Centre des médias

Selon un rapport de l’OMS, les accidents de la circulation sont la principale cause de décès chez les 10-24 ans

Nouveau rapport publié à l’occasion de la Première semaine mondiale des Nations Unies pour la sécurité routière

Selon un nouveau rapport publié par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), les accidents de la circulation représentent la première cause de décès chez les 10-24 ans. Ce rapport, intitulé « Les jeunes et la sécurité routière » révèle que près de 400 000 jeunes de moins de 25 ans sont tués dans des accidents de la circulation chaque année et des millions d’autres blessés ou handicapés.

La grande majorité de ces décès et traumatismes surviennent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Les taux les plus élevés se rencontrent en Afrique et au Moyen-Orient. Les jeunes issus de milieux défavorisés sur le plan économique sont les plus exposés dans tous les pays. Les garçons sont plus exposés que les filles dans tous les groupes d’âge jusqu’à 25 ans.

Faute d’une action plus poussée à l’échelle mondiale, le nombre de décès et de traumatismes risque d’augmenter considérablement. Le coût global des accidents de la circulation dans le monde est estimé à US $518 milliards, somme qui englobe le coût du préjudice matériel, des soins de santé et d’autres dépenses. Pour beaucoup de pays à revenu faible ou intermédiaire, le coût des accidents de la circulation représente entre 1 % et 1,5 % du PNB soit, dans certains cas, plus que ce qu’ils perçoivent au titre de l'aide au développement.

Selon les auteurs du rapport, la majorité de ces accidents sont prévisibles et évitables et ils impliquent souvent des enfants jouant dans la rue ou des jeunes piétons ou motocyclistes, des jeunes conducteurs et des usagers des transports publics.

Ils font remarquer que les enfants ne sont pas seulement de petits adultes. Leur taille, leur niveau de maturité, leurs intérêts et leur besoin de jouer et de pouvoir se rendre à l’école en toute sécurité justifient l'adoption de mesures spéciales de sécurité en leur faveur. En outre, ajoutent-ils, la protection des adolescents exige d’autres mesures telles qu’un abaissement du taux limite d’alcoolémie pour les jeunes conducteurs et l’instauration d’un examen pour l’octroi du permis de conduire.

L’OMS a décidé de lancer son rapport à l’occasion de la Première semaine des Nations Unies pour la sécurité routière (23-29 avril 2007), afin d’attirer l’attention sur les taux élevés de décès, traumatismes et incapacités consécutifs à des accidents de la circulation dont sont victimes des jeunes, à l’échelle mondiale. Le rapport Les jeunes et la sécurité routière cite des exemples de mesures adoptées par les pays pour améliorer la sécurité, comme l'abaissement des limites de vitesse, la répression de la conduite en état d’ivresse et l’encouragement de l’utilisation des ceintures de sécurité, des dispositifs de retenue pour enfant et du port de casque pour les motocyclistes ainsi que l’amélioration de l’état des infrastructures routières et la création d'espaces dans lesquels les enfants puissent jouer en toute sécurité, qui ont eu pour effet de réduire considérablement le nombre de décès et de traumatismes.

« L’absence de sécurité sur nos routes est devenue un obstacle important à la santé et au développement » a déclaré le Dr Margaret Chan, Directeur général de l’OMS. « Nos enfants et nos jeunes adultes sont parmi les plus vulnérables. Les accidents de la circulation ne sont pas une « fatalité ». Nous devons rejeter l’idée qu’ils sont inévitables et adopter une approche préventive dynamique. »

Le rapport Les jeunes et la sécurité routière s’accompagne d’un autre document relatant des expériences vécues, intitulé Faces behind the figures: voices of road traffic crash victims and their families qui a été élaboré conjointement par l’OMS et l’Association for Safe International Road Travel. Ce document présente les témoignages recueillis directement auprès des victimes, de membres de leurs familles et de leurs amis à la suite d'un accident de la circulation. Ces récits ont pour effet de conférer une dimension humaine et émotionnelle importante aux chiffres publiés dans de nombreux rapports sur la sécurité routière. Ils illustrent les effets dévastateurs potentiels de ces décès et de ces traumatismes sur les plans physique, psychologique, émotionnel et économique. Ils nous permettent aussi et surtout de mieux comprendre les intenses souffrances occasionnées par des décès et des traumatismes chaque année. Ils mettent aussi en lumière certaines initiatives entreprises par des associations de particuliers qui veulent faire partager leurs sentiments d'inquiétude, de frustration et de colère dans le souci d'améliorer la sécurité routière pour éviter que de tels accidents se reproduisent.

