La Banque mondiale et l'OMS s'allient pour une meilleure utilisation des investissements
5 août 2008 | Mexico - En marge de la Conférence internationale sur le sida, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et la Banque mondiale ont abordé aujourd’hui des questions d’une importance capitale concernant les systèmes de santé et les initiatives portant sur certains aspects précis de la santé, de la nutrition et de la population. Les détracteurs des initiatives ne portant que sur certaines maladies affirment que celles-ci affaiblissent des systèmes de santé déjà fragiles alors que d’autres estiment que ce sont les systèmes de santé fragiles qui retardent la progression de ces initiatives. Afin de rassembler des données factuelles et de fournir des orientations techniques dans ce domaine, l’OMS et la Banque mondiale ont décidé de s’allier et de collaborer avec un large éventail de parties intéressées: responsables nationaux, établissements universitaires et de recherche, initiatives mondiales en faveur de la santé et organisations de la société civile.
Ces dix dernières années, les initiatives mondiales en faveur de la santé, par exemple le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, l’Alliance GAVI ou le Plan d’urgence du Président des États-Unis contre le sida (PEPFAR), ont pris une place prépondérante dans la structure de l’aide internationale et ont amené de nouvelles ressources, attirant de nouveaux partenaires, permettant de disposer de nouveaux moyens techniques et suscitant un engagement politique. Ces initiatives –on en compte aujourd’hui plus de 80– ont permis d'augmenter de manière spectaculaire le niveau des ressources consacrées à la santé dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.
Malgré des progrès en matière de financement et d’accès aux services de santé, les détracteurs des initiatives mondiales en faveur de la santé affirment qu’elles mettent également en évidence les faiblesses des systèmes de santé. On estime que, dans de nombreux pays à revenu faible ou intermédiaire, ces faiblesses que présentent des systèmes de santé surchargés limitent l’efficacité des initiatives et peuvent compromettre les investissements consentis. Cette nouvelle démarche vise à examiner les différents points de vue du débat, à distinguer la réalité de la rhétorique et à fournir aux gouvernements des orientations techniques fiables pour renforcer les systèmes de santé sans pour autant que les avantages des initiatives ne portant que certaines maladies, s’en trouvent amoindris.
«Il ne s’agit pas de choisir entre renforcement des systèmes de santé et programmes de lutte contre certaines maladies d’autre part », a déclaré le Dr Carissa Etienne, Sous-Directeur général de l’OMS chargé des systèmes et des services de santé, lors d’une conférence de presse organisée pendant la XVIIe Conférence internationale sur le sida en cours à Mexico; «l’essentiel est de collaborer pour obtenir de meilleurs résultats. Il ne faut plus se contenter d’observer les résultats intentionnels et involontaires des investissements en faveur de la santé mais il s'agit d'obtenir de meilleurs résultats à long terme», a-t-elle ajouté.
La collaboration entre l’OMS et la Banque mondiale vise à associer les différentes approches appliquées dans le monde afin de mieux exploiter les investissements et améliorer les résultats sanitaires.
Selon Julian Schweitzer, Directeur chargé de la santé, de la nutrition et de la population à la Banque mondiale, «cette collaboration sera utile aux niveaux national et mondial. Nous produirons de nouvelles connaissances, nous collaborerons avec les pays pour améliorer leurs approches et tirer des enseignements aux niveaux régional et mondial.»
Note
L’expression «initiative mondiale en faveur de la santé» fait référence aux entités qui apportent une réponse sélective à certains aspects de la santé publique mondiale. Certaines visent à mettre au point des produits de santé spécifiques, tels que des médicaments ou des vaccins, ou à en améliorer l’accès (par exemple, l’Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination ou le Programme africain de lutte contre l’onchocercose). D’autres cherchent à collecter, gèrent ou allouent des fonds pour lutter contre des maladies précises ou mettre en oeuvre des interventions sanitaires (par exemple, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme ou le Partenariat mondial Faire reculer le paludisme).
Pour plus d'informations, contactez:
À Mexico
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OMS
Tél.: +41 79 440 6011
Courriel: schaeferj@who.int
À Genève
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OMS
Tél.: +41 22 791 1492
Portable: 41 79 475 5534
Courriel: thompsond@unicef.org