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Fin de l'Assemblée mondiale de la Santé : adoption de résolutions cruciales pour la santé publique dans le monde

L’Assemblée de la Santé a insisté pour que l’éradication de la poliomyélite soit menée à terme, en l’honneur de feu le Directeur général, le Dr LEE Jong-wook

La cinquante-neuvième session de l'Assemblée mondiale de la Santé, organe décisionnaire suprême de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), a pris fin aujourd'hui. Elle a réuni du 22 au 27 mai plus de 2200 personnes représentant les 192 Etats Membres de l'OMS, des organisations non gouvernementales et d'autres observateurs.

La Cinquante-Neuvième Assemblée de la Santé s’est ouverte dans la tristesse après le décès inopiné, lundi matin, du Dr LEE Jong-wook, Directeur général de l’OMS. Le Dr Lee, âgé de 61 ans, était en poste depuis juillet 2003.

Mme Elena Salgado, Ministre espagnol de la santé, a officiellement ouvert la session et témoigné que le Dr LEE était une personne exceptionnelle et un Directeur-général exceptionnel. L’Assemblée a observé deux minutes de silence. Des centaines de délégués ont signé des livres de condoléances, et quantité d’hommages et de messages ont été reçus du monde entier.1

Réuni en session extraordinaire le 23 mai, le Conseil exécutif a nommé le Dr Anders Nordström, jusque là Sous-Directeur général chargé de l’Administration, Directeur général par intérim jusqu’à ce qu’un nouveau Directeur général soit nommé et entre en fonction.

La Cinquante-Neuvième Assemblée mondiale de la Santé était présidée par le Professeur Paulo Ivo Garrido, Ministre de la Santé du Mozambique.

Le Dr Bill Kean, Directeur exécutif du Bureau du Directeur général, a donné lecture de passages du discours que devait prononcer le Dr Lee. Dans son allocution, le Dr Lee disait sa volonté de s’attaquer aux problèmes difficiles et de modifier les attentes. « En matière de réforme, l’action compte plus que les mots », avait-il écrit. « J’espère que l’action de l’Organisation parle d’elle-même. » Dans son rapport, il insistait, entre autres, sur la nécessité de remédier rapidement à la pénurie de personnel de santé, de garantir l’accès universel au traitement contre le VIH/SIDA d’ici 2010, de combattre beaucoup plus résolument le paludisme et d’éradiquer la poliomyélite.

L’Assemblée a également pu entendre un jeune militant et poète kenyan, Johnson Mwakasi, qui, dans un poème intitulé « Underneath the Veil », a dénoncé avec véhémence la stigmatisation dont sont victimes les personnes vivant avec le VIH/SIDA.

L’orateur principal était Son Altesse royale le Prince de Galles, Président de la « Prince’s Foundation for Integrated Health », et qui parraine plusieurs œuvres caritatives pour la santé. Le Prince a souligné l’importance de la santé intégrée, qui suppose notamment une approche intégrée de la nutrition, de la médecine, de l’agriculture, de l’environnement et de la politique sociale.

Pendant six jours, les délégués de 187 Etats Membres et plus de 500 représentants de 75 organisations non gouvernementales ont pris part aux débats sur plusieurs questions et résolutions.

Dans les observations qu’il a formulées à la dernière séance plénière de l’Assemblée, le 27 mai, le Dr Anders Nordström, Directeur général de l’OMS par intérim, a évoqué le souvenir du Dr Lee et sa détermination à éradiquer la poliomyélite : « En sa mémoire et en hommage à tout ce qu’il représentait, engageons-nous à tout mettre en œuvre pour atteindre rapidement cet objectif. »

Le présent communiqué récapitule les décisions prises par la Cinquante-Neuvième Assemblée mondiale de la Santé et certaines des questions qu’elle a examinées. Le texte intégral de tous les documents de l’Assemblée, y compris des résolutions, peut être consulté à l'adresse www.who.int/mediacentre/events/2006/wha59/

Les moments forts de l'Assemblée furent l’accord pour l’application volontaire immédiate de certaines dispositions du Règlement sanitaire international,2 en particulier celles qui ont trait à la grippe aviaire et à une éventuelle pandémie de grippe humaine. Les dispositions qui pourront faire l'objet d'une application volontaire précoce concernent notamment la notification rapide des cas en toute transparence, une aide aux pays qui le souhaitent pour l'examen et l'endiguement des flambées épidémiques et la communication d'informations essentielles, dont des recommandations sur les mesures de lutte à appliquer. Officiellement adopté en 2005 par la Cinquante-Huitième Assemblée mondiale de la Santé, le Règlement sanitaire international (2005) entrera en vigueur en 2007.

