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La prévalence mondiale du VIH s’est stabilisée, même si le sida reste l'une des principales causes de décès dans le monde
Des améliorations apportées à la surveillance de cette maladie permettent de mieux comprendre l’épidémie, avec pour résultat d’importantes révisions des estimations.
20 NOVEMBRE 2007 | GENÈVE --
De nouvelles données montrent que la prévalence mondiale du VIH – le pourcentage de personnes vivant avec le VIH – s’est stabilisée et que le nombre
de nouvelles infections a chuté, partiellement en raison de l’impact des programmes de lutte
contre le VIH. Toutefois, on estime que 33,2 millions [30,6 – 36,1 millions] de personnes
vivent avec le VIH en 2007, que 2,5 millions [1,8 – 4,1 millions] de personnes ont été
nouvellement infectées, et que 2,1 millions [1,9 – 2,4 millions] de personnes sont décédées
du sida.
Selon les estimations, en 2007 il y a eu 1,7 million [1,4 – 2,4 millions] de nouvelles infections
en Afrique subsaharienne – une baisse significative depuis 2001. La région reste toutefois
très sévèrement touchée. Quelque 22,5 millions [20,9 – 24,3 millions] de personnes vivant
avec le VIH, soit 68% du total mondial, se trouvent en Afrique subsaharienne. Huit pays de
la région représentent désormais près du tiers de toutes les nouvelles infections à VIH et de
tous les décès dus au sida dans le monde.
Depuis 2001, date de la signature de la Déclaration d’engagement des Nations Unies sur le
VIH/sida, le nombre de personnes vivant avec le VIH en Europe orientale et en Asie centrale
a augmenté de plus de 150%, passant de 630 000 [490 000 – 1,1 million] à 1,6 million [1,2 –
2,1 millions] en 2007. En Asie, le nombre de personnes vivant avec le VIH au Viet Nam a
plus que doublé entre 2000 et 2005, et l’Indonésie connaît l’épidémie dont la croissance est
la plus rapide.
Ces résultats ont été publiés aujourd’hui par le Programme commun des Nations Unies sur
le VIH/sida (ONUSIDA) et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) dans leur rapport
intitulé Le point sur l’épidémie de sida 2007.
Des améliorations constantes apportées aux estimations antérieures
Le nouveau rapport reflète des données et analyses épidémiologiques améliorées et
élargies qui témoignent d’une meilleure compréhension de l’épidémie mondiale. Ces
nouvelles données et des avancées de la méthodologie utilisée ont donné lieu à
d’importantes révisions des estimations antérieures.
La prévalence mondiale de l’infection à VIH – le pourcentage de personnes infectées par le
VIH – s’est stabilisée, mais le nombre total de personnes vivant avec le VIH dans le monde
s’accroît du fait de la survenue continuelle de nouvelles infections à VIH, associée à des
temps de survie prolongés, dans une population générale qui s’accroît sans cesse.
On estime aujourd’hui que l’incidence mondiale du VIH – le nombre de nouvelles infections
à VIH par an – a atteint un pic à la fin des années 1990, à plus de 3 millions [2,4 – 5,1
millions] de nouvelles infections par an, et on estime à 2,5 millions [1,8 – 4,1 millions] le
nombre de nouvelles infections en 2007, soit une moyenne de plus de 6800 nouvellesinfections par jour. C’est là le reflet des tendances naturelles de l’épidémie, ainsi que le
résultat des efforts de prévention du VIH.
Le nombre de personnes décédant de maladies liées au sida a décliné au cours des deux
dernières années, en partie du fait de l’allongement de la durée de vie grâce aux
antirétroviraux. Le sida figure parmi les causes principales de décès dans le monde, et reste
la première cause de décès en Afrique.
«Ces données améliorées nous donnent une image plus claire de l’épidémie de sida, qui
révèle à la fois des défis et des opportunités,» a déclaré le Directeur exécutif de
l’ONUSIDA, le Dr Peter Piot. «Sans aucun doute, nous commençons à voir un retour
d’investissement – les nouvelles infections à VIH et la mortalité sont sur le déclin et la
prévalence du VIH se stabilise. Mais avec plus de 6800 nouvelles infections et plus de 5700
décès par jour à cause du sida, nous devons intensifier nos efforts pour réduire de manière
significative l’impact du sida à l’échelle mondiale.»
La révision des estimations
L’ONUSIDA, l’OMS et le Groupe de référence sur les estimations, modèles et projections
ont procédé récemment à l’examen le plus complet de leurs méthodologies et systèmes de
suivi depuis 2001. Les estimations de l’épidémie présentées dans le rapport de cette année
reflètent les améliorations apportées à la collecte et à l’analyse des données au niveau des
pays, ainsi qu’une meilleure compréhension de l’histoire naturelle et de la répartition de
l’infection à VIH. Ces informations sont vitales pour aider les pays à comprendre leurs
épidémies et à y répondre de manière efficace.
L’ONUSIDA et l’OMS travaillent désormais avec de meilleures informations en provenance
d’un bien plus grand nombre de pays. Au cours de ces dernières années, plusieurs pays,
plus particulièrement en Afrique subsaharienne et en Asie, ont intensifié et amélioré leurs
systèmes de surveillance du VIH et mené de nouvelles études, plus détaillées, qui donnent
des informations plus précises que les études antérieures au sujet de la prévalence du VIH.
