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Nouvelle stratégie mettant l’accent sur les maladies de la pauvreté

Le programme de recherche de l'OMS concernant les maladies tropicales s'oriente vers les maladies émergentes

Le Programme spécial de recherche et de formation concernant les maladies tropicales (TDR) basé à l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a adopté une nouvelle stratégie visant à renforcer et élargir la recherche pour prévenir et combattre les "maladies infectieuses de la pauvreté".

La stratégie poursuit sur la lancée des 30 années d’activité au cours desquelles le Programme a mis au point de nouveaux médicaments, des stratégies d’administration et renforcé la capacité de recherche dans les pays où les maladies tropicales parasitaires sont endémiques. Le nouveau plan vise à faire face à certains problèmes que les pays en développement rencontrent dans le domaine des maladies émergentes, par exemple la co-infection tuberculose-VIH.

Au cours de la décennie à venir, TDR s’attachera avant tout à supprimer les goulets d’étranglement qui empêchent de faire profiter les populations pauvres et peu accessibles des soins de santé dont elles ont besoin et favorisera la recherche et l’engagement politique dans les pays où ces maladies créent des problèmes de santé importants.

Comme l’a dit le Directeur général de l’OMS, le Dr Margaret Chan, lors de la séance d’ouverture du Conseil conjoint de coordination de TDR mardi, "si nous voulons que l’amélioration de la santé serve de stratégie de réduction de la pauvreté, il faut que nous puissions atteindre les pauvres. C’est l’épreuve de vérité et c’est là que nous n’avons pas encore réussi. Je me félicite de voir que TDR se fixe désormais ce nouvel objectif".

Jeudi, le Conseil a approuvé la nouvelle stratégie pour dix ans. Le Conseil regroupe les quatre organismes coparrainants de TDR – le PNUD, l’UNICEF, la Banque mondiale et l’OMS – ainsi que 30 représentants des gouvernements de pays développés et en développement.

Selon les termes de sa stratégie, le TDR, l’un des principaux programmes du système des Nations Unies consacrés à la recherche en santé dans les pays en développement, est appelé à "favoriser un effort mondial de recherche efficace sur les maladies infectieuses liées à la pauvreté dans lequel les pays d’endémie jouent un rôle décisif".

Au cours des 30 dernières années, TDR a parrainé des travaux de recherche qui ont facilité la lutte contre la lèpre, l’onchocercose, la maladie de Chagas, la filariose lymphatique et la leishmaniose viscérale. Ces cinq maladies tropicales négligées, qui provoquaient précédemment des millions de décès ou d’incapacités chaque année, peuvent désormais être éliminées au niveau mondial ou régional « en grande partie grâce à des outils et à des stratégies mis au point grâce à des activités coordonnées par l’intermédiaire de TDR », comme l’a souligné le Dr Chan.

TDR a également lancé et parrainé les premiers essais de terrain à grande échelle de moustiquaires imprégnées d’insecticide au milieu des années 90, qui ont démontré qu’elles pouvaient sauver des vies dans le domaine de la lutte antipaludique.

Dans le cadre de la nouvelle stratégie, l’expérience et les réseaux de TDR concernant la recherche sur le terrain seront utilisés pour faire face à l’un des plus grands problèmes auxquels la communauté sanitaire mondiale doit faire face, à savoir l’accès aux soins de santé primaires des populations pauvres.

Une recherche sur l’application – c’est-à-dire une recherche qui vise à déterminer quels sont les meilleurs moyens d’utiliser les outils et les médicaments de manière plus efficace dans les communautés et les systèmes de santé – a toujours été un élément clé de l’activité de TDR.

Au milieu des années 90, par exemple, TDR a mis au point un modèle de traitement par l’ivermectine sous directives communautaires contre l’onchocercose, responsable de la cécité des rivières. Ce système d’administration est devenu le principal axe des stratégies de lutte dans des communautés rurales africaines peu accessibles où il n’y a pas de médecin ou de centre de santé. Les systèmes de traitement sous directives communautaires desservent désormais quelque 60 millions d’Africains, et d'ici 2010 couvriront près d'un million de personnes, soit près d’un sixième de la population sub-saharienne. L’effort de lutte contre l’onchocercose a été décrit comme l’une des campagnes de santé publique les plus réussies jamais menées dans les pays en développement (UNESCO, 2005).

Aujourd’hui, TDR aide des chercheurs africains à déterminer comment les systèmes sous directives communautaires pourraient être utilisés pour d’autres interventions essentielles de soins de santé primaires qui restent sous-utilisées, par exemple les moustiquaires imprégnées d’insecticide, le traitement antipaludique à domicile, le diagnostic et le traitement de la tuberculose et la supplémentation en vitamine A.

Pour le Dr Robert Ridley, Directeur de TDR, "la recherche appuyée par TDR a apporté un réel changement en raison d’un engagement à long terme des pays et des donateurs en faveur de la recherche en tant qu’élément déterminant de la lutte contre la maladie. Avec des experts du monde entier, surtout ceux des pays d’endémie, nous répertorions les problèmes de lutte contre la maladie ou les lacunes qu’il s’agit de résoudre ou de combler par la recherche. Nous parrainons ces travaux de recherche dans le cadre de partenariats pour arriver à des solutions fondées sur des bases factuelles qui peuvent être utilisées par les ministères de la santé, les organisations sanitaires mondiales et les responsables de la lutte contre la maladie.".

La recherche sur les moyens d’appliquer les solutions joue un rôle critique en vue d’atteindre le but plus large que s’est fixé l’OMS d’améliorer l’accès à des médicaments et à des outils permettant de sauver des vies. Comme l’a déclaré le nouveau Président du Conseil conjoint de coordination, le Dr Rolf Korte, "grâce à son expérience, le TDR possède certains des meilleurs modèles dans ce domaine et, à long terme, l’investissement en faveur de ce type de recherche permet de gagner du temps et de l’argent".

Au-delà des instances réservées aux experts, la nouvelle stratégie permettra d’associer des groupes élargis de partenaires qui seront appelés à évaluer et à proposer de nouvelles orientations pour la recherche contre certaines maladies et dans certains domaines thématiques. Une nouvelle plate-forme de gestion du savoir fondée sur le Web, TropIKA.net, est en train d’être mise sur pied avec plusieurs partenaires ainsi qu’une série de publications sur les tendances et les innovations concernant les maladies tropicales.

Parmi les exemples d’autres activités, on peut mentionner la recherche visant à définir comment et quand le traitement doit commencer pour ceux qui sont atteints de co-infection tuberculose-VIH et la mise au point de tests diagnostiques fiables et rapides pour des maladies telles que la tuberculose et la syphilis, notamment pour les communautés peu accessibles.

TDR met sur pied et élargit des réseaux étendus de découverte de médicaments avec le public et des partenaires industriels afin d’accélérer le criblage et l’identification de nouvelles filières novatrices potentielles pour des maladies telles que le paludisme, qui ne retiennent pas assez l’attention de la R&D du secteur privé. L’ancien Directeur général de l’OMS, le Dr Halfdan Mahler, qui a contribué à créer le programme au cours des années 70, a déclaré pour sa part : "Alors que l’OMS se prépare à écrire l’histoire de ses 60 premières années, tout chapitre sur les maladies tropicales mettrait en lumière l’immense contribution apportée par TDR aux stratégies de lutte de l’OMS.".

Pour plus d'informations, veuillez contacter:

Jamie Guth
Responsable communication, Maladies transmissibles et tuberculose
OMS, Genève
Tél.: +41 22 791 1538
Portable: +41 79 4412289
Courriel: guthj@who.int

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