Afin de faciliter l’éradication de la poliomyélite, l’Assemblée a adopté une résolution dans laquelle elle demande de faire porter les efforts sur l’interruption de la transmission dans les zones où la poliomyélite est endémique, d’appliquer rapidement les mesures de riposte prévues en cas d’importation du poliovirus et de donner des avis techniques sur la préparation de l’après-éradication. Pendant l’Assemblée, l’OMS a remis une distinction à l’un des instigateurs de l’action menée à l’échelle mondiale en vue d’éradiquer la poliomyélite, M. William T. Sergeant, qui a dirigé pendant 12 ans le programme d’éradication au sein de Rotary International.3

En ce qui concerne le VIH/SIDA, les Etats Membres ont félicité l’OMS de sa contribution à l’initiative « 3 millions d’ici 2005 » et ont approuvé sans réserve l’idée d’un plan quinquennal visant l’accès universel. Il sont examiné trois points précis, le premier étant la contribution de l’OMS à l’accès universel, à la prévention, au traitement et aux soins. L’Assemblée a ensuite adopté une résolution sur la nutrition et le VIH/SIDA, dans laquelle elle demande aux Etats Membres de s’attacher à intégrer la nutrition dans toutes les politiques et tous les programmes concernant le VIH/SIDA et que des dispositions soient prises pour permettre aux pays d’élaborer des politiques et programmes fondés sur des bases factuelles dans le domaine du VIH/SIDA et de la nutrition. Elle a également adopté une résolution dans laquelle elle invite l’OMS à collaborer plus étroitement avec d’autres institutions et donateurs du système des Nations Unies afin de mieux coordonner le soutien apporté aux pays dans l’action qu’ils mènent contre le VIH/SIDA.

Dans une résolution sur la nutrition chez le nourrisson et le jeune enfant, l’Assemblée invite instamment les Etats Membres à renouveler leur engagement en faveur de politiques et programmes relatifs à la mise en œuvre du Code international de commercialisation des substituts du lait maternel, et à relancer l’initiative des hôpitaux « amis des bébés », et prie le Directeur général de mobiliser un appui technique pour la mise en œuvre et le suivi indépendant du Code.

L’Assemblée a adopté un projet de stratégie de lutte contre les infections sexuellement transmissibles (IST). La stratégie mondiale servira de cadre aux pays pour améliorer et développer leur programme de lutte contre les IST et pour le rattacher à d’autres services relevant de la planification familiale, de la santé maternelle, de la prévention du VIH et des soins aux VIH-positifs. L’Assemblée a insisté sur l’importance d’interventions globales qui couvrent à la fois l’information, l’acquisition de compétences pratiques, la pédagogie et les soins pour prévenir et prendre en charge les IST, en particulier chez les jeunes.

Consciente de la nécessité de rendre les médicaments, les vaccins et les services diagnostiques accessibles dans les pays en développement, l’Assemblée est également convenue de la création d’un groupe de travail intergouvernemental ouvert à tous les Etats Membres intéressés et chargé de concevoir, d’après les recommandations de la Commission sur les droits de propriété intellectuelle, l’innovation et la santé publique, une stratégie et un plan d’action mondiaux qui serviront de cadre à moyen terme. Le groupe de travail rendra compte à la Soixantième Assemblée mondiale de la santé de l’état d’avancement de ses travaux, en s’intéressant plus particulièrement à la recherche axée sur les besoins et aux autres domaines où une mise en œuvre rapide est envisageable. Il présentera le projet définitif de stratégie et de plan d’action à la Soixante et Unième Assemblée mondiale de la Santé.

L’Assemblée a adopté une résolution sur le commerce international et la santé dans laquelle elle invite instamment les Etats Membres à coordonner, au niveau national, les politiques commerciales et sanitaires entre les ministères des finances, de la santé et du commerce et à nouer un dialogue avec d’autres acteurs des secteurs public et privé sur les défis et les opportunités que le commerce international et les accords commerciaux présentent pour la santé publique. L’Assemblée y demande par ailleurs au secrétariat de l’OMS de fournir un appui aux Etats Membres pour qu’ils puissent veiller à la cohérence de leurs politiques concernant le commerce et la santé et de collaborer avec d’autres organisations internationales compétentes pour rendre cohérentes les politiques des secteurs du commerce et de la santé, obtenir et échanger des données factuelles sur les liens entre commerce et santé.

