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L'Assemblée mondiale de la Santé s'ouvre sous le signe des tragédies

Un événement qui marque aussi le 60e anniversaire de l'Organisation et doit définir les nouvelles priorités mondiales en matière de santé publique.

Dès l’ouverture de la soixante et unième Assemblée mondiale de la Santé à Genève, les représentants de 193 pays ont commencé à examiner la situation sanitaire et à fixer des priorités nouvelles pour l’Organisation mondiale de la Santé, l’un des instruments les plus déterminants pour la santé publique mondiale. Cet événement marque la soixantième année de l'effort de collaboration internationale visant à atténuer la charge de morbidité dans le monde. Mais cette réunion anniversaire est ternie par les énormes pertes en vies humaines provoquées par le cyclone au Myanmar et le séisme en Chine.

Le Dr Chan n’a pas cherché à dissimuler les défis sanitaires à relever – aussi bien en ce qui concerne les anciennes affections que les effets sur la santé qu'aura le changement climatique. Elle a fait le point des progrès mitigés concernant l’éradication de la poliomyélite et a exprimé l’espoir de pouvoir surmonter les obstacles économiques qui entravent parfois les efforts en vue de nouvelles réalisations en santé publique.

Après avoir évoqué les récentes catastrophes, le Dr Chan a considéré les trois crises qui se profilaient à l’horizon. La crise due à l’augmentation rapide des prix des denrées alimentaires est déjà apparente et pourrait saper les fondements de la santé et de la nutrition. Le changement climatique est une crise en devenir qui devrait provoquer des sécheresses, des inondations et des tempêtes tropicales nouvelles, toutes nécessitant une aide humanitaire accrue. Dans ces deux cas, les pauvres sont les plus exposés. Une troisième crise, la grippe pandémique, menace aussi l’avenir de l’humanité. Comme l’a dit le Dr Chan : «La menace n’a en rien diminué et nous aurions tort de relâcher notre vigilance ou de ralentir nos efforts pour y faire face.»

Les problèmes de santé actuels constituent déjà un lourd fardeau pour les nations et les ressources. Alors que les décès dus au sida ont diminué ces deux dernières années, pas moins de 33,2 millions de personnes vivent avec le VIH/sida, et 2,5 millions ont été infectées au cours de la seule année 2007. Pour le Dr Chan, «nous n’arrivons pas encore à maîtriser cette épidémie dévastatrice et impitoyable.»

Les progrès de la lutte antituberculeuse se poursuivent, mais le problème de la tuberculose à bacilles multirésistants a atteint un niveau sans précédent. Pour le Dr Chan, «une généralisation de cette forme de la maladie constituerait un revers très sérieux.» Les efforts en faveur de l’éradication de la poliomyélite sont également complexes. En Asie, le poliovirus de type 1, la souche la plus dangereuse, est presque éliminé. Mais en Afrique, une «recrudescence dramatique» de cette souche a pu être constatée dans les états du nord du Nigéria, alors que d’autres pays africains ont du mal à éliminer les poliovirus réintroduits il y a deux ans. Pour le Dr Chan, «nous devons absolument mener à bien l’éradication et ne pas laisser le succès nous filer entre les doigts.»

Ailleurs, de longues luttes contre de nombreuses maladies donnent des résultats plus encourageants: De « solides progrès» sont enfin obtenus dans la lutte contre le paludisme, a souligné le Dr Chan. Plusieurs pays africains ont fait état d’améliorations rapides concernant aussi bien la morbidité que la mortalité. Les programmes de vaccination ont permis d’abaisser la mortalité de l’enfant en dessous de dix millions de décès par an pour la première fois au cours des dernières décennies. Le traitement à domicile de la pneumonie – la maladie qui fait le plus de victimes chez le jeune enfant – s’est révélé aussi efficace, et peut-être plus sûr, que les soins hospitaliers d’après une étude coordonnée par l’OMS dont les résultats ont été publiés cette année.

La santé mondiale peut faire d’importants progrès contre les maladies tropicales négligées. Des médicaments sûrs et efficaces trouvés pour combattre nombre de ces maladies sont fournis gratuitement dans le cadre de partenariats public-privé ou vendus à des prix réduits. Le Dr Chan a noté qu’un financement relativement modeste et limité dans le temps permettrait de maîtriser beaucoup de ces maladies et même d'en éliminer certaines d’ici 2015.

«Vos observations nous importent beaucoup, pour la santé, mais aussi pour notre sécurité collective», a déclaré le Dr Chan aux délégués. «La santé est un fondement de la prospérité et elle contribue à la stabilité: ce sont là des atouts pour tous les pays. Un monde sans équilibre en matière de santé, n’est ni stable ni sûr.»

Pour plus d'informations, contactez:

Département de la Communication
OMS, Genève

Fadéla Chaib
Portable: +41 79 475 5556
Courriel: chaibf@who.int

Gaya Gamhewage
Courriel: gamhewageg@who.int

Dick Thompson
Portable: + 41 79 475 5534
Courriel: thompsond@who.int

Mediainquiries: +41 22 791 2222
Courriel: mediainquiries@who.int

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