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Avec un milliard de dollars par an en plus, la vaccination pourrait en dix ans sauver dix millions de vies supplémentaires

D'ici a 2015, 70 millions d'enfants seront protéges chaque année contre 14 grandes maladies de l'enfance dans les pays les plus démunis

Troisième réunion de GAVI

Selon les experts mondiaux de la vaccination et d'après une nouvelle étude de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) et de l'UNICEF, on pourrait sauver dix millions de vies supplémentaires grâce la vaccination maternelle et infantile entre 2006 et 2015, pour un coût annuel moyen de US $1 milliard. Selon les estimations, on dépense actuellement US $2,5 milliards par an dans les pays les plus démunis pour la vaccination, et il faudrait faire passer cette somme à 3,5 milliards d'ici à 2010, puis 4 milliards d'ici à 2015 pour atteindre ce but.

L'étude présentée aujourd'hui à la réunion des partenaires de l'Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination (GAVI), qui s'est déroulée à New Delhi du 7 au 9 décembre, porte sur l'impact potentiel que pourrait avoir la vaccination au cours des dix prochaines années et décrit les besoins de financement pour que cela devienne une réalité dans les pays en développement.

« La vaccination est l'un des meilleurs investissements de la santé publique aujourd'hui : lorsque les ressources sont suffisantes et les stratégies judicieuses, on obtient des résultats concrets. La vaccination nous a permis déjà de faire de grands progrès, mais on pourrait et on devrait faire davantage. L'OMS, par l'intermédiaire de l'Alliance et de ses partenaires, au nombre desquels l'UNICEF, cherche à avoir un effet massif sur le nombre des vies sauvées grâce à la vaccination au cours des dix prochaines années », a déclaré le Dr LEE Jong-wook, Directeur général de l'OMS.

Cette nouvelle étude fait suite au projet OMS/UNICEF La vaccination dans le monde : vision et stratégie adopté au printemps. Le document énumère un certain nombre de buts, comme d'augmenter la couverture de la vaccination à 90 %, et de réduire des deux tiers le nombre des cas et des décès dus à des maladies évitables par la vaccination d'ici à 2015. Il propose aux pays et aux partenaires mondiaux de la vaccination des stratégies pour atteindre ces buts.

Si les pays réussissent dans cette entreprise, plus de 70 millions d'enfants vivant dans les pays les plus démunis recevront d'ici à 2015 les vaccins essentiels contre les maladies suivantes : tuberculose, diphtérie, tétanos, coqueluche, rougeole, rubéole, fièvre jaune, Haemophilus influenzae type B, hépatite B, poliomyélite, infections à rotavirus, pneumocoques, méningocoques et encéphalite japonaise.

La vaccination est essentielle pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement, consistant notamment à réduire substantiellement la mortalité maternelle et infantile.

Dans cette étude, les experts se sont penchés sur les coûts, le financement et l'impact des programmes de vaccination pour les 72 pays les plus pauvres, dont le revenu national brut est inférieur à US $1 000 par habitant et par an1. On estime que le coût total des activités de vaccination dans ces pays de 2006 à 2015 sera de US $35 milliards.

Un tiers de cette somme sera consacrée à l'achat des vaccins. Le montant total des dépenses pour ce poste passera d'environ US $350 millions par an en 2005 à près de US $1,5 milliard par an en 2015, à mesure que la couverture des vaccins encore sous-employés2 se développera et que de nouveaux vaccins3 seront introduits. Le reste de la somme ira aux systèmes de délivrance des vaccins, dont les coûts sont partagés avec le système de santé général pour améliorer la couverture de la vaccination dans les 72 pays bénéficiant de l'aide de l'Alliance. L'objectif est d'atteindre d'ici à 2015 une couverture de 90 %, contre moins de 70 % actuellement. Les campagnes de vaccination, contre la poliomyélite, la rougeole ou le tétanos par exemple, recevront US $2,2 milliards.

« La vaccination a un rôle critique à jouer pour réduire la mortalité générale chez les enfants. Cette nouvelle étude montre que nous pouvons obtenir une diminution significative du nombre des décès dus aux maladies à prévention vaccinale moyennant une augmentation modeste du financement, a expliqué la Directrice générale de l'UNICEF, Mme Ann M. Veneman. Sur les dix millions d'enfants de moins de 5 ans qui meurent chaque année, on estime que 2,5 millions décèdent de maladies qu'on aurait pu éviter avec les vaccins actuels ou de nouveaux en préparation. »

Les dépenses pour les vaccins dans les 72 pays les plus pauvres aidés par l'Alliance ont doublé, passant de US $2,50 par enfant en 2000 à plus de US $5,00 en 2005. « Nous avons augmenté substantiellement les ressources pour la vaccination, ce qui a eu un effet catalyseur sur les dépenses. Mais des millions d'enfants n'ont toujours pas accès aux vaccins, ni aux soins les plus essentiels, rappelle le Dr Julian Lob-Levy, Secrétaire exécutif de l'Alliance. Il faut combler ces lacunes et des ressources sans précédent, apportées par le Dispositif international de financement des vaccinations, permettront de faire bien davantage. Sur les 35 milliards de dollars nécessaire pour les 72 pays les plus pauvres au cours des dix prochaines années, il nous manque de 10 à 15 milliards si nous voulons réussir à sauver plus de dix millions de vies. »

Les pays les plus pauvres financent actuellement en moyenne un tiers de leurs dépenses de vaccination. La vaccination est un bien public mondial et, tant que ces pays n'auront pas les moyens d'assumer une plus grande part de leurs dépenses de vaccination, il est dans l'intérêt des pays riches de couvrir certains des coûts sur le long terme. La communauté mondiale est interconnectée et elle devient de plus en plus vulnérable à la propagation des maladies, d'où l'importance fondamentale de la vaccination.

En plus de protéger les enfants des maladies, les programmes de vaccination constituent aussi une plateforme pour le développement des systèmes de santé et pour lancer d'autres interventions de santé publique, comme la lutte contre la malnutrition, le paludisme ou les parasitoses intestinales.


1 Ces 72 pays remplissent les conditions requises pour bénéficier de l'aide de l'Alliance
2 Hépatite B, Haemophilus influenzae type B (Hib), rubéole et fièvre jaune
3 Infections à pneumocoques, rotavirus, méningite A et encéphalite japonaise

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Pour plus d'informations:

Melinda Henry
OMS, Genève (à Delhi les 8 et 9 décembre)
Téléphone: +41 22 791 2535
Tél. portable: +41 79 477 173
Télécopie +41 22 791 4227
Courriel: henrym@who.int

Katey Grusovin
UNICEF, Inde
Téléphone: +91 981 053 0715
Courriel: kgrusovin@unicef.org

Nicole King
Alliance GAVI
Téléphone: + 1 (202) 478 1041
Courriel: nking@vaccinefund.org

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