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Fin de l'Assemblée mondiale de la Santé : adoption de résolutions cruciales pour la santé publique dans le monde

La cinquante-huitième session de l'Assemblée mondiale de la Santé, organe décisionnaire suprême de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), a pris fin aujourd'hui. Elle a réuni du 16 au 25 mai plus de 2200 personnes représentant les 192 Etats Membres de l'OMS, des organisations non gouvernementales et d'autres observateurs.

Mme Elena Salgado, Ministre espagnol de la santé et de la protection du consommateur, a été élue Président de l'Assemblée. Le Directeur général de l'OMS, le Dr LEE Jong-wook, a encouragé les délégués à trouver le meilleur moyen de mettre les solutions qui existent aujourd'hui dans le domaine de la santé à la disposition de tous ceux qui en ont besoin. Au nombre des personnalités invitées figurait le Président de la République des Maldives, M. Maumoon Abdul Gayoom, qui a parlé des dégâts causés par le récent tsunami et des efforts déployés pour reconstruire les maisons, les communautés et les existences brisées. M. Bill Gates, co-fondateur de la Fondation Bill et Melinda Gates, a également pris la parole devant l'Assemblée le premier jour, exprimant son espoir pour l'avenir, qui, a-t-il dit, repose sur les "miracles étonnants" de la science et de la technologie. Mme Ann Veneman, Directeur général de l'UNICEF, a insisté sur l'importance de la survie de l'enfant dans un monde où près de 11 millions d'enfants meurent avant l'âge de cinq ans. Un quatuor de l'Orchestre philharmonique de Vienne a choisi de s'exprimer par la musique et a joué à la cérémonie d'ouverture avant d'être nommé Ambassadeur itinérant de l'OMS.

Les moments forts de l'Assemblée furent l'adoption du Règlement sanitaire international révisé, qui régit l'action nationale et internationale en cas de flambées épidémiques, l'approbation du projet de budget programme pour 2006-2007, qui prévoit une augmentation de 4% du budget ordinaire, et l'institution de la Journée mondiale du don de sang, qui sera célébrée tous les ans le 14 juin.

Le présent communiqué récapitule les décisions prises par la Cinquante-Huitième Assemblée mondiale de la Santé.

L'Assemblée a fait le point sur les progrès accomplis jusqu'à présent en vue d'éradiquer la poliomyélite et a déterminé les mesures à prendre pour interrompre les dernières chaînes de transmission du poliovirus sauvage d'ici la fin de l'année. Elle a également pris note des progrès accomplis en vue d'étendre le traitement et les soins dans le cadre d'une action coordonnée et complète contre le VIH/SIDA et a examiné la question des réserves de vaccin antivariolique et de la recherche sur le virus variolique.

Reconnaissant que trop de personnes meurent et souffrent à cause des crises et des catastrophes parce qu'on ne traite pas des problèmes de santé pourtant souvent évitables, l'Assemblée mondiale de la Santé a adopté une résolution sur les interventions sanitaires en cas de crise et de catastrophe qui porte plus spécialement sur les séismes et les tsunamis du 26 décembre 2004. Dans cette résolution, elle engage l'OMS à donner rapidement l'alerte en cas de flambée épidémique, à améliorer l'accès à l'eau potable et aux moyens d'assainissement et à rendre les soins de santé physique et mentale plus accessibles. En outre, elle invite instamment les Etats Membres à formuler des plans de préparation aux catastrophes et à se préoccuper davantage de la violence sexiste, qui a tendance à augmenter pendant les crises.

L'Assemblée a par ailleurs fait ressortir l'importance de la préparation à une pandémie de grippe et de l'action en un tel cas en adoptant une résolution dans laquelle elle engage tous les Etats Membres à élaborer et appliquer des plans nationaux de préparation et d'action destinés à limiter l'impact d'une pandémie de grippe sur la santé et ses répercussions économiques et sociales. Elle prie également le Directeur général de l'OMS de chercher une solution à la pénurie de vaccins antigrippaux constatée dans le monde actuellement. Dans une résolution connexe, les Etats Membres ont noté que le confinement d'agents et de toxines microbiologiques en laboratoire est indispensable pour éviter des flambées de maladies comme le SRAS, et ils ont adopté une résolution sur la sécurité biologique en laboratoire.

