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Le rapport de l’Organisation mondiale de la Santé explique les effets sanitaires de l’accident nucléaire civil le plus grave que le monde ait jamais connu

Le Directeur général de l’OMS lance un appel en faveur du maintien de l’aide aux survivants

Vingtième anniversaire de l’accident nucléaire de Tchernobyl : 26 avril 2006

En faisant paraître aujourd’hui une publication qui fera date, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) rend public le rapport scientifique le plus complet réalisé à ce jour sur les effets sanitaires de l’accident nucléaire civil le plus grave jamais enregistré.

Au moment où le monde commémore le vingtième anniversaire de l’accident nucléaire de Tchernobyl, les Nations Unies renouvellent leurs efforts pour relancer la vie économique et sociale des régions du Bélarus, de la Fédération de Russie et de l’Ukraine les plus touchées par les retombées radioactives de l’explosion du réacteur.

« Alors que nous nous efforçons de reconstruire l’avenir, nous ne devons pas oublier les familles de ceux qui sont décédés par suite de l’accident, ni celles qui continuent à souffrir des conséquences de l’irradiation et de la déstabilisation totale de leur vie », a dit le Dr LEE Jong-wook, Directeur général de l’OMS.

« Le rapport de l’OMS sur les effets sanitaires de l’accident de Tchernobyl fournit aux pays les plus touchés et à leurs populations les informations dont ils ont besoin pour pouvoir prendre des décisions essentielles sur le plan de la santé publique alors qu’ils poursuivent la reconstruction de leurs communautés. L’OMS soutient ces efforts », a indiqué le Dr Lee.

Les auteurs du rapport de l’OMS estiment que, dans les pays les plus touchés, près de 5000 diagnostics de cancer de la thyroïde ont été posés jusqu’ici chez des sujets qui étaient enfants ou adolescents au moment de l’accident. Il est probable que l’on notifiera de nouveaux cas de cancer thyroïdien dans les décennies à venir. Les experts de l’OMS estiment également qu’il pourrait y avoir jusqu’à 9000 décès par cancer supplémentaires dus à l’accident de Tchernobyl chez les gens ayant travaillé aux opérations de décontamination, chez les personnes évacuées et chez les résidents des régions hautement et modérément contaminées du Bélarus, de la Fédération de Russie et de l’Ukraine.

Après l’accident, 116 000 personnes ont été évacuées de la région. Deux cent trente mille autres ont été déplacées des zones hautement contaminées vers d’autres zones au cours des années suivantes.

Ces changements de lieu de résidence se sont avérés profondément traumatisants à cause de la désorganisation des réseaux sociaux qu’ils ont entraînée et du fait de l’impossibilité pour les gens de retourner chez eux. Pour beaucoup, une stigmatisation sociale associée au fait d’être « une personne exposée » s’y est ajoutée.

On en est venu à parler de « victimes de Tchernobyl » pour les populations ainsi touchées. Malgré les indemnités et avantages consentis par les pouvoirs publics aux personnes évacuées et aux résidents des territoires contaminés, certains ont eu l’impression d’être des « victimes » plutôt que des « survivants » et de ne plus être maîtres de leur avenir.

Plus de cinq millions de personnes vivent aujourd’hui dans des régions encore contaminées par des matières radioactives. Beaucoup d’entre elles ont montré un niveau plus élevé d’anxiété, de nombreux symptômes médicaux inexpliqués et une impression subjective de mauvaise santé par comparaison avec les populations non irradiées.

L’OMS recommande des efforts renouvelés pour fournir au public et aux professionnels occupant des postes clés des informations précises sur les conséquences sanitaires de la catastrophe, dans le cadre des efforts visant à revitaliser les gens et les régions touchées par l’accident. Elle poursuit les efforts visant à améliorer les soins de santé prodigués aux populations touchées grâce à la mise en place de la télémédecine, de programmes pédagogiques et en soutenant la recherche.

Généralités

La stratégie des Nations Unies pour un retour à la vie normale, lancée en 2002, a donné à toutes les institutions des Nations Unies et à la communauté internationale les grands axes à partir desquels reconstruire les zones les plus touchées du Bélarus, de la Fédération de Russie et de l’Ukraine. Le Forum de Tchernobyl, issu de cette stratégie, a donné lieu à des examens séparés des divers effets de l’accident : les effets sanitaires ont été traités par l’OMS, les conséquences environnementales par l’Agence internationale de l’Energie atomique (AIEA) et les conséquences économiques par le Programme des Nations Unies pour le Développement. Le rapport de l’OMS intitulé Health Effects of the Chernobyl Accident and Special Health Care Programmes est le résultat de ces travaux.

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Pour plus d'informations:

Gregory Hartl
Chargé de Communication, OMS
Téléphone: +41 22 791 4458
Tél. portable: +41 79 203 6715

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