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Aggravation de la crise sanitaire au Pakistan avec l'arrivée de l'hiver

Le Directeur général et le Directeur régional de l'OMS se rendent sur les lieux

OMS/Chris Black

L'arrivée de l'hiver au Pakistan a rendu la vie encore plus difficile pour les populations touchées par le séisme il y a deux mois. Leur état sanitaire est particulièrement menacé car le froid rigoureux, associé à la précarité et à l'exiguïté des abris, augmente les risques d'hypothermie et d'infections respiratoires.

Les rigueurs climatiques et la neige font qu'il est beaucoup plus difficile de faire parvenir l'aide à ceux qui en ont besoin. Les abris, l'eau et l'assainissement continuent d'être la priorité pour ces populations.

« Aujourd'hui, il fait environ 15 degrés au-dessus de zéro à Islamabad. La nuit dernière en revanche, les populations sinistrées dans les montagnes ont dû survivre dans la neige à des températures largement négatives, explique le Dr LEE Jong-wook, Directeur général de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), après avoir visité Balakot et Muzzafarabad. Le gel et les conditions hivernales vont persister plusieurs mois. L'engagement des Nations Unies est donc d'aider ces populations à survivre en mettant à leur disposition les abris, la nourriture et les soins de santé dont elles ont besoin. »

« A l'Institut Abbas des Sciences médicales, à Muzzaffarabad, j'ai rencontré Amina, une jeune fille de 9 ans, poursuit le Dr Lee. Son domicile s'est effondré lors du séisme et elle a eu le pied écrasé. Elle a été traitée à l'Institut où elle est en convalescence depuis plusieurs semaines et récupère lentement pour revenir dans son village. Dans son regard, j'ai lu l'espoir et, sur le visage de son père, la volonté de surmonter l'adversité. Mais Amina a besoin de notre aide, maintenant qu'elle va retourner dans le camp où elle devra habiter tout l'hiver. Nous ne devons pas oublier cette famille, ni les centaines de milliers d'autres, dans le froid et la neige. »

« Le terrain, la météorologie et le simple nombre de personnes ayant un besoin vital d'être aidées font de la nécessité d'unir nos efforts la première des priorités, a déclaré le Dr Hussein A. Gezairy, Directeur régional de l'OMS pour la Méditerranée orientale. Même si le gouvernement pakistanais a déjà accompli beaucoup de choses, en association avec la communauté internationale, il reste encore beaucoup à faire. »

Le séisme du 8 octobre a fait 73 000 morts et 70 000 blessés graves. Trois millions de personnes se sont retrouvées sans abri et, aujourd'hui, des centaines de milliers n'ont toujours pas d'abris qui leur permettront de survivre à l'hiver, chaque jour plus menaçant.

L'appel initial à l'aide internationale a certes suscité un élan de générosité mais celui-ci n'a pas été suffisant. L'OMS n'a reçu de la communauté internationale qu'un peu plus de la moitié des US $27 millions qu'elle avait demandés pour financer l'action sanitaire dans la zone sinistrée. Ces fonds sont indispensables pour une raison très simple : aider les populations à passer l'hiver. Au train où vont les choses et en l'absence de ressources supplémentaires, l'OMS aura épuisé en janvier les fonds dont elle dispose.

Il reste encore beaucoup à faire. Des centaines de milliers de personnes ont besoin de meilleurs abris. Fournir les soins de santé à des populations dans la neige est un défi majeur. Plus il y a de personnes dans les camps, plus le besoin en eau, en assainissement et en soins de santé est grand. L'OMS aide le Ministère de la Santé à mettre en œuvre son plan pour l'hiver.

Les blessés ont déjà été soignés, souvent dans des conditions difficiles, par des médecins de tout le Pakistan et de l'étranger. Des unités de soins de base et des hôpitaux de terrain ont été installés ; trois cent mille enfants ont été vaccinés. Une centaine d'unités de soins préfabriquées sont en construction dans les régions sinistrées.

« Un des aspects sur lequel je veux plus particulièrement insister est le besoin de former davantage de femmes aux soins de santé, a dit le Dr Lee. Ce mois-ci, 13 000 femmes vont accoucher dans la zone sinistrée. Deux mille d'entre elles et 1 500 nouveau-nés auront besoin de soins d'urgence. Mais il n'y a pas suffisamment de personnel de santé féminin pour les aider. »

« Hier, dans le Camp Kashtara à Balakot, je suis allé à l'école, confie le Dr Lee. Je me suis assis dans une petite classe où l'on apprenait aux femmes du camp l'importance de se laver les mains et d'utiliser de l'eau propre. Nous savons que l'hygiène sauve des vies et c'est encourageant de voir que ces notions sont appliquées dans les camps. La collaboration de l'OMS et de l'UNICEF pour amener dans ce camp des citernes et de l'eau propre est également une bonne chose et elle permettra aussi de sauver des vies. »

Dans le même temps, l'éradication de la poliomyélite et la prévention des autres maladies transmissibles se poursuivent, à l'échelle mondiale comme dans ces régions isolées. Le système de surveillance est en place et fonctionne. On peut désormais détecter rapidement les flambées et prendre les mesures pour les endiguer. L'accès à l'eau et à l'assainissement s'améliore.

Maintenant, la priorité est de s'assurer que les populations auront tout ce dont elles ont besoin pour passer l'hiver. Il faut utiliser les ressources à bon escient pour que nous puissions aider les milliers de personnes encore très vulnérables. Il faut mettre les survivants à l'abri des éléments, car le froid entraînera davantage de pneumonies et d'infections respiratoires mortelles.

La menace des maladies véhiculées par l'eau qui peuvent se propager rapidement dans les camps, diarrhées et dysenteries notamment, est permanente. Les femmes enceintes et leurs nouveau-nés sont particulièrement exposés au risque de maladies, encore aggravé par la pénurie des services médicaux. Ce groupe a besoin de soins spécifiques et l'OMS soutiendra tous les efforts visant à former et à déployer davantage de personnel de santé féminin. Nous devons par ailleurs poursuivre la réadaptation de ceux qui souffrent d'incapacités physiques et des troubles mentaux inhérents aux pertes subies et à la survie dans des communautés dévastées.

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Chris Black
Chargé de communication
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Courriel: blackc@who.int

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Chargé de communication
Téléphone: +41 22 791 3215
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Courriel: simpsoni@who.int

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