Préoccupée par le fait que le paludisme cause chaque année plus d'un million de décès évitables, l'Assemblée a adopté une résolution dans laquelle elle appelle à redoubler d'efforts contre la maladie. Elle demande à l'OMS d'intensifier sa collaboration avec les Etats Membres afin d'atteindre les objectifs fixés au niveau international pour faire reculer le paludisme, y compris d'étudier la possibilité que l'OMS procède à des achats en gros de moustiquaires imprégnées d'insecticide et de médicaments antipaludiques. L'Assemblée s'est aussi souciée du nombre croissant de cas de tuberculose multirésistante et de l'augmentation de la morbidité et de la mortalité dues à la tuberculose chez les porteurs du VIH, et a adopté une résolution sur le financement durable de la prévention et de la lutte antituberculeuses, dans laquelle elle encourage les Etats Membres à établir une collaboration entre les programmes de lutte contre la tuberculose et les programmes de lutte conte le VIH et à intégrer la prévention et la lutte antituberculeuses dans leurs plans de développement sanitaire.

L'Assemblée mondiale de la Santé a adopté une résolution par laquelle elle approuve une nouvelle stratégie mondiale de vaccination qui servira de cadre pour planifier et exécuter les programmes nationaux de vaccination entre 2006 et 2015. Cette stratégie ambitieuse vise notamment une plus large couverture vaccinale et un accès équitable à la vaccination, et la prestation d'autres interventions, dont la distribution de moustiquaires imprégnées d'insecticide et la supplémentation en vitamine A, au moment de la vaccination.

Face à l'augmentation des taux de cancers dans le monde, l'Assemblée mondiale de la Santé a adopté une résolution dans laquelle elle recommande des stratégies de prévention et de lutte anticancéreuses à tous les Etats Membres. Beaucoup de pays ont déjà adopté ou sont en train de mettre sur pied des programmes de lutte conte le cancer, mais l'écart reste grand entre le savoir acquis et la pratique, en particulier dans les pays en développement. Dans sa résolution, l'Assemblée demande de meilleures mesures préventives, un dépistage et un traitement précoces ainsi qu'une amélioration des soins palliatifs. L'OMS va élaborer une stratégie de prévention et de lutte anticancéreuses, nouvelle initiative importante qui aidera les pays à faire face à ce problème de plus en plus préoccupant.

L'Assemblée a adopté une résolution pour "accélérer la réalisation des objectifs de développement liés à la santé convenus sur le plan international, y compris ceux énoncés dans la Déclaration du Millénaire", dans laquelle elle invite instamment les pays développés à faire en sorte que l'aide officielle au développement atteigne 0,7% du produit national brut et les pays africains à allouer 15% de leur budget national à la santé, comme ils s'y sont engagés au Sommet africain d'Abuja en 2001. Elle indique également les questions qui requièrent une action immédiate : la crise des ressources humaines pour la santé et l'amélioration de la santé des pauvres, en particulier dans les pays qui sortent d'un conflit ou d'une crise. Dans une autre résolution, l'Assemblée souligne combien il importe de promouvoir la santé de la femme, du nouveau-né et de l'enfant pour atteindre les objectifs du développement fixés dans la Déclaration du Millénaire. Dans cette résolution, elle invite instamment les Etats Membres à débloquer suffisamment de ressources pour progresser plus vite vers l'accès universel aux interventions en matière de santé de la femme, du nouveau-né et de l'enfant grâce aux soins de santé génésique.

