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L'OMS et ses partenaires accélèrent la lutte contre les médicaments contrefaits

Près de 50% des médicaments vendus sur des sites internet douteux sont des contrefaçons

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) et plus de 20 partenaires internationaux lancent aujourd'hui un train de mesures visant à aider les autorités nationales à protéger leurs populations contre les dangers des médicaments contrefaits.

Lors de l'ouverture à Bonn de la première réunion officielle d'IMPACT (le Groupe spécial international anti-contrefaçon de produits médicaux), l'OMS et ses partenaires ont rendu public un programme portant sur la législation, la répression, la réglementation, la technologie et la communication. IMPACT met également en garde contre l'achat de médicaments par l'intermédiaire de sites internet douteux et attire l'attention des gouvernements sur le fait que les lois existantes sur la contrefaçon de médicaments sont inappropriées et n'ont pas d'effet dissuasif.

Parmi les médicaments contrefaits on trouve des produits ne contenant aucun principe actif mais aussi d'autres qui contiennent des substances hautement toxiques. Ils peuvent nuire aux patients par leur incapacité à traiter des maladies graves, ils peuvent provoquer une pharmacorésistance et dans certains cas entraîner la mort.

Les dernières estimations établies conjointement par l'OMS, l'OCDE et le Pharmaceutical Security Institute révèlent que dans certaines zones de l'Amérique latine, de l'Asie du Sud-est et de l'Afrique sub-saharienne plus de 30% des médicaments sont des contrefaçons. Dans les économies émergentes cette proportion est estimée à 10%, mais dans beaucoup des ex-républiques soviétiques elle peut atteindre 20%. Dans les pays riches, où il existe des mécanismes de contrôle réglementaire puissants, les contrefaçons représentent moins de 1% de la valeur de marché, mais 50% des ventes illégales sur internet concernent des médicaments contrefaits.

"Les répercussions sur la vie des personnes que dissimulent ces chiffres sont désastreuses," a déclaré le Dr Howard Zucker, Sous directeur général de l'OMS pour la technologie de la santé et les produits pharmaceutiques. "Qu'ils soient riches ou pauvres, de nombreux malades prennent en toute confiance des médicaments qui risquent d'aggraver leur mal ou de les tuer. En outre, les ressources précieuses consacrées à l'achat de tels médicaments sont dépensées en pure perte."

Les systèmes juridiques de la plupart des pays ne considèrent pas la contrefaçon de médicaments comme un crime plus grave que la contrefaçon de produits de luxe tels que sacs ou montres. Leurs lois sont davantage conçues pour protéger des marques que la santé des populations. Dans certains pays industrialisés, la contrefaçon de t-shirts est punie plus sévèrement que la contrefaçon de médicaments.

L'OMS et ses partenaires d'IMPACT présenteront des principes directeurs pour une législation modèle afin d'aider les pays à adapter leurs lois à la gravité de ce crime. "L'un des principaux objectifs est de faire admettre aux pays que la contrefaçon constitue un crime contre la sécurité humaine et de leurs faire introduire ce principe dans leurs lois," a ajouté le Dr Zucker.

C'est également par la législation, la réglementation et la répression qu'il faut traiter la vente de médicaments contrefaits sur internet, qui bat déjà son plein dans les pays industrialisés et qui se développe dans un certain nombre d'économies émergentes en Amérique latine et en Asie.

Certaines pharmacies en ligne ont une existence tout à fait légale et ont été créées pour faciliter la vie des clients et pour leur permettre de faire des économies. Elles exigent des ordonnances et font livrer les médicaments par des unités de production autorisées. D'autres pharmacies sur internet opèrent dans l'illégalité, en vendant des médicaments sans ordonnance et en utilisant des produits non approuvés ou contrefaits. Ces pharmacies hors la loi sur internet sont gérées de manière internationale, n'ont pas d'adresse professionnelle enregistrée et vendent des produits dont l'origine est inconnue ou douteuse.

"Il faut faire davantage dans ce domaine", a expliqué le Dr Valerio Reggi, Coordonnateur d'IMPACT pour l'OMS. "Mais pour le moment le message est le suivant: ne prenez pas le risque d'acheter des médicaments d'origine inconnue, comme sur internet. Si vous devez en acheter sur internet, assurez-vous que le site est celui d'une pharmacie que vous connaissez et à laquelle vous faites confiance."

Sur la plan technologique, l'OMS a mis les fournisseurs au défi de proposer de nouvelles technologies ou d'adapter celles qui existent déjà afin de prévenir la contrefaçon et de détecter et de localiser les contrefaçons sur les marchés et sur les sites internet.

L'OMS est en train d'examiner les propositions de trois entreprises de téléphonie mobile qui consistent à appliquer leurs technologies pour vérifier l'authenticité des produits médicaux. Des technologies basées sur l'ADN, la nanotechnologie et d'autres méthodes seront évaluées par IMPACT au cours du premier trimestre 2007.

Afin d'améliorer la communication, un petit groupe a été constitué pour mettre à jour en permanence les données relatives à la contrefaçon médicale et partager ces informations avec les partenaires d'IMPACT. En outre, des campagnes de sensibilisation comportant notamment des messages d'intérêt public, des films explicatifs et d'autres matériels destinés à susciter une prise de conscience ont commencé à viser divers secteurs professionnels susceptibles d'être confrontés au problème des contrefaçons. Des organisations de professionnels de la santé et de consommateurs appuient ces initiatives.

Trois pays connaissant une forte proportion de contrefaçons ont déjà commencé à attaquer le problème avec l'aide d'IMPACT. L'Indonésie et le Mali ont lancé de vastes campagnes d'éducation du public sur les dangers des contrefaçons et pour dissuader les gens d'acheter les moyens de se soigner au marché noir. Le Vietnam est en train d'élaborer des mécanismes permettant d'assurer une meilleure coordination entre les organismes de réglementation, la police, les douanes et les autorités provinciales, afin d'améliorer la détection des médicaments contrefaits et des faussaires.

"Il est clair qu'il ne suffit pas d'agir dans un seul domaine, comme celui de la législation ou celui de la technologie pour résoudre le problème", a précisé le Dr Reggi. "C'est la raison pour laquelle nous devons agir selon cinq axes - législation, répression, réglementation, technologie et communication. C'est aussi pourquoi nous devons coordonner nos actions au niveau mondial. Mais le fait que des pays prennent déjà individuellement les choses en main augure bien de l'avenir."

D'ici la fin de 2007, IMPACT espère que tous les 193 Etats Membres de l'OMS collaboreront pour faire échec à la contrefaçon mondiale et nationale de produits médicaux.

Pour davantage de faits et de données sur la contrefaçon médicale, voir:

Pour plus d'informations:

Daniela Bagozz
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