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Les conditions d'administration des vaccins deviennent plus sures depuis cinq ans, mais des problèmes subsistent

D'après un comité d'experts de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), la sécurité des vaccinations assurées dans le cadre des programmes nationaux de vaccination s'est considérablement améliorée depuis cinq ans, mais de nombreux problèmes subsistent.

" Quand la sécurité des vaccinations n'est pas garantie, le coût est double, à la fois humain et économique. On constate des progrès très encourageants. De plus en plus de pays utilisent des seringues autobloquantes, évacuent sans risque les déchets associés à la vaccination, renforcent les autorités de réglementation, surveillent et prennent en charge les manifestations postvaccinales indésirables. Mais on est encore loin des objectifs dans ces quatre domaines, " commente le Dr Philippe Duclos, responsable du projet prioritaire de l'OMS pour la sécurité des vaccinations.

Le Comité directeur de l'OMS sur la sécurité vaccinale fait le point des progrès et des retards dans le rapport de sa sixième réunion, qui paraît aujourd'hui dans le Relevé épidémiologique hebdomadaire de l'OMS.1 Réuni les 21 et 22 septembre derniers, le Comité a fait un certain nombre de recommandations sur les mesures à prendre dans les quatre domaines suivants :

Seringues autobloquantes

D'après les données communiquées à l'OMS et au Fonds des Nations Unies pour l'Enfance (UNICEF), la proportion de pays non industrialisés qui utilisent des seringues autobloquantes (seringues qui se bloquent automatiquement après usage afin qu'il soit impossible de les réutiliser) pour la vaccination systématique est passée de 42 % en 2001 à 62 % en 2004. Cette progression tient notamment à la prise de conscience par les pays de l'importance de la sécurité des injections, à l'augmentation du nombre de fabricants de seringues autobloquantes conformes aux spécifications de l'OMS et à l'appui apporté aux pays par le Fonds pour les vaccins/l'Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination.2

Bien qu'encourageants, ces progrès sont insuffisants par rapport à l'objectif fixé en 1999 par l'OMS, l'UNICEF, le Fonds des Nations Unies pour la Population et la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge : 97 pays non industrialisés3 continuent en effet d'utiliser des seringues réutilisables, soit exclusivement, soit en même temps que des seringues autobloquantes.

Déchets associés à la vaccination

Les pays non industrialisés emploient encore diverses méthodes - incinération (74 %), enfouissement (45 %) et combustion à l'air libre (50 %) - pour éliminer les déchets associés à la vaccination. Les conséquences sur l'environnement demeurent une importante préoccupation puisque l'OMS ne considère pas la combustion à l'air libre comme un moyen acceptable de détruire ces déchets. L'utilisation de matériel d'injection jetable continue à poser une difficulté de taille, celle de la gestion correcte des déchets.

Le Comité directeur a recommandé de poursuivre les études sur les nouvelles techniques de destruction comme les dispositifs de retrait des aiguilles, et sur la possibilité de prévoir la gestion des déchets dans le budget des programmes nationaux de vaccination et d'intégrer le traitement des déchets liés à la vaccination dans la gestion des déchets médicaux.

Autorités nationales de réglementation

Ce sont les autorités nationales de réglementation (ANR) qui sont responsables de la qualité et de l'innocuité des vaccins dans le pays de fabrication, et, quand ils sont exportés, les autorités du pays d'importation. Le Comité directeur a noté que les ANR avaient été notablement développées et renforcées mais qu'il restait beaucoup de problèmes à résoudre dans certains pays pour qu'elles puissent exercer toutes les fonctions réglementaires utiles. Il a recommandé que le renforcement des ANR reste une priorité de l'OMS et des pays.

Manifestations postvaccinales indésirables

Il est indispensable de surveiller et de prendre en charge les manifestations postvaccinales indésirables (MAPI) pour que la population continue de faire confiance aux programmes de vaccination. En 2004, 68 % des pays déclaraient avoir un système national de surveillance des MAPI, contre 53 % en 2001.

Il reste cependant de nombreux problèmes à résoudre pour que tous les pays disposent d'un système opérationnel de surveillance des MAPI. Le Comité directeur a recommandé que les pays continuent à développer leurs moyens de dépister les MAPI, de faire les investigations nécessaires, de les prendre en charge et de communiquer les résultats, et que l'OMS facilite le développement du potentiel de surveillance des événements indésirables au niveau mondial.

Il est à noter que les MAPI graves sont rares et que la plupart ne sont pas causées par les vaccins ; il s'agit en majorité d'événements concomitants, d'autres étant dus à des erreurs de conservation, de manipulation ou d'administration qui pourraient être évitées.


Le Comité directeur a conclu que ce sont les gouvernements qui sont responsables en dernier ressort de la sécurité vaccinale, mais il a noté que deux possibilités s'offraient d'améliorer la sécurité vaccinale au niveau mondial.

L'Alliance mondiale pour la sécurité des patients, qui a vu le jour à Washington en octobre 2004, offre un cadre aux organismes, décideurs et groupes de patients du monde entier qui souhaitent améliorer la sécurité des patients conformément au principe "avant tout, ne pas nuire" et réduire les conséquences sanitaires et sociales néfastes de soins non sécurisés. Par ailleurs, le G8 a recommandé à son sommet de juillet 2005 que l'OMS, le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA) et d'autres organes internationaux conçoivent et mettent en place un ensemble de services de prévention, de soins et de traitement de l'infection à VIH : ce serait l'occasion de coordonner les activités visant à réduire les risques de contamination par le VIH liés à l'utilisation de seringues usagées.

1Relevé épidémiologique hebdomadaire de l'OMS, http://www.who.int/wer/2005/fr/index.html.
2Après approbation d'une demande à l'Alliance, mise à disposition de seringues autobloquantes et de conteneurs de sécurité en quantité suffisante (ou l'équivalent en fonds) pour assurer la vaccination pendant une période de trois ans selon le calendrier standard du Programme élargi de vaccination.
3Nombre de pays non industrialisés déclarant utiliser des seringues jetables standard et/ou des seringues stérilisables en 2004.

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Pour plus d'informations:

Melinda Henry
Chargée d'information, département Vaccination
vaccins et produits biologique
OMS, Genève
Téléphone: +41 22 791 2535
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