Médicaments, argent et personnel de sante motive sont les clés de l'accès universel a la prévention et au traitement du VIH/SIDA
Une "société sans frontières pour la sante" est nécessaire pour progresser encore davantage", selon le Directeur général par intérim de l'OMS
18 août 2006 | Toronto - Le Dr Anders Nordström, Directeur général par intérim de l'Organisation mondiale de la Santé a déclaré aujourd'hui aux délégués réunis dans le cadre de la XVIe Conférence internationale sur le SIDA que "des mesures radicales" étaient nécessaires pour faire en sorte qu'il y ait suffisamment de personnel de santé afin d'assurer l'accès universel à la prévention et au traitement du SIDA d'ici 2010. Il a également salué le large consensus qui s'est dégagé lors de la Conférence pour juger essentielle une riposte de fond contre le VIH/SIDA.
Dans un discours prononcé à la session de clôture de vendredi, le Dr Nordström a souligné que "l'argent, les médicaments et du personnel qualifié" étaient les clés de l'accès universel.
Argent – lacunes à combler d'urgence et appui à long terme
Il a relevé que les fonds disponibles globalement pour lutter contre le VIH/SIDA étaient en augmentation mais que les besoins l'étaient aussi. "Sur le plan mondial, les ressources disponibles pour lutter contre le VIH/SIDA ont augmenté pour atteindre plus de US$ 8 milliards par an. Mais cela ne suffit toujours pas. On estime que les besoins des pays à bas et moyens revenus se montent à US$ 15 milliards cette année et atteindront US$ 22 milliards en 2008.
"Ce fossé qui se creuse doit être comblé et les engagements doivent être soutenus. Cela nécessite davantage que l'aide au développement traditionnelle. "
Le Dr Nordström a salué les initiatives récentes visant à assurer des mécanismes de financement durable, comme l'initiative UNITAID lancée par la France, le Brésil, le Chili, la Norvège et le Royaume-Uni, qui propose de prélever une partie des taxes sur le transport aérien afin de recueillir de nouveaux fonds au profit de la lutte contre le VIH. Il a aussi relevé que de nouveaux mécanismes potentiels - tels que les engagements de marché à terme - étaient susceptibles de stimuler la recherche et le développement de médicaments et de vaccins nouveaux.
Il a insisté sur le fait que les pays développés, notamment ceux du G8, devaient se montrer à la hauteur de leurs engagements financiers et politiques en matière de VIH/SIDA et que les gouvernements nationaux devaient également dépenser davantage pour la santé et donner la priorité au financement de la lutte contre le VIH/SIDA.
Médicaments - l'accès reste critique
Le Dr Nordström a relevé que l'initiative de l'OMS et de l'UNICEF "3 en 5" visant à élargir l'accès au traitement antirétroviral à 3 millions de malades des pays à bas et moyens revenus avant la fin de 2005 avait changé la donne en matière de VIH/SIDA. Il a rendu hommage au Dr LEE Jong-wook, ex-Directeur général, pour le rôle qu'il a joué en imposant un changement d'approche et d'attitude en faveur de l'accès au traitement.
"La preuve en est la multiplication par dix du nombre de patients en traitement en Afrique sub-saharienne," a-t-il déclaré. “Mais les défis à relever dans cette région illustrent tout ce qui reste à faire. Soixante-dix pour cent des besoins de traitement non satisfaits se trouvent en Afrique.”
Il a souligné que les prix des médicaments restaient un problème - pour faire en sorte que tant les traitements de seconde intention que ceux de première intention soient abordables. "L'accent est de plus en plus mis sur l'innovation, la recherche et la résolution des problèmes de propriété intellectuelle afin d'assurer le maximum d'accès à des nouveaux produits susceptibles de sauver des vies."
"Nous avons besoin d'idées nouvelles qui aboutissent à de nouveaux médicaments et diagnostics permettant de mieux traiter les bébés et les enfants aussi bien que les adultes. Il nous faut aussi un vaccin et un microbicide."
Pas d'accès universel sans personnel de santé
"L'accès universel doit comporter l'accès à un personnel de santé compétent et motivé," a déclaré le Dr Nordström. "Aucune amélioration en matière de financement ou de produits médicaux ne saurait faire durablement la différence dans la vie des gens tant que la crise du personnel de santé ne sera pas résolue.”
Il a demandé que des "mesures radicales" soient prises d'urgence pour renforcer le personnel de santé. Le nouveau plan de l'OMS "Traiter, Former, Garder" qui a été lancé cette semaine à la conférence montre comment le fait d'assurer prévention et traitement au personnel de santé dans un milieu de travail positif peut contribuer à améliorer les conditions de travail et surtout à garder un personnel en bonne santé et motivé.
Un système de santé dépend aussi de systèmes d'information et de surveillance, de logistique et de distribution, autant de domaines que l'OMS aide les gouvernements nationaux à aborder, a-t-il observé.
Une société sans frontières pour la santé
Le Dr Nordström a demandé aux délégués de rendre l'accès universel possible grâce à "une société sans frontières, impliquant tous ceux qui sont susceptibles de faire la différence, des dirigeants politiques aux scientifiques et des agents de santé aux jeunes, en passant par les personnes vivant avec le VIH, les pauvres, les travailleurs du sexe, les toxicomanes qui s'injectent de la drogue et les prisonniers.”
Le Dr Nordström a également souligné la nécessité de mettre davantage l'accent sur l'égalité des sexes, en faisant en sorte que les femmes et les hommes aient les mêmes possibilités.
Renforcer la prévention
Enfin, le Dr Nordström a indiqué aux délégués qu'outre le traitement, les soins et l'appui, une attention renouvelée devait être portée à la prévention du VIH.
"Trop de ressources - de temps, d'énergie et d'argent - ont été gaspillés en vains débats sur la question de savoir si c'était la prévention ou le traitement qui devait avoir la priorité. Lors de cette conférence, nous avons mieux perçu qu'il ne s'agit pas de faire l'une ou l'autre. Des millions de gens sont morts faute de l'une et de l'autre."
La contribution de l'OMS aux efforts visant à atteindre l'accès universel à la prévention, au traitement, aux soins et aux conseils en matière de VIH met l'accent sur cinq directions stratégiques: renforcement du dépistage du VIH et des conseils dispensés, maximisation du rôle du secteur de la santé en matière de prévention, renforcement du traitement, des soins et de l'appui aux malades; renforcement des systèmes de santé et investissement dans l'information stratégique.
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