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Le traitement des infections sexuellement transmissibles joue un rôle dans la prévention du VIH

Les soins dispensés au bon moment peuvent contribuer à réduire le nombre des infections

Les résultats d’une consultation OMS/ONUSIDA présentés à la Seizième Conférence internationale sur le SIDA confirment que le traitement des infections sexuellement transmissibles (IST) dispensé au bon moment lors d’une épidémie et ciblant en particulier des groupes clés permet de réduire la transmission du VIH. La consultation qui a eu lieu au milieu de juillet 2006 visait à clarifier l’importance du traitement des IST et le rôle des programmes et des services de lutte contre les IST dans la prévention du VIH. La principale conclusion des experts ayant participé à la réunion est qu’un traitement rapide et approprié des IST permet de réduire le risque individuel d’infection par le VIH et que des programmes de lutte contre les IST de qualité jouent un rôle critique pour combattre l’épidémie de VIH dans les populations particulièrement exposées au risque d’infection par le virus.

Les données scientifiques recueillies au cours des deux dernières décennies renforcent l’hypothèse selon laquelle les ulcérations génitales et les IST facilitent la transmission du VIH par la voie sexuelle. Chez l’homme comme chez la femme, les IST favorisent la desquamation des voies génitales, ce qui augmente le pouvoir infectieux du VIH. Par ailleurs, la présence d’une ou plusieurs IST accroît aussi la sensibilité au VIH en mobilisant des cellules inflammatoires sensibles à ce virus dans le tractus génital et également en affaiblissant la barrière qu’opposent les muqueuses à la contamination.

Plusieurs essais randomisés en grappe dans le contexte d’une communauté qui ont été menés à bien en Afrique donnent des résultats apparemment contradictoires sur l’effet des interventions contre les IST sur l’incidence du VIH. Mais les essais ont été menés en différents endroits et à différents stades de l’épidémie de VIH, des facteurs dont il faut tenir compte en planifiant les interventions contre les IST.

Les experts ont conclu que le traitement des IST a une incidence sur la transmission du VIH au niveau de la population, mais que les effets varient selon le stade des épidémies de VIH et d’IST. En cas d’épidémie de VIH de faible ampleur ou concentrée, on peut s’attendre à ce que le traitement des IST ait un effet majeur sur l’incidence du VIH au niveau de la population. Lors d'une épidémie généralisée, l’effet du traitement des IST sur l’incidence du VIH reste important, mais dans une moindre mesure. Il faut fixer des priorités afin de cibler les agents pathogènes qui contribuent le plus à l’extension de l’épidémie de VIH dans des situations particulières.

Comme l'a fait observer Joy Phumaphi, Sous-Directeur général chargée de la Santé familiale et communautaire à l’OMS, " Le moment est venu d’intensifier les interventions préventives primaires contre les IST en même temps qu'on intensifie les efforts de prévention du VIH. Les interventions de prévention primaire doivent comprendre des messages visant à modifier les comportements, notamment en réduisant le nombre des partenaires sexuels, surtout simultanés, en utilisant le préservatif régulièrement et correctement et en différant l'âge des premiers rapports sexuels. Il est important que quiconque est infecté ou croit l'être se fasse rapidement soigner et ait accès à des soins de qualité contre les IST ".

Pour sa part, le Professeur King Holmes, membre du Tableau d'experts OMS des infections sexuellement transmissibles, y compris de l'infection à VIH, a ajouté : " Les services IST offrent l’accès aux soins à des sujets très exposés au risque d’infection par le VIH, mais aussi une occasion unique de prévenir les IST et le VIH. Des services complets de lutte contre les IST sont importants, notamment pour le traitement rapide et correct des IST, les conseils concernant les rapports sexuels plus sûrs, la promotion du préservatif, les activités de conseil et de dépistage systématique du VIH, les conseils concernant la possibilité d’une infection "aiguë" par le VIH et la notification et le traitement du partenaire."

Le Dr Tim Farley, Coordonnateur de l’équipe chargée des infections sexuellement transmissibles et des infections de l'appareil reproducteur à l'OMS, a quant à lui déclaré : " L’amélioration de la lutte contre les IST chez les personnes vivant avec le VIH joue un rôle clé dans la "prévention pour les sujets positifs". Chez ces personnes, l’évolution naturelle de l’infection à VIH peut être influencée par la présence d’une ou plusieurs IST, comme une infection à HSV-2 par exemple, susceptibles de faire augmenter la concentration plasmatique. Ainsi, une prise en charge rapide et judicieuse des IST peut améliorer les perspectives de survie des personnes vivant avec le VIH. »

Pour Teguest Guerma, Directeur associé du Département VIH/SIDA à l’OMS, « le lien entre les IST et la propagation sexuelle du VIH est manifeste. Pour assurer l’accès universel à la prévention, au traitement et aux soins concernant le VIH/SIDA, nous devons accroître les investissements en faveur de l’extension des services de prévention et de lutte concernant les IST ainsi que leur qualité car il s’agit là d’un élément essentiel d’une réponse globale face au VIH. Dans son plan quinquennal de renforcement en vue de l’accès universel aux soins concernant le VIH/SIDA, l’OMS considère la lutte contre les IST comme une intervention prioritaire notamment pour ce qui est de l’intégration des services VIH et IST, le conseil et le dépistage des IST ainsi que la lutte contre les IST chez les personnes vivant avec le VIH/SIDA. »

Pour plus d'informations:

A Toronto:
Tim Farley
Coordonnateur, Lutte contre les infections sexuellement transmissibles
Département Santé et recherche génésiques, OMS
Tél. portable: +41 79 254 68 32
Courriel: farleyt@who.int

A Genève:
Christopher Powell
Conseiller en communication
Santé familiale et communautaire, OMS
Téléphone: +41 22 7912888
Tél. portable: +41 79217 3425
Courriel: powellc@who.int

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