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Les partenaires mondiaux relancent la lutte contre la maladie de Chagas

Définition d’une stratégie pour éliminer la maladie

Un nouvel effort pour éliminer la maladie de Chagas d’ici 2010 sera annoncé demain lors d’une réunion d’experts et de partenaires de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). La stratégie définie a pour but de répondre à des questions essentielles au sujet du traitement et de la maîtrise de la maladie de Chagas et de coordonner les efforts mondiaux visant à prévenir la transmission à travers un nouveau réseau mondial pour l’élimination de la maladie de Chagas.

"La création du réseau mondial OMS de lutte contre la maladie de Chagas intervient dans le contexte plus large du renouvellement des efforts de lutte de l’OMS contre les maladies tropicales négligées. Les perspectives concernant la réduction de la charge de morbidité entraînée par ces maladies ont totalement changé ces dernières années. Alors que la maladie de Chagas est maîtrisée dans de nombreux pays des Amériques, il conviendrait de renforcer l’engagement en faveur de l’élimination de cette maladie, désormais possible. Les cas recensés dans les pays où la maladie n’est pas endémique ont montré la nécessité d’un effort mondial." a déclaré le Dr Margaret Chan, Directeur général de l’OMS.

La maladie de Chagas est une maladie parasitaire grave, parfois mortelle, provoquée par un protozoaire (T. cruzi). Les premiers symptômes sont la fièvre, la fatigue, une adénopathie et des douleurs cardiaques mais au fil des ans, l’infection peut conduire à une maladie débilitante chronique provoquée par la destruction progressive du muscle cardiaque. Elle sévit surtout en Amérique latine où, au cours des années 80, plus de 20 millions de personnes auraient été infectées. Depuis, les pays d’Amérique latine ont déployé des efforts considérables pour lutter contre l’infection, à tel point que les estimations actuelles laissent supposer que moins de 8 millions de personnes seraient actuellement infectées. Toutefois, l’infection n’est plus confinée à cette région en raison de la transmission sanguine et des greffes d’organes. Des cas ont été recensés dans des pays où la maladie n’est pas endémique en Europe, au Canada et aux Etats-Unis d’Amérique.

Succès remarquables

Le Dr Mirta Roses, Directeur de l’Organisation panaméricaine de la Santé et Directeur régional de l’OMS pour la Région des Amériques a déclaré : "Des succès remarquables ont été obtenus dans la Région des Amériques en ce qui concerne l’élimination de la transmission vectorielle de la maladie de Chagas. Mais il reste beaucoup à faire pour réduire le risque de transmission aux receveurs de sang ou de produits sanguins prélevés sur des migrants en provenance de zones d’endémie et pour garantir le dépistage et le diagnostic de la maladie congénitale".

L’Organisation panaméricaine de la Santé (OPS) a travaillé avec les pays à la mise en place d’initiatives sous-régionales destinées à prévenir, maîtriser et traiter la maladie de Chagas avec des partenaires clés dont l’Agence japonaise de Coopération internationale (JICA), l’Agence canadienne de Développement international (ACDI), l’Agencia Española de Cooperación International (AECI), Médecins sans Frontières (MSF), le Centre de recherches pour le développement international (IDRC) et d’autres.

"Les succès remportés par l’Organisation panaméricaine de la Santé dans la lutte contre la maladie de Chagas constituent une contribution importante à la stratégie mondiale visant à éliminer cette maladie débilitante" a déclaré le Dr David L. Heymann, Sous-Directeur général de l’OMS pour les maladies transmissibles. "Le nouveau réseau mondial de l’OMS pour l’élimination de la maladie de Chagas nous permettra de mettre à profit et d’étendre les succès remportés en Amérique latine."

Le parasite responsable de la maladie de Chagas, T. cruzi, se transmet principalement par de gros insectes hématophages appelés triatomes ou réduves, souvent présents dans les maisons dans les communautés rurales pauvres d’Amérique latine. Mais le parasite peut également se transmettre par transfusion sanguine ou transplantation d’organes de donneurs infectés et occasionnellement d’une mère infectée à son enfant par passage transplacentaire. Dans certains régions, en particulier dans les pays du Cône sud de l’Amérique du Sud, l’infection chronique peut également donner lieu à de graves problèmes intestinaux nécessitant des opérations chirurgicales complexes.

Composé de groupes techniques dirigés par des experts, le réseau mondial de l’OMS se concentrera sur plusieurs aspects fondamentaux de la maladie de Chagas, à savoir:

  • le renforcement des systèmes d’information et de surveillance épidémiologique;
  • la prévention de la transmission par transfusion sanguine et transplantation d’organes dans les pays où la maladie est endémique et dans ceux où elle ne l’est pas;
  • la mise au point d’un ou de plusieurs tests de diagnostic pour le dépistage et le diagnostic des infections;
  • l’élargissement de la prévention secondaire de la transmission congénitale et de la prise en charge des cas d’infections congénitales et non congénitales;
  • la promotion d’un consensus sur une bonne prise en charge des cas.

Dans la perspective de l’élimination de la maladie de Chagas d’ici 2010, le réseau mondial de l’OMS élaborera d’ici la fin de l’année une stratégie en cinq points. Les efforts visant à éliminer la maladie de Chagas sont appuyés par l’industrie pharmaceutique qui fournit un soutien financier au réseau et qui fait don d’un des deux médicaments connus pour être efficaces contre la maladie.

Au début de cette année, le Directeur général de l’OMS, le Dr Margaret Chan a lancé avec ses partenaires des secteurs public, privé et non gouvernemental une campagne de lutte contre les maladies négligées. On estime qu’1 milliard de personnes seraient touchées par une ou plusieurs de ces maladies, les victimes appartenant souvent aux populations les plus pauvres.

Pour plus d'informations, veuillez contacter:

John Rainford
Chargé de communication
Communication en cas de pandémie et de flambée épidémique
OMS, Genève
Tél.: +41 22 791 3982
Portable: +41 79 516 3709
Courriel: rainfordj@who.int

Daniel Epstein
Fonctionnaire chargé de l’information
OPS/OMS
Tél.: +1 202 974 3459
Portable: +1 202 316 5679
Courriel: epsteind@paho.org

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