Les établissements de santé du Liban ont subi de sérieux dommages
Une nouvelle évaluation indique que de graves pénuries de carburant et d'eau persistent
6 septembre 2006 | Beyrouth/Geneve - Une nouvelle évaluation des établissements de santé du Liban, qui vient d'être rendue publique, révèle que plus du quart de ceux qui ont évalués ne fonctionnent pas en raison de dommages physiques, de manque de personnel ou parce qu'ils sont inaccessibles et que les pénuries d'eau et de carburant restent préoccupantes. Dans le même temps, le système de santé est soumis à une pression croissante en raison du nombre de personnes qui ont été blessées pendant le conflit et de celles qui rentrent dans leurs communautés et ont besoin de soins de santé.
L'évaluation, réalisée par le Ministère libanais de la santé et par l'Organisation mondiale de la Santé, a porté sur plus de 400 établissements dans les zones du Liban les plus affectées par le conflit. Il s'agit notamment de dispensaires, de centres de soins de santé, de services de consultations externes et d'hôpitaux dans les districts touchés.
Les résultats de cette évaluation revêtent une importance cruciale pour fixer les priorités en matière de relèvement rapide du système de santé libanais. Ils constituent le fondement de la Stratégie de rétablissement rapide du secteur de la santé au Liban, qui a besoin de USD 13,3 millions pour mener à bien des activités visant à rétablir l'accès aux services de santé de première nécessité pour les 1,2 million de personnes les plus affectées par le conflit.
"Dans certaines parties du Liban, les gens ordinaires n'ont tout simplement pas accès à un établissement qui fonctionne. Soit il a été complètement sérieusement endommagé, soit il ne dispose pas d'eau, de carburant, ou des fournitures nécessaires pour assurer des services vitaux, notamment les soins obstétrique d'urgence. Au moment où le LIban entame un rétablissement rapide, il est capital de disposer de fonds pour remettre les services de santé sur pied, " a déclaré le Dr Ala Alwan, représentant du Directeur général de l'OMS pour l'action sanitaire en situation de crise.
"Les gens sont particulièrement vulnérables en ce moment, car beaucoup ont perdu leurs maisons et leurs moyens d'existence. Il se peut qu'ils ne soient pas capables de s'offrir des soins de santé," a-t-il ajouté.
Pendant une semaine du mois d'août les équipes d'évaluation ont sillonné le pays pour déterminer si les installations étaient endommagées, si le personnel était en état de travailler, si l'eau, le carburant et l'assainissement étaient suffisants et s'il y avait assez de fournitures médicales.
Il ressort de l'évaluation que les dégâts infligés aux bâtiments varient considérablement d'un endroit à l'autre. Au total, 26% de l'ensemble des établissements de santé sont dans l'incapacité de fonctionner en raison de dommages physiques ou faute de personnel ou d'accessibilité. Au total 12 bâtiments ont été totalement détruits et 38 fortement endommagés, les dégâts les plus graves étant relevés à Bint Jeil, suivi par Marjayoun, Nabatiyeh et les faubourgs sud de Beyrouth.
Cette évaluation révèle en outre qu'il y a encore de graves pénuries de carburant, d'énergie électrique et d'eau potable. D'une manière générale, un tiers seulement des établissements sanitaires disposent d'eau potable, et un quart seulement restent connectés au système d'égouts ou au réseau électrique. Dans le même temps 31% utilisent des groupes électrogènes mais moins d'un sur cinq ont assez de carburant pour les faire fonctionner.
Les dégâts causés aux bâtiments, à quoi s'ajoutent les pénuries de carburant, d'eau et de fournitures, ont des répercussions importantes sur la prestation des services. Il existe par exemple de graves lacunes dans les services de santé maternelle et infantile. Seul un établissement de soins de santé primaires sur quatre est en mesure de dispenser des soins prénatals et à peine un sur dix est capables de prendre en charge des accouchements et de dispenser des soins obstétricaux d'urgence. Un sur trois est capable de conserver des vaccins et 13% seulement d'entre eux sont en état d'assurer quelques services de santé mentale. Normalement, tous ces établissement devraient être en mesure de fournir la totalité de ces services.
L'évaluation a également décelé un manque de personnel de santé, notamment de médecins généralistes et spécialistes en obstétrique et en chirurgie. L'effectif du personnel infirmier représente à peine le quart de ce qu'il devrait être. On manque aussi de techniciens de laboratoire, de pharmaciens, d'internistes et d'anesthésistes. Certaines de ces carences sont antérieures au conflit, mais, comme beaucoup de monde, de nombreux agents de santé ont également fui les hostilités et certains se sont trouvés dans l'impossibilité de retourner à leur travail.
Depuis le début du conflit en juillet, l'OMS collabore avec le Ministère de la santé publique et d'autres partenaires de la santé pour porter une assistance immédiate aux personnes touchées, notamment en assurant eau potable, désinfection, soins de santé, vaccins et médicaments.
Le défi que doit relever le secteur de la santé dans l'immédiat est de faire face aux besoins des personnes qui ont été déplacées, en particulier des celles qui ont perdu leur logement et leur gagne-pain.
A moyen terme, il est capital de rétablir et d'améliorer les systèmes de santé dans les zones les plus affectées par le conflit, notamment en assurant la présence d'un personnel qualifié en nombre suffisant.
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