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L'OMS propose un programme mondial sur les transplantations

Lancement d'un nouvel observatoire mondial avec l'Espagne

Cette semaine, lors de la deuxième consultation mondiale sur les transplantations, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a présenté aux pays et aux autres parties intéressées un modèle actualisé des principes directeurs mondiaux sur les dons et transplantations de cellules, de tissus et d'organes.

Ces principes visent à couvrir un certain nombre de problèmes : la pénurie mondiale de matériels humains, notamment d'organes, pour les transplantations ; le phénomène croissant du « tourisme de transplantation », dû en partie à la situation de pénurie ; la qualité, l'innocuité et l'efficacité des procédures de transplantation ; la traçabilité transfrontalière des matériels humains et la transparence dans ce domaine.

Les parties intéressées ont décidé de créer un Forum mondial de la transplantation, dirigé par l'OMS, afin d'aider et de soutenir les pays en développement à initier des programmes de transplantation et de travailler sur la mise en place d'un système mondial et unifié de codification des cellules, tissus et organes.

L'inquiétude de l'OMS à propos du nombre croissant de cas d'exploitation commerciale des matériels humains a été un thème central des débats.

« Les organes humains ne sont pas des pièces détachées, a rappelé le Dr Howard Zucker, Sous-Directeur général à l'OMS de Technologie de la santé et produits pharmaceutiques. Personne ne peut mettre un prix sur un organe destiné à sauver une vie. »

« L'inexistence ou le laxisme de la législation sur les dons d'organes et les transplantations encouragent le mercantilisme et le tourisme de transplantation, reconnaît le Dr Luc Noël, chargé à l'OMS du problème des transplantations. Si tous les pays s'accordent sur une approche commune et mettent un terme à l'exploitation commerciale, l'accès deviendra plus équitable et nous diminuerons le nombre des tragédies sanitaires. »

On considère de plus en plus que la transplantation est la meilleure solution en cas d'insuffisance d'un organe au stade terminal. C'est notamment le cas pour le rein par exemple. Sans transplantation rénale, soit le patient meurt, soit il devra subir des dialyses à vie, une procédure onéreuse, souvent hors de portée pour les malades les plus pauvres. La transplantation est également la seule option pour certaines affections hépatiques, comme les cirrhoses sévères ou les tumeurs du foie, ainsi que pour un certain nombre de cardiopathies graves.

Selon de récentes estimations transmises à l'OMS par 98 pays, le rein est l'organe le plus demandé. En 2005, on a procédé à 66 000 transplantations rénales, ce qui représente à peine 10 % des besoins estimatifs. Au cours de la même année, 21 000 foies et 6 000 cœurs ont été greffés. Les transplantations de reins comme de foies augmentent, mais la demande croît aussi et n'est toujours pas satisfaite.

Les rapports sur le « tourisme de transplantation » révèlent qu'il couvre, selon les estimations, 10 % de l'ensemble des transplantations pratiquées dans le monde. Le phénomène se développe depuis le milieu des années 90 avec la reconnaissance croissante des avantages thérapeutiques des greffes d'organes et avec les progrès des médicaments immunosuppresseurs, de plus en plus efficaces pour éviter le rejet de l'organe transplanté par l'organisme du receveur.

Les principes mis en avant par l'OMS soulignent que le patient en tant que personne, qu'il s'agisse du receveur ou du donneur, doit rester au centre des préoccupations ; que l'exploitation commerciale des organes empêche un accès équitable aux transplantations et peut être nocive pour les donneurs comme pour les receveurs ; que les dons d'organes par des donneurs vivants les exposent à de nombreux risques sanitaires que l'on peut éviter en faisant la promotion des dons d'organes prélevés sur les morts ; que la qualité, l'innocuité, l'efficacité et la transparence sont essentielles si la société veut profiter pleinement des avantages thérapeutiques de la transplantation.

« Le don d'organe par une personne vivante n'est pas sans risque, qu'il y ait eu paiement ou non. Le donneur doit bénéficier d'un suivi médical suffisant, ce qui est rarement le cas vu qu'il est souvent considéré comme une source de profits, a ajouté le Dr Luc Noël. Les prélèvements sur les morts éliminent le problème de sécurité du donneur et peuvent contribuer à réduire les trafics d'organes. »

L'action de l'OMS en matière de transplantation s'appuiera sur un observatoire mondial mis en place sous les auspices du gouvernement espagnol. Celui-ci, associé à la base mondiale OMS de connaissances, permettra aux autorités sanitaires comme au grand public d'accéder aux informations sur les dons, la pratique des transplantations, les cadres juridiques et les obstacles qui empêchent un accès équitable.

Note aux rédactions et aux journalistes

Les chiffres recueillis par l'OMS et compilés par l'observatoire mondial proviennent des questionnaires remplis par 98 pays regroupant près de 5,5 milliards d'être humains, soit environ 82 % de la population mondiale. Les pays se répartissent de la façon suivante : 41 dans la Région européenne, 21 dans les Amériques, 13 dans la Région du Pacifique occidental, 12 dans celle de la Méditerranée orientale, 8 en Asie du Sud-Est et 3 en Afrique.

En 2005, il y a eu 66 000 transplantations de reins, dont 60 % dans les pays industrialisés. Pour les 21 000 transplantations de foie et 6 000 transplantations cardiaques, 75 % ont eu lieu dans les pays industrialisés et émergents.

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