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Les survivants du séisme au Pakistan manquent toujours d'eau potable, de couvertures, de tentes et de personnel soignant

Selon les experts de l’OMS, la coordination s’améliore mais les besoins sanitaires augmentent

10 OCTOBRE 2005 | Genève/Islamabad -- L'information en provenance de certaines des zones les plus gravement touchées du Pakistan devient plus abondante et l'on commence à pouvoir se faire une idée très claire des besoins spécifiques en matière de santé. Il faut au moins doubler les effectifs du personnel soignant; les survivants du séisme exposés au froid et aux maladies infectieuses ont besoin de soins de santé de base et parfois aussi de soins chirurgicaux - la distribution d'importantes quantités de couvertures et d'eau potable revêtant une priorité particulière.

On estime à 22 000 le nombre de morts et à plusieurs dizaines de milliers celui des blessés. Sur les quatre millions de sinistrés, plus d’un million ont un besoin aigu d’aide humanitaire. Les soins d'urgence sont essentiels dans le cas des blessés souffrant le plus souvent de fractures, de traumatismes crâniens, d’atteintes à la colonne vertébrale ou de plaies ouvertes. En l’absence de soins, le risque d’infections graves, parfois mortelles, d’amputations évitables et d’incapacités définitives augmente sensiblement.

On compte des centaines de milliers de sans-abri qui ne disposent ni de couvertures, ni d’eau potable. Ces sinistrés vivant dans des conditions de surpeuplement, sans eau ni moyens d’assainissement, sont exposés au risque de pneumonie, de maladies d’origine hydrique et de maladies infectieuses comme le paludisme et la rougeole. Une campagne de vaccination de masse destinée aux moins de 15 ans est déjà en cours. L’OMS contribue à la mise sur pied d’un système de surveillance des maladies dans les zones les plus touchées.

Le problème de l’eau est particulièrement critique. L’eau est nécessaire à la survie et à la réduction du risque de maladies infectieuses. L’eau insalubre est une source d’épidémie. L’OMS invite tous les donateurs à fournir des comprimés de chlore, de l’eau en bouteille ou des dispositifs pour purifier l’eau sur le terrain. Il faut des centaines de mètres cubes d’eau potable.

Vingt-six hôpitaux détruits

L’OMS signale que 26 hôpitaux ont été détruits ou tellement endommagés qu’il est devenu trop dangereux de les maintenir en service, notamment trois hôpitaux spécialisés dans le traitement de la tuberculose. La plupart des 600 centres de santé dans les zones sinistrées ont également été détruits ou gravement endommagés. Des ingénieurs sont en train d’évaluer si certains des bâtiments endommagés peuvent encore être utilisés.

Après s’être rendu ce matin à Mansehra, le Directeur régional de l’OMS pour la Méditerranée orientale, le Dr Hussein Gezairy, a qualifié la situation sur place de "très préoccupante, les milliers de personnes qui s’y trouvent ne disposant ni d'un abri, ni d'eau potable." Il fallait selon lui "doubler, voire tripler" le nombre des médecins, surtout des généralistes ayant une expérience des situations d’urgence et des compétences de base en chirurgie. Les besoins sont également énormes dans le domaine des soins paramédicaux et il faut en priorité des spécialistes des soins de santé et de la santé publique, notamment des épidémiologistes.

Parmi les autres besoins immédiats, il faut mentionner les anesthésiques, les antibiotiques, les liquides intraveineux, les principaux analgésiques, le matériel respiratoire, les ventilateurs, ainsi que le matériel non réutilisable comme les pansements. Les diabétiques ont également un urgent besoin d’insuline et il est impossible d’en acheter assez au Pakistan. L’OMS envoie aujourd’hui aux donateurs une liste complète des fournitures dont on a un besoin urgent.

Amélioration de la coordination

L’aide afflue dans la zone sinistrée, venant du Pakistan même ainsi que d’organismes internationaux et d’organisations non gouvernementales.

L’OMS indique que la coordination de l’approvisionnement s’améliore, une unité de coordination des donateurs entièrement opérationnelle ayant été mise sur pied sous l’égide du Ministère de la Santé et de l’OMS. Un numéro vert et une adresse électronique permettent à tous les donateurs d’indiquer le nombre de collaborateurs et les quantités de matériel qu’ils peuvent fournir. L’unité pourra ainsi leur préciser où leurs dons et leurs collaborateurs seront les plus utiles.*

Comme l’a déclaré le Dr Alwan, Représentant du Directeur général de l’OMS chargé des interventions sanitaires en cas de crise, « dans une situation d'urgence, le matériel permettant de sauver des vies doit être acheminé là où l’on en a le plus besoin et l'on ne peut se permettre de se tromper d'endroit. Tous les donateurs doivent s’annoncer auprès de l’unité de coordination des donateurs pour que nous puissions voir ce qui est disponible et décider rapidement où il convient d’acheminer l’aide proposée ». Le Dr Alwan a accompagné le Dr Gezairy dans certaines des zones sinistrées ce matin.

Les efforts de l’OMS sont triples. Il s’agit tout d’abord d’évaluer les besoins sanitaires globaux et les dégâts qu’a subis l’infrastructure sanitaire et de communiquer les résultats de cette évaluation. Ensuite, il faut acheminer les fournitures essentielles et les experts voulus. Enfin, il faut contribuer à coordonner l’action sanitaire. L’OMS envoie assez de modules sanitaires d’urgence pour couvrir les besoins de base de 210 000 personnes pendant un mois et assez de modules chirurgicaux pour procéder à 1000 interventions chirurgicales. Elle dispose déjà de quatre équipes sur le terrain et en tout 60 membres du personnel de l’Organisation sont déjà mobilisés à plein temps par les opérations de secours.

L’OMS envoie également des camions chargés de matériel médical, de générateurs et de carburant pour permettre aux installations sanitaires d’être opérationnelles. Des vaccins antitétaniques ont été fournis et le personnel chargé de la lutte antipaludique commence des opérations de pulvérisation pour lutter contre la prolifération des moustiques. Cent mille comprimés de chlore ont également été envoyés pour la désinfection de l’eau.

On trouvera un rapport de situation complet et d’autres renseignements sur le site www.who.int.

*NOTE: Pour contacter l’unité de coordination Ministère de la Santé/OMS, les donateurs peuvent appeler le numéro 0092-51-9260326 ou envoyer un courriel à health@whopak.org.

Note aux rédacteurs:

L’OMS a lancé un appel de US $21,7 millions pour les fournitures sanitaires, l’envoi d’experts, la coordination et la reconstruction à court terme.

Les dons reçus par l’OMS jusqu’ici :
  • Royaume-Uni : US $252 000
  • Suisse : US $100 000
  • Norvège : US $250 000
  • Monaco : € 25 000
  • Italie : € 250 000 et dons en nature (5 Trauma kits A, 5 Trauma kits B, 5 New Emergency Health Kits et transports)
  • Australie : US $1 800 696
  • Irlande : € 100 000

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Pour plus d'informations:

Marko Kokic
Information
Interventions sanitaires en cas de crise
OMS Genève
Téléphone: +41 22 791 24 48
Tél. portable: +41 79 217 34 11
Courriel: kokicm@who.int