Nouveaux efforts gouvernementaux pour prévenir la violence interpersonnelle
L'Organisation mondiale de la Santé fait état de progrès significatifs.
16 juillet 2007 | Genève - Partout dans le monde les gouvernements prennent de nouvelles mesures plus énergiques pour enrayer la violence interpersonnelle et ses conséquences durables, révèle un nouveau rapport de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). Deux cents des plus grands experts mondiaux en matière de prévention de la violence sont réunis cette semaine en Écosse dans le cadre d'une rencontre intitulée "Milestones 2007", pour évaluer les progrès réalisés, identifier de nouvelles stratégies pour les renforcer et inciter les partenaires internationaux à investir davantage dans ce domaine.
Dans ce contexte, le rapport de l'OMS fait le point sur les progrès réalisés dans les pays depuis 2002. De nombreuses réalisations nationales sont mises en évidence:
- Le Brésil a publié son premier rapport national sur la violence et la santé tout en répertoriant plus de 300 programmes nationaux de prévention de la violence.
- La Malaisie a publié son premier rapport national sur la violence et la santé, mis sur pied des centres de crise polyvalents pour les enfants victimes de violence. Dans tous les hôpitaux publics du pays, des services destinés aux personnes victimes de violence sexuelle ou subissant de mauvais traitements de la part de leur partenaire sexuel ont été créés.
- Le Mexique a publié son premier rapport national sur la violence et la santé et établit un centre national pour la prévention de la violence et des traumatismes au sein de son Ministère de la santé.
- Le Mozambique a élaboré des systèmes de surveillance pour enregistrer les détails des décès dûs à la violence et aux traumatismes, et a procédé à une évaluation du nombre et de la qualité des services médico-légaux destinés aux victimes de violence sexuelle.
- Le Royaume-Uni a publié son premier rapport national sur la violence et la santé et créé une Unité de réduction de la violence au sein de l'administration écossaise. Les activités du Groupe spécial de Cardiff sur la violence criminelle ont été encouragées et proposées comme modèle pour les partenariats établis en matière de sécurité communautaire dans tous le pays.
"Grâce à une meilleure compréhension de ce qui fonctionne en matière de prévention de la violence dans les familles et au sein de la communauté, le domaine de la prévention de la violence a atteint un tournant critique", relève le Dr Catherine Le Galès-Camus, sous-directeur général de l'OMS pour les maladies non transmissibles et la santé mentale. "Milestones 2007" nous donne l'occasion de tirer les leçons du bon travail effectué dans de nombreux pays et de définir les moyens d'étendre leur application au monde entier".
Des efforts accrus pour renforcer la prévention de la violence sont possibles quand les décideurs en matière de santé et les médecins commencent à comprendre pleinement les conséquences à long terme de la violence.
Ainsi, par exemple, une étude de l'OMS a révélé en 2004 que les abus sexuels commis sur des enfants sont responsables d'environ:
- 6% des cas de dépression;
- 6% des cas d'abus/dépendance d'alcool;
- 6% des cas d'abus/dépendance de drogues illicites;
- 8% des tentatives de suicide;
- 10% des cas de trouble panique et
- 27% des états de stress post-traumatique.
D'autres études ont également établi un lien entre d'une part, la violence sexuelle et physique exercée sur les enfants, ou le partenaire sexuel et d'autre part, l'excès de tabagisme, les troubles de l'alimentation et les comportements sexuels à haut risque. Autant de problèmes qui sont à l'origine de quelques-unes des principales causes de décès dans le monde parmi lesquelles le VIH/SIDA, les cancers et les maladies cardiovasculaires.
"Au niveau mondial, le principal obstacle qui s'oppose au renforcement des mesures de prévention reste le manque d'investissements nécessaires pour mener des études d'évaluation scientifique à grand échelle. Cela concerne en particulier les pays à revenu faible et intermédiaire où les conséquences de la violence tout comme le manque d'investissements en faveur d'une prévention efficace, sont très importants," relève le Dr Etienne Krug, Directeur du Département de la prévention de la violence et des traumatismes à l'OMS. "Si nous disposions de telles études, nous serions bien placés pour accroître et généraliser la prévention".
C'est l'unité écossaise de réduction de la violence de Cardiff, en Écosse, au Royaume-Uni, qui accueillera la rencontre "Milestones 2007" pour l'Organisation mondiale de la Santé du 17 au 19 juillet 2007. Il s'agit de la troisième réunion qui marque l'anniversaire de la présentation en 2002 du Rapport mondial sur la violence et la santé publié par l'OMS.
Conséquences de la violence
Ce rapport souligne les conséquences de la violence: en 2002 (dernière année pour laquelle on dispose d'estimations mondiales) quelque 1.6 million de personnes avaient perdu la vie victimes d'actes de violence; plus de 90% de ces décès étaient intervenus dans des pays à revenu faible et intermédiaire. La maltraitance physique, sexuelle et psychologique mine quotidiennement la santé et le bien-être de millions d'habitants de tous les pays. Le suicide et l'homicide constituent les 5e et 6e causes de décès parmi les 15-44 ans. Entre trois et sept millions d'adolescents et de jeunes adultes sont hospitalisés chaque année à la suite de violences.
"Pour notre unité, le Rapport mondial sur la violence et la santé a constitué une révélation parce qu'il proposait une alternative innovante comparée aux méthodes traditionnelles de lutte contre la criminalité violente," observe le Chef de police John Carnochan, Directeur de l'unité écossaise de réduction de la violence. "Nous sommes heureux d'accueillir cette rencontre en 2007 pour partager nos expériences et tirer profit de celle des autres."
Tout indique qu'une grande partie des décès et de la souffrance liés à la violence pourraient être évitée si l'on investissait dans des mesures positives telles que:
- la formation des parents;
- des services de visite à domicile;
- la limitation de l'accès à l'alcool et aux armes à feu;
- l'aide scolaire aux adolescents à haut risque;
- le changement des normes culturelles qui tolèrent les comportements violents et
- l'offre de soins médicaux d'urgence appropriés.
Des études de rentabilité montrent que la plupart de ces stratégies de prévention coûtent moins cher à mettre en oeuvre que les mesures prises en réponse à la violence.
La rencontre Milestones 2007 permettra de présenter quelques actions significatives menées à travers le monde en matière de prévention de la violence. Elle sera également l'occasion d'échanger sur le déploiement des recommandations de l'OMS dans les différents pays et sur les mesures adoptées pour en mesurer l'efficacité à l'aune d'indicateurs réellement importants tels que les taux de décès, de traumatismes non-mortels et d'autres conséquences des comportements violents sur la santé.
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