Les gouvernements se félicitent de la nouvelle stratégie mondiale de vaccination OMS/UNICEF destinée a prévenir des millions de décès
25 mai 2005 | Genève - Les gouvernements, réunis à l’occasion de l’Assemblée mondiale de la Santé, se sont officiellement engagés à adopter une nouvelle stratégie mondiale ambitieuse visant à lutter contre les maladies à prévention vaccinale qui tuent plus de deux millions de personnes par an (les deux tiers étant de jeunes enfants).1 La stratégie intitulée « La vaccination dans le monde : vision et stratégie » a été conçue par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF).
Le Dr LEE Jong-Wook, Directeur général de l’OMS, a déclaré que cette nouvelle vision et cette nouvelle stratégie permettront de relever les grands défis de la vaccination prévus au cours de la prochaine décennie, qu'il fallait protéger davantage de gens, depuis les nourrissons jusqu’aux personnes âgées d’un plus grand nombre de maladies, mettre la vaccination au premier rang des priorités, en s’appuyant sur les réalisations solides du passé, et améliorer la santé d'un nombre accru de personnes.
Cette stratégie a trois buts principaux : vacciner davantage de gens contre davantage de maladies ; introduire une nouvelle gamme de vaccins et technologies et offrir un certain nombre d’interventions sanitaires essentielles en matière de vaccination. La stratégie couvre la période 2006-2015 et comprend une série de plans : les pays peuvent choisir et mettre en oeuvre ceux qui correspondent le mieux à leurs besoins.
La vaccination est l’une des interventions de santé publique les plus fructueuses de l’histoire et celle qui offre le meilleur rapport coût/efficacité. Elle a permis d’éradiquer la variole, d' abaisser l’incidence mondiale de la polio de 99 % depuis 1988 et de réduire considérablement la morbidité et la mortalité dues à la diphtérie, au tétanos, à la coqueluche et à la rougeole. Rien qu’en 2003, elle a prévenu plus de 2 millions de décès.
Toutefois, la vaccination est loin d’être universelle dans de nombreux pays et parmi les autres, certains ont perdu le niveau de couverture vaccinale qu'ils avaient précédemment atteint. En 2003, on estimait à 27 millions le nombre de nourrissons et à 40 millions celui des femmes enceintes de par le monde qui n’étaient toujours pas protégés des maladies à prévention vaccinale.
Mme Ann M. Veneman, Directeur général de l’UNICEF, a déclaré qu'un enfant sur quatre n’avait toujours pas accès aux vaccins élémentaires qui devraient être à sa portée et que cette nouvelle stratégie reconnaissait que si l'on voulait améliorer la survie de l’enfant, il fallait que la vaccination soit assurée bon an mal an.
On améliorera la santé et la survie de l’enfant en prévoyant, au point de vaccination, tout un ensemble d’interventions sanitaires clés telles que la nutrition et les moustiquaires imprégnées d’insecticide contre le paludisme, notamment à l’intention des populations difficiles à atteindre. La stratégie accorde une attention sans précédent à ce type de populations qui sont pauvres, socialement marginalisées et/ou qui vivent dans des régions géographiques éloignées de tout ou mal desservies telles que les taudis urbains et les zones rurales reculées. Il s'agit de permettre à chaque pays d’atteindre une couverture vaccinale de 80 % dans chaque district d’ici 2010.
Autre pilier de la stratégie : assurer l’accès des personnes à risque de tous les pays à une vaste gamme de nouveaux vaccins et technologies déjà autorisés ou à un stade avancé de leur mise au point. Cela comprend des vaccins contre des virus meurtriers tels que les rotavirus, responsables de près d' un quart des décès d’enfants (sur 1,9 million) dus annuellement aux maladies diarrhéiques mais aussi aux pneumococcies (lesquelles contribuent largement aux 2 millions de décès annuels dus aux infections respiratoires aiguës).
Au cours des dix prochaines années, il est prévu que le coût de la vaccination augmente considérablement à mesure que les pays incorporeront les vaccins les plus récents et plus coûteux dans leurs programmes de vaccination. Même si ces vaccins demeurent d’un bon rapport coût/efficacité, leur accessibilité financière va faire obstacle à leur utilisation, surtout dans les pays à faible revenu. Il est essentiel de nouer des partenariats stratégiques avec l’industrie et d’adopter de nouvelles approches concernant le financement des soins de santé pour garantir un accès équitable à ces vaccins.
Dans le cadre de la stratégie, toutes les parties prenantes sont instamment priées de consacrer davantage de ressources à la vaccination en veillant à ce que des vaccins abordables et les fonds nécessaires pour la vaccination soient mis à la disposition de tous les pays, en particulier dans le cas des situations sanitaires d’urgence et des épidémies mondiales. Il est demandé également que tous les enfants, adolescents et adultes aient un droit d’accès égal à la vaccination.
Avec les efforts et le soutien financier voulus, d’ici à 2015, la vaccination pourrait prévenir 4 à 5 millions de décès d’enfants par an et contribuerait grandement à la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement, et notamment à la réduction de deux tiers du taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans. La stratégie fixe un certain nombre d’objectifs spécifiques en matière de vaccination, tels que la réduction de la mortalité rougeoleuse de 90 % au cours des cinq prochaines années, par rapport au niveau de l’an 2000.
L’OMS et l’UNICEF aideront les gouvernements à concevoir, financer et mettre en oeuvre des programmes de vaccination renforcés et durables au niveau national répondant à leurs besoins spécifiques avérés. En outre, les gouvernements sont vivement encouragés à inscrire la vaccination en tête de leurs programmes de santé.
1L’OMS estime qu’en 2002 2,1 millions de personnes sont mortes de maladies qui auraient pu être évitées par l’administration des vaccins actuellement recommandés par l’OMS : rougeole (610 000 décès), hépatite B (600 000), Haemophilus influenzae type b (386 000), coqueluche (294 000), tétanos (213 000) et d’autres telles que la fièvre jaune (36 000), la diphtérie, la polio. Sur ces 2,1 millions, 1,4 million étaient des enfants de moins de cinq ans.