L'Assemblée mondiale de la santé s'est déclarée préoccupée par la détérioration de la situation économique et sanitaire et par la crise humanitaire dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est et dans le Golan syrien occupé. Elle a adopté une résolution dans laquelle elle prie le Directeur général d'organiser une réunion d'urgence d'une journée sur cette question et de continuer à soutenir les services de santé palestiniens.

Compte tenu de la pénurie de personnels de santé et du rôle primordial des ressources humaines dans le bon fonctionnement des systèmes de santé des pays, l'Assemblée a adopté une résolution sur l'accélération de la production de personnels de santé, dans laquelle elle demande instamment aux pays d'encourager la formation, y compris en favorisant le concept des partenariats de formation, et le soutien financier des établissements de formation en santé dans les pays en développement. L'OMS apportera un soutien technique aux Etats membres dans ces efforts. L'Assemblée a aussi confirmé sa volonté de renforcer les soins infirmiers et obstétricaux, notamment en mettant sur pied des programmes qui aident à recruter des effectifs suffisants et à fidéliser le personnel infirmier et obstétrical et elle a demandé à l'OMS de garantir la participation des infirmières et des sages-femmes à la planification des ressources humaines pour la santé.

Un nouvelle alliance a par ailleurs été lancée le 25 mai pour lutter contre la pénurie d'infirmières, de médecins, de sages-femmes et d'autres personnels de santé à l'échelle mondiale. L'Alliance mondiale pour les personnels de santé4 cherchera des approches pratiques pour améliorer les conditions de travail et gérer les problèmes de migration et entamera un programme visant à former un plus grand nombre de professionnels de la santé dans les pays frappés par la pénurie. L'Alliance servira en outre de centrale d'information internationale et d'organe de surveillance.

Les Etats membres se sont déclarés préoccupés par le fait que bon nombre de pays ne sont pas préparés aux situations d'urgence et risquent de ne pas être capables d'affronter de grandes catastrophes. L'Assemblée a adopté une résolution sur la préparation aux situations d'urgence et l'organisation des secours, dans laquelle elle demande aux pays de continuer à renforcer leurs programmes nationaux de préparation aux situations d'urgence, d'organisation des secours, d'atténuation des effets et de relèvement, en s'attachant plus particulièrement à renforcer la capacité de résistance des systèmes de santé et des communautés. L'OMS envisagera et appliquera des mesures pour renforcer la participation de l'Organisation à la riposte humanitaire globale et constituera une base de données mondiale de références sanitaires techniques faisant autorité pour faciliter la riposte du secteur de la santé aux situations d'urgence et aux crises.

L'Assemblée a adopté le cadre décennal proposant des directions stratégiques à l'ensemble des partenaires de la santé à l'échelle mondiale, compte tenu des problèmes de santé mondiaux. Le "Programme mondial d'action sanitaire" prévoit sept domaines prioritaires qui consistent notamment à renforcer la sécurité sanitaire individuelle et mondiale, promouvoir la couverture universelle, influer sur les déterminants de la santé et renforcer les systèmes de santé. Ce programme fait suite à une vaste procédure de consultation avec les Etats membres et les partenaires, entamée depuis deux ans, qui a mis en lumière les graves lacunes constatées dans l'amélioration de la santé des populations, et en particulier des pauvres.

Reconnaissant que la drépanocytose est une maladie génétique particulièrement fréquente chez les personnes originaires d'Afrique sub-saharienne, d'Inde, d'Arabie saoudite ou de pays méditerranéens et que chaque année quelque 300 000 enfants naissent avec une anomalie majeure de l'hémoglobine, l'Assemblée a adopté une résolution visant à mettre en place des activités de prévention et de prise en charge de la drépanocytose et à soutenir les efforts déployés dans ce domaine, en particulier dans les pays à revenu faible ou intermédiaire concernés par cette maladie.

L'Assemblée a aussi décidé d'intensifier les efforts visant à prévenir la cécité évitable. Elle s'est fixé pour objectif d'éliminer la cécité évitable d'ici 2020 et de stopper et d'inverser la tendance qui, selon les projections, aboutirait à un doublement des déficiences visuelles évitables dans le monde. L'OMS continuera de poursuivre cet objectif en partenariat avec l'Organisation mondiale contre la Cécité, dans le cadre de l'initiative "Vision 2020 - le droit à la vue".

L'Assemblée s'est référée à la stratégie mondiale pour l'alimentation, l'exercice physique et la santé, approuvée par l'Assemblée en mai 2004 et dont l'objectif est de lutter contre la mauvaise alimentation et le manque d'exercice physique, qui sont deux des principaux facteurs de risque responsables de la charge de morbidité croissante imputable aux maladies chroniques, et notamment aux maladies cardiovasculaires, aux accidents vasculaires cérébraux, aux diabètes et au cancer. Selon le rapport biennal présenté à l'Assemblée, si des progrès ont été faits dans la mise en œuvre des recommandations de la stratégie, les résultats restent mitigés. L'OMS élaborera de nouvelles recommandations pour renforcer la mise en œuvre de cette stratégie.