Voici un extrait des témoignages regroupés dans ce document :

  • Le 16 septembre 2002, Jane Njawe, 42 ans, se rendait en voiture en compagnie de deux autres personnes de Yaoundé, la capitale du Cameroun à Douala, dans le nord du pays. Après une heure de voyage, son véhicule se heurta à un autocar roulant en sens inverse à grande vitesse, qui avait entrepris de dépasser un camion dans un tournant, sans visibilité suffisante. Tous les occupants de la voiture furent blessés dans la collision. Contrairement à ses compagnons de voyage qui avaient été transportés vers l’hôpital le plus proche, Jane, elle, fut emmenée de façon inexplicable, dans un dispensaire de brousse insuffisamment équipé où elle mourut cinq heures plus tard d’une hémorragie, faute de sang nécessaire pour une transfusion. Elle laissait quatre enfants dont le dernier était âgé de 3 ans. Son mari, Pius Njawe, a constitué une organisation dénommée Justice and Jane pour perpétuer son souvenir et promouvoir la sécurité routière.

  • Le 29 août 2003, Balazs Geszti, hongrois de 24 ans, employé dans une boucherie, rentrait chez lui avec son beau-frère, Peter, au petit matin à l’issue d’une noce à laquelle tous deux avaient beaucoup bu. A peine arrivé, Balazs reçut un appel téléphonique de sa petite amie qui lui demandait de la rejoindre à une autre fête. Il reprit sa voiture et, roulant à vive allure, s’écrasa contre une barrière en béton à 100 km/h dans une zone où la vitesse était limitée à 50 km/h. Il fut tué sur le coup. Peter, qui est maintenant coordonnateur bénévole pour Habitat for Humanity pense que si son beau-frère n’avait pas bu et n’avait pas conduit à cette allure, il serait peut-être encore vivant aujourd’hui.

  • En 2002, dans le courant du mois de mai, Sateni Luangpitak, chauffeur de mototaxi en Thaïlande, entra en collision avec un autre véhicule. Sateni, qui a maintenant 28 ans, roulait à 80 km/h. Il fut projeté au sol où il heurta le trottoir avec la tête et l’épaule gauche. En dépit du fait qu’il portait un casque, il perdit connaissance. Un ami, Prayoon Muangme, estimant que les secours mettraient beaucoup trop de temps à arriver, le transporta vers un hôpital tout proche où, il apprit en arrivant qu’il n’y avait pas de service d’urgence. Il emmena alors son ami dans un autre dispensaire. Par chance, Satani n’était que légèrement blessé, sa tête ayant été protégée par le casque. Toutefois, il ne put travailler pendant un certain temps et demeure handicapé pour gagner sa vie.

La Première semaine mondiale des Nations Unies pour la sécurité routière est actuellement organisée par l’OMS, les commissions régionales de l’ONU et leurs partenaires en vue d’appeler l’attention sur les accidents de la circulation et de donner la parole aux jeunes. L’un des faits marquants de cette campagne mondiale sera l’Assemblée mondiale des Jeunes qui réunira à Genève (Suisse), les 23 et 24 avril 2007, de jeunes délégués de plus de 100 pays en vue de leur permettre d'échanger leurs expériences et de prévoir des activités communes pour améliorer la sécurité routière. Un certain nombre de personnalités mondiales telles que le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, le Premier Ministre britannique, Tony Blair et des célébrités comme Moby présenteront des allocutions pour l’ouverture de cette Assemblée mondiale de la Jeunesse.

« L'Assemblée mondiale de la jeunesse nous offre l'occasion de progresser et de prendre nos responsabilités. Le moment est venu de faire entendre nos voix. La Déclaration des jeunes sur la sécurité routière n'est qu'une première étape d'un long périple vers une amélioration de la sécurité des transports pour les jeunes du monde entier" a déclaré Nelly Ghossaini, une libanaise de 21 ans qui est la présidente de l'Assemblée mondiale de la jeunesse

Cette manifestation sera célébrée par les pays et les communautés du monde entier. Des centaines d’évènements devraient être organisés à l'échelon local, national et international par des gouvernements, des institutions internationales du système des Nations Unies et d’autres organismes internationaux mais aussi par des entreprises, fondations et associations du secteur privé qui oeuvrent en faveur de l’amélioration de la sécurité routiè

Pour plus d’informations, prière de contacter:

Laura Sminkey
Administrateur technique, OMS, Genève
Téléphone: +41 22 791 4547
Portable: +41 249 3520
Courriel: sminkeyl@who.int

Partager