La nutrition chez le nourrisson et le jeune enfant a fait également l’objet d'un débat et l’Assemblée a adopté une résolution dans laquelle elle demande aux Etats Membres de continuer à protéger, promouvoir et soutenir l’allaitement maternel exclusif pendant les six premiers mois de la vie de l’enfant en tant que recommandation mondiale de santé publique. Les Etats Membres sont également priés d’informer les agents de santé, les parents et les autres personnes ayant la garde d’enfants sur les meilleures pratiques concernant la préparation, l’utilisation et la manipulation des préparations en poudre pour nourrissons afin de ramener à un minimum les risques pour la santé, et de les prévenir que les préparations en poudre pour nourrissons peuvent contenir des micro-organismes pathogènes et doivent être préparées et utilisées de manière appropriée.

L’Assemblée a également abordé la question des migrations internationales des personnels de santé, en particulier de personnels hautement qualifiés et compétents qui vont des pays en développement vers les pays développés. Une résolution a été adoptée, dans laquelle l’Assemblée prie le Directeur général de l’OMS de renforcer le programme de l’OMS concernant les ressources humaines pour la santé. La question du développement des ressources humaines pour la santé sera le thème du Rapport sur la santé dans le monde 2006 et de la Journée mondiale de la Santé 2006. Elle constituera également un domaine d’activité essentiel du programme général de travail de l’OMS pour la période 2006-2007.

Plus d’un milliard de personnes auront plus de 60 ans d’ici 2025, la grande majorité d’entre eux vivra dans les pays en développement et ce chiffre devrait doubler d’ici 2050. L’Assemblée mondiale de la Santé a passé en revue les progrès réalisés concernant la mise en oeuvre du cadre d'orientation de l’OMS sur le vieillissement et a également adopté une résolution destinée à renforcer et à promouvoir la résolution intitulée "Vieillir en restant actif et en bonne santé". Cette résolution demande à la nouvelle Commission des Déterminants sociaux de la Santé d’inclure les questions liées au vieillissement actif et en bonne santé parmi ses recommandations de politique générale. L’Assemblée a également approuvé une résolution sur l’incapacité qui vise à améliorer considérablement la vie d’environ 600 millions de personnes souffrant d’incapacités. Elle demande aux Etats Membres de promouvoir les droits et la dignité des personnes handicapées ; de favoriser la réadaptation communautaire ; et d'inclure un volet sur les incapacités dans les politiques et programmes de santé nationaux. L’OMS fournira un appui aux Etats Membres, recueillera des données plus fiables sur tous les aspects de l’incapacité et soutiendra la recherche de ripostes plus efficaces.

L’Assemblée mondiale de la Santé a pris note du fait que les troubles dus à une carence en iode (TCI) causent des lésions cérébrales chez l’enfant et demande que l’on redouble d’efforts pour éradiquer le problème dans les Etats Membres où l’incidence de la carence en iode est élevée. Le manque d’iode pendant la grossesse et la petite enfance altère le développement cognitif et moteur chez le jeune enfant. L’OMS estime à deux milliards le nombre de personnes qui risquent de présenter des troubles dus à une carence en iode. La solution aux TCI est simple et d’un bon rapport coût/efficacité car il est facile d’ajouter de l’iode au sel de table. Une résolution qui demande que l’on renouvelle les mesures collectives pour éliminer les troubles dus à une carence en iode a été adoptée.

Reconnaissant la menace croissante que constitue la résistance aux antimicrobiens, l’Assemblée a adopté une résolution pour améliorer son endiguement, notamment en préconisant l’usage rationnel des médicaments. La résistance s'accélère plus vite que la mise au point de nouveaux médicaments et les médicaments actuels qui étaient efficaces contre les infections perdent du terrain. Dans cette résolution, l’Assemblée demande aux Etats Membres de concevoir une approche cohérente, globale et intégrée pour maîtriser la résistance, accroître l’emploi approprié des antimicrobiens, surveiller l’usage de ces médicaments ainsi que les niveaux de résistance. Elle prie également l’OMS de renforcer son rôle directeur dans l’action visant à endiguer la résistance aux antimicrobiens, d’établir des systèmes de suivi et d’éducation des patients et de collaborer avec divers programmes et partenaires concernés pour promouvoir l’usage rationnel des médicaments.

