelle pandémie de grippe humaine.

La maladie chez les animaux, due au virus grippal H5N1, a entraîné depuis deux ans l’abattage d’au moins 150 millions de volailles. L’infection à H5N1 se limite encore aux animaux mais l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a indiqué que le virus H5N1 avait le pouvoir de déclencher une pandémie de grippe humaine.

Nul ne peut prévoir quand se déclarera la prochaine pandémie de grippe ni quelle en sera la gravité mais tous les gouvernements du monde prennent la menace au sérieux. La réunion de Genève sera l’aboutissement des réunions internationales qui se sont tenues ces dix dernières semaines. Elle est organisée conjointement par l’OMS, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) et la Banque mondiale. Son objectif est de tenter de définir une stratégie de lutte contre la maladie chez les animaux et de préparation à une éventuelle pandémie de grippe humaine.

« Ce virus est extrêmement traître, » estime le Dr Margaret Chan, Représentant du Directeur général de l’OMS pour la grippe pandémique. « Nous ne pouvons dire si le virus H5N1 déclenchera une pandémie, ni quand, mais nous ne pouvons ignorer les avertissements. » Vu l’ampleur des bouleversements sociaux et économiques le plus souvent provoqués par les pandémies de grippe, l’OMS conseille à ses Etats Membres de se doter de stratégies nationales pour faire face à cette urgence de santé publique, et de coordonner leur action avec les partenaires internationaux pour élaborer une riposte très complète.

Les participants à la réunion de Genève commenceront par examiner les moyens de contenir le virus H5N1 chez les volailles. « Il est encore possible de réduire sensiblement le risque de pandémie humaine due à H5N1 en combattant le virus à sa source, chez l’animal, » estime Joseph Domenech, Vétérinaire en chef à la FAO. La grippe aviaire, selon la FAO, pourrait atteindre prochainement le Moyen-Orient et l’Afrique. Aussi est-il indispensable que la communauté mondiale et les pays touchés mobilisent davantage de ressources contre le virus, dont la propagation serait due en partie aux oiseaux migrateurs, avant qu’il ne s’installe dans de nouvelles régions.

La question du renforcement des systèmes de surveillance des maladies dans le monde sera aussi en bonne place sur l’ordre du jour de la réunion. Des mécanismes de dépistage précoce et de riposte rapide sont essentiels pour suivre l’évolution du virus H5N1. C’est pourquoi les délégués examineront également les moyens de renforcer les services de santé humaine et vétérinaire afin que tout cas d’infection à H5N1 – chez l’homme ou chez l’animal – soit identifié rapidement. « C’est là un élément déterminant pour la prévention d’une crise mondiale future associée à des maladies animales émergentes qui pourraient se transmettre à l’homme, » indique le Dr Bernard Vallat, Directeur général de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE).

Parallèlement à l’intensification nécessaire des efforts de lutte chez l’animal, il faudra s’atteler à plusieurs problèmes critiques liés à une éventuelle pathologie humaine. Les réunions de ces derniers mois ont permis de recenser plusieurs questions essentielles en rapport avec la préparation aux pandémies. C’est ainsi que plusieurs pays s’inquiètent du manque d’accès aux antiviraux et des méthodes obsolètes de production des vaccins antigrippaux humains. La communication avec le public est un autre aspect critique. Ces questions figureront notamment parmi les points à l’ordre du jour de la réunion de Genève.

Cette manifestation fait suite à une réunion d’experts sur la mise au point de vaccins contre la grippe pandémique qui s’est tenue à Genève les 2 et 3 novembre. Une dizaine de fabricants de vaccins au moins travaillent actuellement, dans dix pays environ, à des projets de démonstration dont l’objectif est d’élaborer et d’évaluer des vaccins dirigés principalement contre le sous-type H5N1. Les participants ont estimé qu’il était important de continuer à échanger des informations techniques, de renforcer la coordination internationale des activités liées aux vaccins contre la grippe pandémique afin d’éviter les doubles emplois, de soutenir les initiatives de recherche sur les vaccins dans les pays en développement et d’intégrer cette science dans le contexte de la santé publique.

« On ne saurait trop insister sur l’importance de la préparation aux pandémies et sur la gravité des conséquences mondiales si le pire devait advenir, » dit James Adams, Vice-Président pour la politique opérationnelle et les services dans les pays à la Banque mondiale, et chef du groupe spécial de la Banque pour la grippe aviaire. La réunion de Genève sera l’occasion pour tous les partenaires internationaux de mobiliser l’engagement de leur pays et les ressources financières nécessaires pour combattre cette menace mondiale.

« C’est la première fois dans l’histoire de l’humanité que nous avons la possibilité de nous préparer à une pandémie avant qu’elle se déclare » dit le Dr Chan. « La communauté mondiale a maintenant le devoir d’agir. »

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