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Grippe pandémique : agir dès maintenant et à long terme pour augmenter considérablement l’approvisionnement en vaccins

Plusieurs activités prévues dans le nouveau plan d’action mondial de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour accroître l’approvisionnement en vaccins contre la grippe pandémique nécessitent dès maintenant une intervention et un financement à long terme au cas où apparaîtrait un virus auquel presque toute l’humanité serait vulnérable.

« Il manque actuellement plusieurs milliards de doses de vaccin pour protéger la population mondiale contre une pandémie de grippe. Cette situation pourrait donner lieu à une crise de santé publique », a déclaré le Dr Marie-Paule Kieny, Directeur de l’Initiative de l’OMS pour la recherche sur les vaccins. « Le plan d’action mondial indique ce qu’il faut faire, dès à présent, pour augmenter la capacité de production et remédier au manque de vaccins. En l’espace de trois à cinq ans, on pourrait commencer à obtenir des résultats qui sauveraient de nombreuses vies en cas de pandémie. »

Le plan d’action mondial repose sur les avis de plus de 120 experts travaillant pour les programmes nationaux de vaccination, les autorités nationales de réglementation, des organismes scientifiques et des fabricants de vaccins dans les pays industrialisés et les pays en développement.

Il énonce, par ordre de priorité, des solutions pratiques pour suppléer au manque de vaccins en cas de grippe pandémique ; ces solutions sont regroupées en huit stratégies prévoyant des activités à court terme (résultats tangibles obtenus en moins de cinq ans), à moyen terme (entre cinq et dix ans) et à long terme (plus de dix ans) qui doivent être entreprises simultanément.

« La vaccination est une arme cruciale pour limiter les conséquences d’une pandémie de grippe. Une action immédiate et concertée pour augmenter l’approvisionnement en vaccins pourrait se révéler extrêmement payante, » a déclaré le Dr David L. Heymann, Sous-Directeur général de l’OMS chargé des maladies transmissibles. « De plus, il est indispensable que les pays continuent de se communiquer leurs données sur les virus grippaux et les séquences géniques pour soutenir l’effort mondial en matière de vaccination, » a t il ajouté.

Le plan d’action mondial définit une approche en trois points pour remédier au manque de vaccins :

  • vacciner davantage de personnes contre la grippe saisonnière pour, outre les protéger contre cette forme de grippe, provoquer une augmentation de la demande qui incitera l’industrie à produire plus ;
  • accroître la capacité de production, par exemple en améliorant les rendements et en construisant de nouvelles unités de production ;
  • intensifier la recherche-développement en vue :
    • de concevoir des vaccins plus performants et plus efficaces qui conféreraient une protection après l’administration d’une seule dose et/ou une immunité durable à large spectre ;
    • de produire des vaccins de manière plus efficace, en moins de temps.

En tenant compte des seules forces du marché, on estime que, d’ici 2008-2009, la production du vaccin anti-grippe pandémique ne dépassera pas 2,34 milliards de doses par an. À l’heure actuelle, la capacité de production du vaccin contre la grippe saisonnière est de 350 millions de doses. De telles quantités sont bien inférieures à la demande qu’engendrerait une pandémie de grippe, face à laquelle on sera certainement amené à envisager de vacciner les 6,7 milliards d’habitants de la planète. La pénurie redoutée vient en particulier de ce qu’il faudra probablement deux doses de vaccin par personne pour que chacun soit protégé.

Les nouvelles technologies joueront un rôle important dans la mise au point du meilleur vaccin possible contre la grippe pandémique. Le vaccin idéal serait sans danger et hautement protecteur et une seule dose suffirait à protéger tous les groupes cibles (nourrissons, personnes âgées, etc.) pendant au moins un an. Il ne nécessiterait qu’une faible quantité d’antigène viral et pourrait être conservé sans réfrigération. Enfin, il pourrait être fabriqué facilement et à peu de frais à grande échelle.

La mise en œuvre du plan d’action mondial exige des pays, de l’industrie et de la communauté sanitaire mondiale un effort concerté et soutenu ainsi que des investissements importants. On estime à US 1$ par dose l’investissement en capital nécessaire rien que pour construire de nouvelles installations de production. Les investissements réalisés en application du plan amélioreront considérablement la production et l’utilisation des vaccins contre la grippe saisonnière, responsable chaque année de trois à cinq millions de cas de maladie grave et de 250 000 à 500 000 décès dans le monde.

Le Dr Peter Salama, qui dirige l’unité Survie et vaccination de l’enfant de l’UNICEF, a déclaré : « Notre institution est heureuse d’appuyer le plan d’action mondial. Nous travaillons de concert avec l’OMS pour faire en sorte que les pays en développement puissent utiliser le vaccin anti-pandémie rapidement et efficacement lorsqu’il sera disponible et protéger ainsi les enfants les plus vulnérables et leur famille. »

L’aide aux pays en développement est d’une importance cruciale. Ils auront notamment besoin d’aide pour évaluer l’impact de la grippe sur leur population et pour élaborer et mettre en œuvre des programmes de vaccination contre la grippe saisonnière, y compris pour l’achat du vaccin, dont une dose coûte actuellement entre US $3 et 7 environ.

Aujourd’hui, les Etats-Unis d’Amérique ont annoncé qu’ils verseraient US $10 millions à l’OMS pour contribuer à la mise au point du vaccin antigrippal et au développement de l’infrastructure de production dans les autres pays. D’autres contributions devraient être annoncées.

Fort de son expérience de la production de vaccins pour son propre usage, le Canada figure aussi au nombre des pays qui appuient le plan d’action mondial. « Le Canada attache une grande importance à sa propre capacité de production d’un vaccin contre la grippe pandémique, mais nous ne pouvons pas nous soucier que de nous. La communauté mondiale se doit de mener une action concertée pour suppléer au manque de vaccins », a déclaré M. Tony Clement, Ministre canadien de la Santé.

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Melinda Henry
Département de l’OMS Vaccination
vaccins et produits biologiques
Téléphone : +41 22 791 2535
Tél. portable : +41 79 477 1738
Courriel : henrym@who.int

Dick Thompson, chef d’équipe
Communication pandémie et flambées épidémiques
Téléphone : +41 22 791 2684
Courriel : thompsond@who.int

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