En outre, 30 pays, pour la plupart en Afrique, ont effectué des enquêtes nationales dans des
ménages fondées sur une population représentative. Ces enquêtes ont également permis
de procéder à des ajustements pour d’autres pays connaissant des épidémies similaires et
n’ayant pas mené de telles études. De nouvelles hypothèses ont aussi été avancées étant
donné la meilleure compréhension que l’on a de l’histoire naturelle de l’infection à VIH non
traitée.
L’estimation actuelle de 33,2 millions [30,6 – 36,1 millions] de personnes vivant avec le VIH
remplace l’estimation de 39,5 millions [34,1 – 47,1 millions] pour 2006. En appliquant
rétrospectivement la méthodologie améliorée aux données de 2006, le rapport 2007 révise
ce chiffre, et estime maintenant qu’en 2006 le nombre de personnes vivant avec le VIH se
montait à 32,7 millions [30,2 – 35,3 millions]. La seule raison majeure à la réduction des
chiffres mondiaux de prévalence du VIH au cours de l’année écoulée a été la récente
révision des estimations en Inde, après une importante réévaluation de l’épidémie dans ce
pays. Les estimations révisées pour l’Inde, combinées à des révisions étendues des
estimations dans cinq pays d’Afrique subsaharienne (Angola, Kenya, Mozambique, Nigéria
et Zimbabwe), représentent 70% de la réduction de la prévalence du VIH lorsqu’on la
compare aux estimations de 2006.
«Des données de santé publique fiables sont le fondement essentiel d’une riposte efficace
au VIH/sida,» a affirmé le Directeur VIH/sida à l’OMS, le Dr Kevin De Cock. «Si ces
nouvelles estimations sont d’une qualité supérieure aux estimations antérieures, nous
devons continuer à investir davantage dans tous les pays et dans tous les aspects de
l’information stratégique dans le domaine de la santé.»
«Les données permettant de mesurer l’épidémie de VIH utilisées par l’ONUSIDA/OMS se
sont considérablement étendues et améliorées au cours de ces dernières années,» a
souligné Ron Brookmeyer, professeur de biostatistique et président du programme de
maîtrise en santé publique de l’Ecole Bloomberg de Santé publique à l’Université Johns
Hopkins. «En revanche, il faut encore améliorer la représentativité des données sousjacentes.
Il est nécessaire d’élargir les systèmes de surveillance de la maladie pour mieux
suivre les sous-épidémies dans les populations exposées au risque au sein de chaque
pays.»
«Des estimations et des tendances plus précises provoqueront en fin de compte des
améliorations dans la conception et l’évaluation des programmes de prévention,» a ajouté
le Professeur Brookmeyer, qui a également présidé le Panel d’examen indépendant lors de
la récente Consultation internationale sur les estimations épidémiologiques organisée par
l’ONUSIDA et l’OMS.
L’ONUSIDA et l’OMS continueront d’actualiser leur méthodologie au fur et à mesure que de
nouvelles informations émanent des études de recherche et des données de surveillance en
provenance des pays
Des progrès sont constatés mais il faut en faire plus
La prévalence du VIH parmi les jeunes femmes enceintes (15-24 ans) fréquentant les
consultations prénatales a décliné depuis 2000-2001 dans 11 des 15 pays les plus touchés.
Des données préliminaires font aussi état d’évolutions favorables des comportements à
risque parmi les jeunes dans plusieurs pays (Botswana, Cameroun, Haïti, Kenya, Malawi,
Tchad, Togo, Zambie et Zimbabwe). Ces tendances laissent à penser que les efforts de
prévention ont un impact dans plusieurs pays parmi les plus touchés.
En Afrique subsaharienne, les efforts constants d’intensification des traitements et de
prévention du VIH donnent des résultats dans certains pays, mais la mortalité due au sida
reste élevée en Afrique du fait de l’ampleur des besoins de traitements non satisfaits. La
Côte d’Ivoire, le Kenya et le Zimbabwe, parmi d’autres, ont tous constaté des tendances à la
baisse de leur prévalence nationale. Au-delà de l’Afrique subsaharienne, des déclins des
nouvelles infections à VIH se sont également produits en Asie du Sud et du Sud-Est,
notamment au Cambodge, au Myanmar et en Thaïlande.
Il faut adapter et repenser les efforts de prévention du VIH alors que certains pays observent
un renversement des tendances à la baisse. Au Burundi, la tendance à la baisse de la fin
des années 1990 ne s’est pas poursuivie au-delà de 2005 et la prévalence du VIH est
repartie à la hausse sur les principaux sites de surveillance. Malgré des réalisations pour
inverser le cours de l’épidémie en Thaïlande, la prévalence du VIH s’accroît parmi les
hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes, et est restée élevée chez les
consommateurs de drogues injectables au cours des 15 dernières années, se situant entre
30% et 50%.
Les responsables de l’ONUSIDA et de l’OMS signalent que les nouvelles estimations ne
modifient pas la nécessité d’une action immédiate et d’un financement accru pour
l’intensification sur la voie de l’accès universel aux services de prévention, de traitement, de
prise en charge et d’appui en matière de VIH.
Pour plus d'informations, contactez:
Sophie Barton-Knott
ONUSIDA Genève
Tel.: +41 22 791 1967
bartonknotts@unaids.org
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