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Des millions de personnes atteintes de troubles mentaux dans les pays en développement n'ont pas accès aux soins

L’OMS lance un appel pour un renforcement rapide des services de santé mentale

Communiqué de presse

9 OCTOBRE 2008 | MADRID/GENÈVE -- Plus de 75% des personnes atteintes de troubles mentaux dans les pays en développement ne reçoivent ni traitement, ni soins. Un nouveau programme de l’OMS lancé aujourd’hui, à l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale 2008, met l’accent sur les lacunes considérables dans le domaine des troubles mentaux, neurologiques et liés à l'utilisation de substances psychoactives. En Afrique par exemple, neuf épileptiques sur dix ne reçoivent aucun traitement, n'ayant même pas accès à des anticonvulsivants simples et bon marché (dont le coût est inférieur à cinq dollars par personne et par an).

L’OMS lance maintenant aux gouvernements, aux donateurs et aux acteurs dans le domaine de la santé mentale un appel en faveur d’un renforcement rapide du financement et des services de santé mentale de base pour les combler. Le Programme d’action Combler les lacunes en santé mentale élargir les soins pour lutter contre les troubles mentaux, neurologiques et liés à l'utilisation de substances psychoactives) souligne qu’avec des soins, une assistance psychosociale et des médicaments adéquats, des dizaines de millions de personnes pourraient être traitées pour des affections telles que la dépression, la schizophrénie et l’épilepsie et commencer à mener une vie en bonne santé – même lorsque les ressources sont rares.

Comme l’a souligné le Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé, le Dr Margaret Chan, «les gouvernements du monde entier doivent considérer la santé mentale comme une composante essentielle des soins de santé primaires. Nous devons modifier les politiques et les pratiques. Ce n’est qu’ainsi que nous arriverons à fournir les services de santé mentale essentiels aux dizaines de millions de personnes qui en ont besoin » .

Le Programme d'action de l'OMS met l’accent sur le fossé existant entre les besoins nécessaires pour traiter une série d'affections prioritaires et les moyens effectivement disponibles dans le monde. Une majorité de pays consacrent moins de 2% de leur budget de la santé à la santé mentale. Chaque année, un tiers des schizophrènes, plus de la moitié des personnes souffrant de dépression et les trois quarts de celles confrontées à des troubles liés à l’usage de l’alcool n’ont pas accès à un traitement ou à des soins simples et abordables. On enregistre dans le monde un décès par suicide toutes les 40 secondes. Le suicide représente une des principales causes de mortalité chez le jeune adulte – une cause évitable bien entendu.

Cette situation n’a rien d’une fatalité devant laquelle on serait impuissant. Au Chili, le Programme national de santé primaire offre désormais un traitement contre la dépression à tous ceux qui en ont besoin et apporte ainsi des soins à des centaines de milliers de personnes. En Chine, un projet épilepsie qui intègre un modèle de lutte contre l’épilepsie aux systèmes de santé locaux a obtenu d’excellents résultats. Il est ainsi confirmé que l’épilepsie peut être traitée au moyen d’un anticonvulsivant peu coûteux, administré par des professionnels de la santé qui ont reçu une formation de base. Le projet d’abord appliqué dans six provinces a désormais été étendu à quinze provinces et des dizaines de millions d’épileptiques en ont bénéficié.

Le coût supplémentaire du renforcement des services contre les troubles mentaux n’est guère élevé. Une étude effectuée par l’OMS a démontré que, dans les pays à faible revenu, la généralisation d’un ensemble d’interventions essentielles concernant trois formes de troubles mentaux – schizophrénie, trouble bipolaire et dépression – et un facteur de risque – l’usage dangereux de l’alcool – supposait un investissement supplémentaire ne dépassant pas 0,20 dollar par personne et par an.

Les personnes atteintes des troubles mentaux font l’objet d’une stigmatisation, subissent des abus ou sont tout simplement oubliées. Pour le Directeur du Département Santé mentale et abus des substances psychoactives à l’OMS, le Dr Benedetto Saraceno, «un bon traitement des troubles mentaux, neurologiques et liés à l’utilisation de substances psychoactives ne doit pas seulement être fondé sur des bases factuelles mais aussi sur des valeurs. Il nous faut veiller à ce que les gens qui souffrent de ces troubles ne soient pas privés de la possibilité de contribuer à la vie socio-économique et à ce que leurs droits fondamentaux soient protégés.»

Le Programme énonce une série de stratégies rentables pour lutter contre les lacunes en matière de traitement des troubles mentaux, neurologiques et liés à l'utilisation de substances psychoactives. Il s’agit notamment d'évaluer les besoins et les ressources des pays, de mettre au point une politique et des lois judicieuses concernant la santé mentale et de renforcer les ressources humaines et financières. Le Programme se fonde sur des partenariats visant à élargir l'offre de services, l’objectif étant de réduire la charge des troubles mentaux, neurologiques et liés à l'utilisation de substances psychoactives.

Pour plus d'informations, contactez:

Iqbal Nandra
Chargée de communication
Maladies chroniques et promotion de la santé
OMS, Genève
Téléphone: +41 79 509 0622
Courriel: nandrai@who.int

Shekhar Saxena
Responsable du Programme
Département Santé mentale et abus des substances psychoactives
OMS, Genève
Téléphone: +41 79 308 9865
E-mail: saxenas@who.int

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