Dégradation de La Situation Sanitaire Au Soudan
Besoin urgent de fonds pour sauver de nombreuses vies
30 mars 2006 | Geneva - L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a averti aujourd'hui qu'il fallait trouver immédiatement des fonds pour les interventions sanitaires au Soudan si l'on veut éviter des conséquences désastreuses pour la santé de millions de personnes dans ce pays.
L'insuffisance actuelle des moyens financiers, s'accompagnant de problèmes de sécurité dans certaines régions comme le Darfour, entraînera une réduction de l'accès à l'eau et aux services de santé avec, pour corollaire, la possibilité d'une augmentation importante du nombre des cas de paludisme, de méningite, d'affections diarrhéiques, d'infections respiratoires aiguës et de rougeole.
Dans le cadre du Plan de travail des Nations Unies pour le Soudan, l'OMS a élaboré 20 projets pour améliorer la santé de la population soudanaise. Ceux-ci sont axés sur l'amélioration de l'information et de la coordination, l'accès aux soins hospitaliers, les systèmes de recours avec des soins de santé primaires stratégiques, la lutte contre les maladies transmissibles, la surveillance et l'action en cas de flambées, l'hygiène du milieu.
« L'OMS et ses partenaires ont besoin d'un soutien financier durable pour pouvoir continuer à soulager les souffrances et sauver des vies au Soudan. On peut s'attendre à une augmentation importante de l'incidence des maladies et du nombre des décès évitables si l'on ne trouve pas immédiatement les US $24 millions qui manquent pour la santé », constate le Dr Ala Din Alwan, Représentant du Directeur général pour les Interventions sanitaires en cas de crise.
Les maladies transmissibles sont la principale cause de mortalité au Soudan. Au cours des six derniers mois, il y a eu dans ce pays des épidémies majeures de diarrhée aqueuse aiguë, de choléra, de dengue, de fièvre jaune, d'orthopoxvirose simienne et de méningite qui ont accentué la pression sur des services de santé déjà débordés.
Grâce à la rapidité de la détection et de l'action, l'OMS et ses partenaires ont réussi à soigner les malades et à sauver des vies. Mais, comme l'explique le Dr Guido Sabatinelli, Représentant de l'OMS au Soudan, « un déficit ou un retard des financements pourrait compromettre les progrès de 2004 et de 2005 et accroître les risques sanitaires pour des millions de personnes ».
Actuellement, des flambées de méningite sévissent dans 15 des 25 états du Soudan. On a signalé 1 335 cas, dont 145 mortels, et six états (Nil Bleu, Guedaref, Kordofan méridional, Kassala, Ouarab et Bahr El Ghazal occidental) ont des taux d'infection au-dessus du seuil épidémique. Dans deux états du Sud Soudan, Ouarab et Bahr El Ghazal occidental, il y a eu selon les rapports 774 cas, dont 121 mortels, du 21 février au 27 mars 2006. Il est probable que la maladie continuera de se propager en raison de l'accès insuffisant aux médicaments essentiels, aux vaccins et des moyens limités du système de surveillance en place dans les zones à haut risque.
Au 27 mars 2006, la flambée actuelle de diarrhée aqueuse aiguë avait touché 9 394 personnes, parmi lesquelles 248 sont mortes, dans sept des dix états du Sud Soudan. On signale tous les jours des cas dans de nouvelles localités et la situation impose un contrôle et des interventions continues.
Il faut d'urgence trouver des fonds pour garantir une coordination globale des interventions dans le secteur sanitaire, une riposte rapide aux flambées, une amélioration de l'assainissement, l'accès aux services de santé, aux médicaments essentiels, à l'eau propre et une préparation accrue, en particulier avant le début de la saison des pluies (juin/juillet).
L'OMS continue de collaborer avec ses partenaires pour veiller à ce que des mesures efficaces soient prises dans les domaines de la lutte, de la coordination et des interventions, afin d'endiguer les épidémies et de sauver des vies.
Pour plus d'informations, veuillez prendre contact avec:
Emma Fitzpatrick
Organisation mondiale de la Santé
Khartoum, Soudan
tél. : (+249) 912167156 ;
courriel : fitzpatricke@sud.emro.who.int
Marko Kokic
Organisation mondiale de la Santé
OMS/Genève
tél. : (+41 22) 791 2448
courriel : kokicm@who.int