Le Conseil exécutif de l’OMS s’attaque aux principaux problèmes de santé dans le monde
Figurent notamment à l’ordre du jour la rougeole, la poliomyélite, les maladies chroniques et la grippe pandémique
23 janvier 2007 | Genève - Le Conseil exécutif de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a ouvert lundi la première de ses deux sessions annuelles. Il a d'abord écouté une allocution du nouveau Directeur général, le Dr Magaret Chan, qui a souligné les succès récemment remportés en matière de santé publique et l'a rendu attentif à un certain nombre de menaces pour la santé dans le monde. Les 34 membres du Conseil aborderont toute une série de problèmes, et notamment la rougeole, le paludisme, la poliomyélite, la lutte contre les maladies chroniques, la grippe aviaire et la grippe pandémique, ainsi que l’application du Règlement sanitaire international.
Au début de son allocution, le Dr Chan a constaté : " Nous commençons nos débats dans une période qui, je le crois, donne matière à être optimiste pour la santé." Elle a souligné la "réussite spectaculaire" obtenue dans le domaine de la rougeole. L’OMS a annoncé la semaine dernière que le nombre de décès imputables à cette maladie avait été réduit à l’échelle mondiale de 60 % depuis 2000, dépassant ainsi la cible déjà ambitieuse de 50 % qui avait été fixée.
Le Dr Chan a exposé les répercussions plus larges pour la santé qu’avait la vaccination contre la rougeole. "Mais il y a encore mieux", a-t-elle ajouté. "Cette initiative délivre de plus en plus un ensemble d’interventions indispensables pour la survie et qui améliorent la santé : les moustiquaires contre le paludisme, la vitamine A pour stimuler le système immunitaire, les comprimés pour le déparasitage de façon à ce que les enfants puissent continuer d’aller à l’école, la vaccination antipoliomyélitique et la vaccination antitétanique pour les femmes enceintes."
"Pour moi, cette initiative est un modèle de ce que l’on peut réaliser avec une prestation intégrée des services. La valeur ajoutée de cette approche multiplie les pouvoirs de la santé publique."
Elle est ensuite revenue sur l’un de ses thèmes prioritaires, à savoir que l’action de l’Organisation mondiale doit être jugée à l’aune de son impact sur la santé des femmes et des populations africaines. Elle a fait observer que "les femmes et les Africains bénéficient déjà de notre action. Ce n'est pas une surprise car ces deux groupes sont soumis à de multiples menaces, dont un grand nombre retiennent toute notre attention, alors que nous nous efforçons d'atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement, auxquels je suis extrêmement attachée."
Le Dr Chan a abordé un autre progrès qui pourrait être considérable pour les enfants du monde entier, celui de l’éradication de la poliomyélite. Elle a fait part de la conclusion du Comité consultatif sur son éradication, à savoir qu’il est "techniquement possible d’interrompre la transmission de la maladie dans le monde" en précisant toutefois que la communauté internationale est maintenant confrontée à la question cruciale de savoir "si nous sommes en mesure de vaincre les obstacles opérationnels et financiers." Et elle a ajouté: " Je pense que nous devons faire un bilan très rigoureux des opérations menées au niveau des pays pour pouvoir effectivement interrompre la transmission partout dans le monde."
Elle a indiqué au Conseil qu’elle réunirait une consultation urgente de haut niveau les 27 et 28 février, dont le but sera "de définir une série de jalons en vue d’interrompre la transmission dans les quatre derniers pays d’endémie. La consultation portera aussi sur le financement nécessaire pour franchir ces étapes."
Le Dr Chan a insisté à nouveau sur la place prépondérante qu’elle accordait aux données factuelles. "Comme je l’ai dit, il n’y a de résultats que ceux qu’on peut mesurer… Si nous voulons définir un programme d’action sanitaire mobilisateur, il nous faut être attentifs non seulement aux besoins à satisfaire, mais aussi aux résultats que nous obtenons. Nous devons suivre notre progression pour rester dans la bonne voie."
Elle a poursuivi en évoquant la grippe aviaire et la menace de pandémie de grippe. "Le message est clair", a-t-elle affirmé : "Nous ne devons pas baisser la garde. Le monde entier vit sous la menace d’une pandémie de grippe imminente depuis plus de trois ans. Ces trois années nous ont montré à quel point le virus H5N1 est tenace chez les oiseaux."
Le Conseil a aussi pris connaissance du rapport présenté par le Dr Anders Nordström, Directeur général par intérim de l’OMS jusqu’au 3 janvier, sur l'activité de l’Organisation depuis mai 2006. Le Dr Nordström a souligné que depuis le décès en mai dernier du précédent Directeur général, le Dr LEE Jong-wook, l’OMS s’était constamment attachée à améliorer la santé des populations du monde entier.
Le Dr Nordström a exposé les principaux domaines dans lesquels des progrès avaient été enregistrés depuis – collaboration avec d’autres organismes des Nations Unies et avec la Banque mondiale, engagement direct au Sommet du G8 en juillet, conclusion de partenariats en assumant le rôle de chef de file, progrès dans le domaine de la lutte contre les maladies chroniques non transmissibles et les maladies transmissibles, y compris les maladies tropicales négligées. Il a également mis en évidence les réalisations importantes dans le domaine de la promotion des systèmes de santé et de la gestion de l’OMS.
Il ressort d'un rapport présenté au Conseil exécutif concernant la mise en oeuvre de la stratégie mondiale pour la lutte contre les maladies chroniques que malgré les progrès réalisés, il reste encore beaucoup à faire. L’épidémie mondiale des maladies chroniques perdure, provoquant 35 millions de décès en 2006, ce qui correspond à 60% des décès mondiaux. Et le nombre des décès devrait encore augmenter de 17 % au cours de la décennie à venir.
Parmi les autres points inscrits à l’ordre du jour du Conseil figurent la tuberculose; la sexospécificité, les femmes et la santé ; la santé bucco-dentaire ; les systèmes de santé ; et l’usage rationnel des médicaments, et notamment l’amélioration des médicaments destinés aux enfants. Pas moins de 10,5 millions d’enfants de moins de cinq ans meurent chaque année, pour la plupart de maladies curables. Des traitements existent mais certains ne sont pas disponibles sous des formes galéniques pédiatriques, ou alors ne sont pas accessibles dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.
Le Conseil abordera aussi toute une série d'autres points : la promotion de la santé ; ainsi que des rapports de situation sur la santé publique, l’innovation et la propriété intellectuelle, la prévention et la lutte anticancéreuses, les problèmes de santé publique provoqués par l’usage nocif de l’alcool et la Commission des Déterminants sociaux de la Santé.
Le Conseil exécutif se compose de 34 personnes désignées par les Etats Membres qui sont élus pour cela par l’Assemblée mondiale de la Santé. Il a pour principales fonctions de traduire dans les faits les décisions et les politiques de l’Assemblée, de la conseiller et de faciliter ses travaux d'une manière générale. Les travaux du Conseil se déroulent du 22 au 30 janvier.
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