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La dégradation des écosystèmes

Les pays pauvres sont particulièrement menacés

Nigel Bruce, Université de Liverpool/ITDG

Dans son rapport Ecosystems and Human Well-being : Health Synthesis, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) tente de décrire les liens complexes qui existent entre la préservation d’écosystèmes naturels sains, garants de la biodiversité, et la santé humaine.

« Au cours de ces 50 dernières années, l’homme a modifié les écosystèmes naturels plus rapidement et plus profondément qu’au cours de toute autre période comparable de l’histoire de l’humanité, » a déclaré le Dr LEE Jong-wook, Directeur général de l’Organisation mondiale de la santé. « Cette transformation de la planète a favorisé des avancées sensibles dans les domaines de la santé, du bien-être et du développement économique. Toutes les régions et toutes les communautés n’ont cependant pas tiré un égal profit de ces bienfaits. »

Environ 60% des éléments de l’écosystème mondial qui soutiennent la vie terrestre (eau douce, air pur et climat relativement stable) subissent des dégradations ou font l’objet d’utilisations non durables. Les scientifiques disent dans le rapport que les effets nocifs de cette dégradation sur la santé humaine sont déjà perceptibles et que la situation pourrait s’aggraver considérablement au cours de ces 50 prochaines années.

« Il est important de reconnaître les aspects positifs, » estime le Dr Carlos Corvalan, principal spécialiste de l’OMS ayant participé à la rédaction du rapport. « Mais ces avantages ne sont pas équitablement partagés. Et il faut s’atteler aux risques occasionnés par la dégradation des écosystèmes, qui touchent plus particulièrement les populations défavorisées, directement dépendantes des écosystèmes naturels pour un grand nombre de leurs besoins essentiels. »

Les services fournis par les écosystèmes, selon le rapport de synthèse, jouent un rôle capital dans la prévention des maladies et la protection de la santé. De nombreuses maladies humaines importantes ont été transmises par des animaux et la transformation des habitats des populations animales qui sont des vecteurs ou des réservoirs de maladies peuvent affecter la santé humaine, parfois de façon positive et parfois de façon négative. On pense par exemple que le virus Nipah est apparu à la suite des feux de forêt allumés en Indonésie dans le cadre des activités de déboisement, qui ont refoulé les chauves-souris infectées en Malaisie voisine, où le virus a contaminé les élevages de porcs, puis a franchi la barrière des espèces.

L’élevage intensif, en même temps qu’il favorise la santé en améliorant l’alimentation, a créé des milieux propices à l’émergence des maladies. Ainsi qu’il est observé dans le rapport, les contacts accrus entre l’homme et les espèces sauvages et le gibier, par suite de la pénétration de l’homme dans les forêts et de l’évolution de l’alimentation, créent également de nouvelles possibilités de transmission des maladies.

Les facteurs tels que le déboisement et la transformation des habitats sous l’effet du climat semblent aussi avoir affecté certaines populations de moustiques, de tiques et de moucherons, modifiant les schémas de transmission de maladies telles que le paludisme et la maladie de Lyme.

Les pressions auxquelles sont soumis les écosystèmes, selon le rapport, pourraient avoir à l’avenir des incidences imprévisibles et graves sur la santé. Au nombre des régions les plus exposées actuellement figurent l’Afrique subsaharienne, l’Asie centrale, certaines parties de l’Amérique latine et plusieurs zones de l’Asie du Sud et du Sud-Est. Les problèmes les plus graves sont notamment les suivants :

  • Nutrition : La diminution des stocks de poissons et la dégradation des agro-écosystèmes est un facteur de malnutrition pour quelque 800 millions de personnes dans le monde. Au moins un milliard de personnes souffrent en outre de carences chroniques en micronutriments.
  • Eau potable : 3,2 millions de décès sont imputables aux maladies infectieuses liées à l’eau, soit environ 6% de la mortalité mondiale. Plus d’1 milliard de personnes sont privées d’approvisionnement en eau propre tandis que 2,6 milliards vivent dans des conditions d’assainissement qui ne sont pas satisfaisantes, et les problèmes apparentés de manque d’eau s’accroissent, en partie du fait de l’épuisement des écosystèmes et des problèmes de contamination.
  • Dépendance à l’égard des combustibles solides : Quelque 3% de la charge mondiale de morbidité ont été imputés à la pollution de l’air intradomiciliaire, cause majeure d’affections respiratoires. La plus grande partie de la population mondiale utilise les combustibles fossiles pour cuisiner et se chauffer, élément qui contribue à la déforestation.

« La santé humaine est étroitement liée à la santé des écosystèmes, qui répondent à un grand nombre de nos besoins les plus essentiels, » a déclaré Maria Neira, Directeur du Département OMS, Protection de l’environnement humain. « Les plans du secteur de la santé doivent en tenir compte et, avec les autres secteurs, nous devons veiller à préserver au maximum les bienfaits des écosystèmes pour la santé – aujourd’hui et demain. »

Le rapport de synthèse sur la santé est la contribution de l’OMS à l’Evaluation plus large des Ecosystèmes pour le Millénaire, série quadriennale d’études et de rapports, associant plus de 1300 spécialistes scientifiques, qui traitent des effets passés, présents et futurs sur le bien-être humain.

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Pour plus d'informations:

Dr Carlos Corvalan
Coordonnateur et spécialiste scientifique
OMS, Genève
Tél. portable: +41 79 445 1624
Courriel: corvalanc@who.int

Dr Diarmid Campbell-Lendrum
Spécialiste scientifique, OMS, Genève
Téléphone: +41 22 791 4261
Courriel: campbelllendrumd@who.int

Ms Nada Osseiran
Administrateur technique
Sensibilisation & Communication, Santé et environnement
OMS, Genève
Tél. à Bangkok dès le 7 décembre: Tél. portable: +66 (0)1 921 5609 or +66 (0)2-984-8620 à 34
Télécopie: +66 (0)2-984-8665
Courriel: cosseirann@who.int

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