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L'OMS lance sur internet la révision de la classification internationale des maladies

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) lance un grand projet sur Internet pour réviser la norme mondiale applicable aux statistiques médicales et sanitaires – la Classification internationale des maladies (CIM). Pour la première fois, elle invite les parties intéressées à participer à la révision de la CIM au moyen d'une plateforme Internet.

Cette mise à jour est essentielle pour intégrer les progrès récents de la médecine et l'utilisation des technologies de l'information dans le domaine de la santé, ainsi que pour améliorer la base des comparaisons internationales. La dernière version de la CIM a été adoptée en 1990 par tous les États Membres de l'OMS, qui ont formellement accepté de s'en servir comme norme de notification des maladies et des décès. La première réunion du groupe d'orientation chargé d'encadrer la révision se tiendra au Japon du 16 au 18 avril 2007.

Tout utilisateur pourra introduire des propositions pour améliorer la CIM grâce à une nouvelle application sur Internet appelée "ICD-10 Plus" (http://extranet.who.int/icdrevision). Après inscription, tout utilisateur pourra contribuer à la révision et étayer sa proposition avec des preuves.

Les utilisateurs pourront également consulter ce que d'autres auront proposé et discuter des sujets sur un blog. Les propositions seront examinées par des groupes d'experts et rédigées dans le cadre d'un projet de CIM-11, qui constituera la deuxième étape du processus de révision. Le projet se présentera sous la forme d'un "wiki", semblable à l'encyclopédie "Wikipedia" bien connue sur Internet. Les règles éditoriales seront cependant plus strictes pour une rédaction commune de ce qui sera la prochaine version de ce bien public international.

Les maladies émergentes et l'évolution scientifique, associées aux progrès dans la prestation des services et les systèmes d'information sanitaires, imposent une révision de ce système mondial de classification. L'un des principaux besoins est de renforcer l'intérêt de la CIM pour les services de soins de santé primaires (cliniques, cabinets médicaux et services de proximité), qui traitent la plupart des patients. Un autre facteur déterminant est le développement des systèmes électroniques d'information sanitaire qui imposent la classification des dossiers médicaux électroniques selon la CIM.

De par sa nature, la CIM a un impact direct sur les soins de santé en influant sur les programmes de santé publique, la prévention, les remboursements et les traitements. Les pays s'en servent pour établir leurs statistiques sanitaires de base et surveiller leurs dépenses de santé. Des normes communes sont nécessaires pour comparer les résultats entre pays. La comparaison de l'espérance de vie entre le début du vingtième siècle et aujourd'hui, par exemple, n'a été possible que grâce à l'application de la CIM aux données sur la mortalité.

Les précédentes révisions de la CIM se sont fondées sur des conférences annuelles auxquelles participaient un nombre limité d'experts sélectionnés. La procédure par Internet, permettra d'élargir les contributions scientifiques et d'améliorer la transparence et les échanges entre un plus grand nombre d'utilisateurs, ce qui rendra cette révision plus utile à son stade final. La plateforme Internet donnera aussi la possibilité de tester la nouvelle classification, avant que les États Membres de l'OMS ne la reconnaissent comme norme mondiale.

La CIM a pour but de classer les maladies, les problèmes de santé connexes et les causes externes de maladies et de traumatismes afin de compiler des informations sanitaires utiles en ce qui concerne les décès, les maladies et les traumatismes (mortalité et morbidité).

Les origines de la CIM remontent au dix-neuvième siècle et elle avait pour but de classer les maladies à des fins de santé publique. Lors de la sixième révision, en 1948, l'OMS en est devenue la dépositaire. La CIM est la norme internationale de classification pour la mortalité et la morbidité.

Depuis l'adoption de la dixième révision par l'Assemblée mondiale de la Santé en 1990, la CIM est devenue la classification diagnostique internationale unique pour tout ce qui concerne l'épidémiologie générale et de nombreux problèmes de prise en charge sanitaire. Cela comprend l'analyse de la situation sanitaire générale des groupes de populations et la surveillance de l'incidence et de la prévalence des maladies et d'autres problèmes de santé en rapport avec certaines variables, comme les caractéristiques et les situations des sujets atteints.

Le classement est également utile pour aider la prise de décisions, établir les systèmes de remboursement et obtenir une documentation indépendante sur l'information médicale. La CIM-10 est utilisé pour classer les maladies et d'autres problèmes de santé figurant sur de nombreux types de dossiers sanitaires et démographiques, comme les dossiers hospitaliers ou les certificats de décès. En plus de permettre la conservation et la recherche des informations sur les diagnostics à des fins cliniques et épidémiologiques, ces rapports sont également le fondement de la compilation des statistiques nationales de la mortalité et de la morbidité dans les États Membres de l'OMS.

L'espace de travail sur Internet réunira les examens systématiques dégageant des données factuelles à partir de l'analyse des informations disponibles. L'OMS a créé divers groupes consultatifs thématiques devant jouer un rôle de planification et de coordination sur des questions spécifiques pendant le processus de révision.

Ces groupes rassemblent des responsables internationaux renommés de la santé et sont présidés par (lien hypertexte pour la liste complète):

  • Santé mentale : S. Hyman (Etats-Unis)
  • Causes externes : J. Harrison (Australie)
  • Maladies rares : S. Ayme (France)
  • Médecine interne : K. Sugano (Japon)

D'autres groupes sont en cours de formation. Un groupe d'orientation pour la révision surveillera la coordination et le professeur Christopher Chute de la Mayo Clinic College of Medicine aux USA, présidera aux tâches de portée générale.

Sur la plateforme OMS, la langue de travail sera l'anglais. Un réseau mondial de centres collaborateurs de l'OMS pourra faire fonctionner cette application en arabe, chinois, espagnol, français et russe (langues officielles des Nations Unies), tandis que d'autres partenaires pourront en assurer le fonctionnement dans d'autres langues (japonais par exemple) de façon à permettre la participation de toutes les parties intéressées. Ces centres transmettront aussi leurs propositions nationales ou régionales dans le système.

Grâce à cette plateforme, l'OMS collaborera avec toutes les parties intéressées, organisations gouvernementales et non gouvernementales, universités, industrie et grand public, pour que le nouveau système de classification corresponde le mieux possible à leurs besoins. On envisage trois versions distinctes de la nouvelle CIM : une version succincte pour les soins de santé primaire, une version détaillée pour un usage dans un cadre spécialisé et une version de pointe pour la recherche.

Le site Web sera ouvert à tous à partir du 16 avril.

Pour plus d'informations, veuillez prendre contact avec :

Dr Robert Jakob
Médecin
OMS, Genève
Tél.: +41 22 791 5877 ou + 41 22 791 2142
Courriel: jakobr@who.int

Christine Pulvermacher
Chargée de communication
OMS, Genève
Tél.: +41 22 791 5426
Courriel: pulvermacherc@who.int

Ligne médias
Tél.: +41 22 791 2222
Courriel: mediainquiries@who.int

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