L’Assemblée a adopté une résolution demandant à l’OMS d’examiner les problèmes de santé publique provoqués par l’usage nocif de l’alcool. L’évolution des pratiques de consommation, l’augmentation de la consommation et l’abus de l’alcool, notamment chez les jeunes, sont quelques-uns des facteurs qui contribuent au fait que l’usage nocif de l’alcool devient l’un des risques majeurs pour la santé. Il représente maintenant 4 % de la charge mondiale de la maladie en tant qu’agent étiologique de plus de 60 maladies, qui comprennent entres autres les maladies cardio-vasculaires, les troubles mentaux, les blessures et les décès liés aux accidents de la circulation ainsi que les comportements à haut risque. En consultation avec différents partenaires, l’OMS évaluera ces problèmes de santé publique et élaborera des politiques, des stratégies et des interventions efficaces pour aider les Etats Membres à les combattre.

L’Assemblée mondiale de la Santé s’est inquiétée de la détérioration de la situation économique et sanitaire mais aussi des crises humanitaires qui en résultent dans le territoire palestinien occupé. L’Assemblée a adopté une résolution à ce sujet.

Notant que les systèmes de financement de la santé de nombreux pays doivent être encore développés pour garantir l’accès aux services nécessaires tout en offrant une protection contre le risque financier, l’Assemblée a adopté une résolution sur le financement durable de la santé, la couverture universelle et les systèmes de sécurité sociale, et prié le Directeur général de fournir un appui aux Etats Membres pour évaluer l’impact des changements apportés aux systèmes de financement de la santé sur les services de santé à mesure qu’ils progressent vers la couverture universelle.

Constatant les effets potentiels des progrès des technologies de l’information et de la communication, l’Assemblée mondiale de la Santé a adopté une résolution encourageant à développer les activités en matière de cybersanté. La cybersanté est l’utilisation, selon des modalités offrant un bon rapport coût/efficacité et sûres, des technologies de l’information et de la communication à l’appui de l’action de santé et dans les domaines connexes, dont les services de soins de santé, la surveillance sanitaire, la littérature sanitaire et l’éducation pour la santé. La résolution invite instamment les Etats Membres à s’efforcer de faire bénéficier les communautés, y compris les groupes vulnérables, de services de cybersanté, et prie le Directeur général de l’OMS de poursuivre l’extension de mécanismes tels qu’une Académie de la santé pour promouvoir des modes de vie sains et une meilleure connaissance des questions liées à la santé par le cyber-apprentissage.

Reconnaissant qu’une recherche de qualité, et la génération et l’application des connaissances sont essentielles pour améliorer la performance des systèmes de santé et parvenir à l’équité en santé, l’Assemblée a adopté une résolution prenant acte de la Déclaration de Mexico sur la recherche en santé issue du Sommet ministériel sur la recherche en santé.

L’Assemblée a également examiné le processus de réforme des Nations Unies et le rôle de l’OMS dans l’harmonisation des activités opérationnelles de développement au niveau des pays et a approuvé une résolution priant le Directeur général de l’OMS de veiller à ce que l’OMS continue à mettre en oeuvre les activités au niveau des pays conformément aux priorités des Etats Membres, et de coordonner les activités de l’OMS avec celles d’autres organisations du système des Nations Unies, et le cas échéant, avec d’autres acteurs concernés qui s’emploient à améliorer les résultats sanitaires.

L’Assemblée mondiale de la Santé a été présidée par Mme Elena Salgado (Espagne). Les cinq vice-présidents étaient M. Saley Key (Erythrée), le Dr M . Fikri (Emirats arabes unis), le Dr Annette King (Nouvelle-Zélande), le Professeur Suchai Charoenratanakul (Thaïlande) et le Dr Miguel Fernández Galeano (Uruguay). La Commission A était présidée par le Dr Bijan Sadrizadeh (République islamique d’Iran) et la Commission B par le Dr Jerome Walcott (Barbade).

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