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Le Conseil exécutif s'ouvre sur une note optimiste

Communiqué de presse

La session du Conseil exécutif de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), qui se tient deux fois par an, s’est ouverte aujourd’hui sur une note optimiste avec la présentation du rapport du Directeur général, Dr Margaret Chan, qui a mis en lumière les progrès réalisés dans de nombreux domaines de la santé publique.

Avant de brosser un tableau des progrès accomplis, le Dr Chan a appelé l’attention sur les menaces que l’instabilité et les troubles civils font peser sur la santé, en désorganisant les services de santé et en compromettant l’accès aux soins de base et aux soins d’urgence. Dans son bilan des événements de l’année écoulée, le Dr Chan a retenu trois tendances qui sont pour elle un sujet d’encouragement.

Elle a tout d’abord mentionné la volonté plus forte des partenaires du développement, des institutions des Nations Unies et des organismes de financement d’investir dans les systèmes de santé, considérant qu’il s’agissait là «d’un changement remarquable et bienvenu par rapport au passé.»

Ensuite, le Directeur général s’est félicité de ce que le changement climatique soit désormais considéré comme une réalité par les dirigeants mondiaux. «Jusqu’à présent, l’ours polaire a été la victime emblématique du changement climatique. Nous devons utiliser tous les mécanismes scientifiquement rationnels et politiquement corrects dont nous disposons pour convaincre les dirigeants qu’en fait c’est l’humanité qui est la principale espèce menacée par le changement climatique,» a déclaré le Dr Chan devant les membres du Conseil.

«Selon les dernières prévisions, publiées en novembre, l’Afrique sera gravement touchée par ces phénomènes dès 2020. Or, c’est dans douze ans seulement. Nous savons fort bien ce que les sécheresses, les inondations, les tempêtes, les vagues de chaleur, la pollution de l’air, la malnutrition, les déplacements de population et les maladies à transmission hydrique ou vectorielle signifient en termes de santé.» Les liens entre changement climatique et santé seront le thème de la Journée mondiale de la Santé qui sera célébrée le 7 avril 2008.

Le troisième motif d’optimisme pour le Dr Chan est le regain d’intérêt pour les soins de santé primaires. «Je crois que nous ne serons en mesure d’atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement liés à la santé que si nous retrouvons les valeurs, les principes et les approches incarnés par les soins de santé primaires. Je suis convaincue qu’il nous faut atteindre ces objectifs, car la capacité des pays à s’adapter au changement climatique dépendra de l’état de santé des populations et des systèmes mis en place pour le protéger.» Le rapport sur la santé dans le monde s’intéressera cette année aux soins de santé primaires.

Le Directeur général a particulièrement évoqué deux initiatives par lesquelles la santé publique peut arriver «à améliorer durablement l’état du monde»: l’éradication de la poliomyélite et l’éradication de la dracunculose. «Ces deux initiatives ont permis de repousser dans quelques régions du monde deux maladies autrefois très répandues. Ces maladies sont aujourd’hui en voie d’éradication et nous devons mener ce combat jusqu’à son terme.»

En ce qui concerne les maladies à forte mortalité, le Directeur général a apporté quelques bonnes nouvelles même si cela appelle encore de nombreuses réserves. Pour le VIH/sida, les estimations publiées fin 2007 montrent que l’incidence mondiale du VIH a atteint un pic à la fin des années 1990 et que le nombre de personnes qui meurent de maladies liées au sida a baissé au cours des deux dernières années.

«Voilà qui est encourageant. Mais nous sommes encore loin de l’accès universel aux soins. Nous ne sommes en effet pas capables d’élargir l’accès au traitement aussi rapidement que le nécessiterait le nombre annuel de nouvelles infections. Nous n’en faisons pas non plus assez dans le domaine de la prévention de la transmission mère-enfant. Et certains gouvernements feignent encore d’ignorer l’infection chez les groupes à haut risque.»

Le Dr Chan a informé les membres du Conseil que l’incidence annuelle de la maladie semblait s’être stabilisée dans certaines régions du monde et pourrait commencer à diminuer. «Pour ce qui est de la tuberculose, les efforts de lutte sont payants,» a-t-elle déclaré, tout en appelant l’attention sur l’émergence de la tuberculose ultrarésistante partout dans le monde, tendance particulièrement inquiétante.

Le Dr Chan a déclaré devant les membres du Conseil qu’en quelques années le paludisme avait acquis une visibilité sans précédent sur le plan politique comme dans l’opinion publique. «La principale source d’optimisme, ce sont les résultats que nous observons dans certains pays d’Afrique, en particulier grâce à un recours accru aux moustiquaires et à la nouvelle stratégie de prise en charge à domicile.»

Le Dr Chan a confirmé que des progrès considérables avaient été faits dans la lutte contre les maladies tropicales négligées, qui touchent particulièrement le «milliard de personnes les plus pauvres du monde.» «L’année dernière, la Chine et l’Égypte ont annoncé l’élimination de la filariose lymphatique, maladie qui handicape encore près de quarante millions de personnes. D’autres pays sont en passe d’obtenir des succès comparables. Ces succès s’inscrivent non seulement dans l’action de santé, mais aussi dans le combat que nous menons pour permettre à tous les individus de mener une vie productive.»

Pour conclure, le Dr Chan a évoqué ce qui pourrait être un formidable atout pour les enfants du monde entier, à savoir la stratégie mondiale de vaccination, mise au point conjointement par l’OMS et l’UNICEF en collaboration avec de nombreux États Membres et les partenaires de la vaccination. L’OMS fait état d’une réduction massive du nombre de décès par rougeole, particulièrement en Afrique, et d’une couverture plus importante de la vaccination systématique. «Les progrès réalisés en 2006 ont dépassé toutes les espérances. Il n’est pas inutile, me semble t-il, de se pencher sur les raisons de ce succès et sur les perspectives qu’il laisse entrevoir pour l’avenir.»

Parmi les autres questions inscrites à l’ordre du jour du Conseil figurent les stratégies visant à réduire l’usage nocif de l’alcool, la migration internationale de personnel de santé, les mutilations sexuelles féminines, la préparation en cas de grippe pandémique, l’application du Règlement sanitaire international et les besoins sanitaires des migrants.

Le Conseil exécutif se compose de représentants de 34 États Membres de l’OMS. Il a pour principales fonctions de traduire dans les faits les décisions et les politiques de l’Assemblée, de la conseiller et de faciliter ses travaux d’une manière générale. Cette session du Conseil se déroule du 21 au 26 janvier.

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