L'Assemblée a rendu compte des résultats de la première session de la Conférence des Parties à la Convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac qui s'est tenue les 6 et 7 février 2006, et elle a confirmé la décision de la Conférence d'établir un secrétariat, appelé Secrétariat de la Convention, dans le cadre de l'OMS, qui sera basé à Genève.

Les résultats atteints par l'Alliance mondiale pour la sécurité des patients depuis son lancement, en octobre 2004, ont été salués par les Etats membres et les organisations non-gouvernementales. Il s'agit notamment de la participation active des Etats membres au défi mondial pour la sécurité des patients « Un soin propre est un soin plus sûr » et d'autres domaines d'action technique tels que les activités d'information et d'apprentissage et la participation active des patients.

L'Assemblée a aussi examiné un certain nombre de questions administratives.

Les questions ci-après ont été renvoyées pour examen au Conseil exécutif de janvier 2007:

  • destruction des stocks de virus variolique;
  • la promotion de la santé à l'heure de la mondialisation;
  • et le rôle et les responsabilités de l'OMS dans la recherche en santé.

Distinctions OMS
Le prix Sasakawa de la santé a été attribué à l'Union internationale contre la Lèpre (Inde) et au programme de santé rurale Agape (Programme de développement communautaire holistique) de Puerto Princesa City, Palawan (Philippines). Ce prix sera partagé entre les deux candidats. Les lauréats recevront US$ 40.000 chacun.

Le Prix de la Fondation des Emirats arabes unis pour la santé a été attribué à la Fondation Rafic Hariri (Liban) et à Mme Aminath Jameel, Directeur exécutif du Centre Manfaa sur le vieillissement (Maldives). Les deux lauréats recevront US$ 40.000 chacun.

Le Prix de l'Etat du Koweït pour la Recherche en Promotion de la Santé a été attribué au Programme d'intervention précoce en cas de psychose (EPIP) de Singapour. Le lauréat recevra US$ 20.000.

De nouveaux membres du Conseil exécutif ont été élus, dont deux membres supplémentaires. Le Conseil se composera désormais de 34 membres et non plus de 32, qui représenteront les pays ci-après: Afghanistan, Australie, Azerbaïdjan, Bahreïn, Bhoutan, Bolivie, Brésil, Chine, Danemark, Djibouti, El Salvador, Etats-Unis d'Amérique, Iraq, Jamahiriya arabe libyenne, Jamaïque, Japon, Kenya, Lesotho, Lettonie, Libéria, Luxembourg, Madagascar, Mali, Mexique, Namibie, Portugal, Roumanie, Rwanda, Singapour, Slovénie, Sri Lanka, Tonga, Thaïlande et Turquie.

Le Conseil exécutif se réunira du 29 au 31 mai. La question de l'élection d'un nouveau Directeur général sera inscrite à son ordre du jour.

L'Assemblée comptait cinq vice-présidents: M. A.A.Miguil (Djibouti), le Dr. M. Soledad Barria (Chili), M. Pehin Suyoi Osman (Brunei Darussalam) M. E. Nicolaescu (Roumanie) et le Dr. Siti Fadilah S. Supari (Indonésie).

Le président de la Commission A était le Dr. Anbumani Ramadoss (Inde) et celui de la Commission B le Dr Ali Jaffer Mohammad (Oman).


1 Hommage au Dr LEE Jong-wook
2 L'Assemblée mondiale de la Santé donne son accord à l'application volontaire immédiate des dispositions du Règlement sanitaire international (2005) qui concernent la grippe
3 WHO honours polio eradication visionary
4 La nouvelle alliance mondiale cherche à remedier à la pénurie mondiale de médecins, de personnels infirmiers et d’autres agents de santé

Pour de plus amples renseignements, prière de contacter:

Iain Simpson
chargé de communication
Bureau du Directeur général
Téléphone: +41 79 475 5534
Courriel: simpsoni@who.int

Christine McNab
chargé de communication
Bureau du Directeur général
Téléphone: +41 79 254 6815
Courriel: mcnabc@who.int

Fadéla Chaib
chargé de communication
Bureau du Directeur général
Téléphone: +41 79 791 3228
Mobile phone:+41 79 475 5556
Courriel: chaibf@who.int

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