L’Ambassadrice de bonne volonté de l’OMS souligne les effets dévastateurs des fistules obstétricales chez les femmes et les jeunes filles
1 septembre 2006 | Addis-Abeba - L’Ambassadrice de bonne volonté de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour la santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant, le mannequin Liya Kebede, a mis en lumière le fléau que constituent pour des millions de femmes et de jeunes filles les fistules obstétricales. S’exprimant lors de la publication du manuel de l’OMS consacré à la question, Obstetrical fistula : Guiding Principles for Clinical Management and Programme Development, Liya Kebede a rappelé que ce sont les femmes et les jeunes filles pauvres et marginalisées qui sont le plus touchées par cette affection en raison des complications de la grossesse. Les adolescentes sont particulièrement vulnérables, car leur bassin n’est pas pleinement développé. Les fistules, ou déchirures, se produisent pendant un travail prolongé lorsque les tissus du vagin, de la vessie et/ou du rectum de la femme sont déchirés, ce qui entraîne une incontinence urinaire et fécale chronique.
Des experts médicaux et des chefs de gouvernement étaient réunis à l’occasion de la publication du premier manuel appelé à servir de guide pratique à l’intention des agents de santé et des planificateurs, des décideurs et des responsables communautaires - étape importante dans la lutte contre les fistules obstétricales. Le guide devrait être largement utilisé dans les pays pour mettre en oeuvre des programmes susceptibles de réduire sensiblement le nombre de femmes souffrant de fistule obstétricale.
Plus d’un demi-million de jeunes femmes en bonne santé meurent chaque année des complications de la grossesse et de l’accouchement, y compris de fistules obstétricales. L’OMS estime que, dans le monde, plus de 300 millions de femmes souffrent actuellement de séquelles à court ou à long terme, 20 millions de nouveaux cas étant enregistrés chaque année. Les fistules obstétricales représentent 8 % des décès maternels dans le monde, des millions d’autres femmes et de jeunes filles vivant dans la honte, l’isolement et une extrême pauvreté en raison de l’ostracisme que provoque leur état.
La plupart des femmes souffrant de fistules non traitées ont accouché chez elles sans l’aide d’une accoucheuse qualifiée. Au Nigéria, on estime qu’une femme sur dix souffrira de cette complication après un accouchement. En outre, les femmes sont souvent abandonnées par leur mari et exclues de leur famille ou de leur communauté en raison de ce problème. En Inde et au Pakistan, près de 70 % des femmes souffrant de fistules ont été abandonnées ou contraintes au divorce.
« Les fistules obstétricales ont été relativement négligées malgré les effets catastrophiques qu’elles ont sur la vie des jeunes filles et des femmes dans les pays en développement », a déclaré Liya Kebede. « Je suis très heureuse et très honorée de revenir dans mon pays natal prendre part au lancement du manuel sur les fistules obstétricales. J’espère en effet que ces principes directeurs aideront les femmes qui souffrent actuellement de fistules en Ethiopie, et permettront de prévenir cette affection dans tous les pays en développement en faisant en sorte que chaque femme ait accès à des soins qualifiés pendant la grossesse et l’accouchement. »
Un grand nombre de cas pourraient être évités en retardant le moment de la première grossesse, en éliminant les pratiques traditionnelles nocives et en assurant l’accès aux soins obstétricaux en temps opportun. D’autre part, la plupart des jeunes filles et des femmes pourraient être guéries au moyen d’une opération chirurgicale simple. Mais faute d’hôpitaux et de centres de santé, ou de chirurgiens qui proposent leurs services dans ce domaine, ces femmes continuent de souffrir des séquelles physiques, psychologiques et sociales de leur affection.
« Aucune femme ne devrait avoir à endurer un problème de santé qui peut être à la fois évité et traité. Notre objectif à long terme devrait être de rendre les fistules obstétricales aussi rares dans les pays en développement qu’elles le sont dans les pays développés », a déclaré Joy Phumaphi, Sous-Directeur général chargé de la Santé familiale et communautaire à l’OMS. « Heureusement, ce problème a commencé à retenir l’attention de la communauté internationale. A l’heure actuelle, tous ceux qui travaillent dans le domaine de la santé maternelle et génésique sont en mesure de redonner espoir et dignité à des millions de femmes et de jeunes filles. »
En partenariat avec le FNUAP, la Campagne pour l’élimination des fistules et la prévention des décès maternels et des incapacités et la Fédération internationale de Gynécologie et d’Obstétrique, l’OMS a multiplié les efforts et mis au point une stratégie de prévention en plusieurs volets. Celle-ci prévoit des activités de promotion de la santé et de planification familiale, l’accès à des soins qualifiés pendant la grossesse et l’accouchement, la mise en place de moyens de réparation des fistules et la formation des agents de santé en matière de prévention, de prise en charge et de traitement, conformément aux directives du manuel afin de prendre en charge l’affection à un stade précoce. La stratégie engage la communauté, les membres de la famille, les agents de santé et la société dans son ensemble à évaluer les risques et à savoir comment réagir afin de fournir des services de prévention et de traitement efficaces pour les fistules obstétricales.
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