Des pays proposent un modèle permettant d'amplifier massivement le traitement de la tuberculose
Le but est de traiter 800,000 patients et de prévenir l'émergence de souche de tuberculose incurables
11 mai 2006 | Atlanta, Etats Unis d'Amérique - Les résultats d'une série de projets ont clairement démontré que la tuberculose polypharmacorésistante (TB-MR) pouvait être traitée efficacement dans des pays à faible revenu et fournir une base solide aux programmes de lutte contre la tuberculose en pleine expansion. Ces conclusions, rendues publiques aujourd'hui, incitent à reconsidérer les possibilités de lutte contre la tuberculose polypharmacorésistante dans les pays pauvres.
Les nouvelles lignes directrices de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), qui tirent les leçons de 46 projets et qui sont mises en œuvre depuis 2000 dans 29 pays*, ont été présentées lors d'une réunion d'experts de la tuberculose à Atlanta.
Les stratégies à succès qui constituent les "Lignes directrices pour prise en charge programmatique de la tuberculose polypharmacorésistante" étayeront les mesures exposées dans le Plan mondial "Halte à la tuberculose", 2006-2015. L'objectif est d'augmenter rapidement le nombre de patients atteints de TB-MR qui seront traités au cours de la prochaine décennie, pour les faire passer de 16,000 actuellement à un total cumulé de 800,000 traités. Les lignes directrices donnent des conseils pratiques quant à la manière de traiter les patients atteints de tuberculose polypharmacorésistante, sur la base des meilleurs éléments de preuve disponibles et à l'aide des meilleurs médicaments.
"La tuberculose polypharmacorésistante a jadis été considérée comme une condamnation à mort pour la plupart des patients dans les pays pauvres," a déclaré le Dr LEE Jong-wook, Directeur général de l'OMS. "Ces lignes directrices fondées sur les preuves et leurs conclusions montrent qu'il est possible de mettre au point des moyens efficaces et abordables pour traiter les patients atteints de tuberculose polypharmacorésistante dans les pays pauvres." L'OMS, ainsi que les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) des Etats Unis d'Amérique, la Task Force for Child Survival, Partners in Health et d'autres organisations de premier plan ont joué un rôle vital au cours de ces dernières années, en veillant à ce que la tuberculose polypharmacorésistante occupe une place prioritaire dans les préoccupations internationales en matière de santé.
"Affronter la tuberculose polypharmacorésistante est devenu un élément de base de notre travail et constitue désormais un élément clé de notre nouvelle stratégie," a déclaré le Dr Mario Raviglione, Directeur à l'OMS du département "Halte à la tuberculose". "Une tuberculose extrêmement résistante aux médicaments constitue un danger mortel dans de nombreux pays et les programmes de traitement doivent être amplifiés le plus vite possible pour enrayer cette menace." En mars, les CDC et l'OMS out publié une étude apportant la preuve de l'émergence de souches de tuberculose "extrêmement résistantes aux médicaments", qui résistent à au moins trois des six classes de médicaments de deuxième intention et sont donc incurables dans la plupart des cas. Les responsables réunis aujourd'hui ont à nouveau averti que de telles souches extrêmement résistantes allaient se multiplier à moins que la mise en œuvre d'un traitement efficace de la tuberculose polypharmacorésistante soit massivement amplifiée.
La tuberculose polypharmacorésistante a été détectée dans toutes les régions du monde, avec les taux les plus élevés dans certains pays de l'ex-Union Soviétique et certaines provinces de Chine. L'OMS évalue à 425,000 le nombre de cas de tuberculose polypharmacorésistante qui se déclarent chaque année, avec une prévalence mondiale pouvant atteindre un million de cas.
La brochure contient également des informations sur le 'Comité Feu Vert', qui a contribué de manière déterminante à rendre ces médicaments antituberculeux accessibles à des prix considérablement réduits, dans certains cas de plus de 90%. Son rôle crucial a été reconnu par le Fonds Mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme, dont l'OMS a salué en avril 2006 la décision d'accorder au Comité un filin de sécurité financière.
Des craintes subsistent cependant que le Comité Feu Vert reste sous-financé. Quelque 120 experts de la tuberculose réunis à Atlanta ont lancé un appel pour que davantage de ressources soient attribuées au Comité dans le cadre de la stratégie visant à amplifier avec succès le traitement des patients.
* Azerbaïdjan, Bolivie, Burkina Faso, Costa Rica, , Egypte, El Salvador, Estonie, Fédération de Russie, Géorgie, Haïti, Honduras, Inde, Jordanie, Kenya, Kyrgyzstan, Lettonie, Liban, Mexique, Népal, Nicaragua, Ouzbékistan, Pérou, Philippines, République de Moldova, République dominicaine, Roumanie, Syrie, Timor Leste, Tunisie.
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