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La Soixante-Neuvième Assemblée mondiale de la Santé prend fin

Communiqué de presse

La Soixante-Neuvième Assemblée mondiale de la Santé a pris fin aujourd’hui après l’adoption de nouvelles résolutions sur le cadre de collaboration avec les acteurs non étatiques de l’OMS, les objectifs de développement durable; le Règlement sanitaire international; la lutte antitabac; les décès et les traumatismes dus aux accidents de la route; la nutrition; le VIH, l’hépatite et les infections sexuellement transmissibles; le mycétome; la recherche et développement; l’accès aux médicaments et les services de santé intégrés.

Cadre de collaboration avec les acteurs non étatiques

L’Assemblée mondiale de la Santé a adopté le cadre de collaboration avec les acteurs non étatiques de l’OMS, après plus de 2 ans de négociations intergouvernementales.

Le cadre de collaboration représente une avancée majeure dans la réforme de la gouvernance de l’OMS. Il met à disposition de l’Organisation des politiques et des procédures complètes pour la collaboration avec les organisations non gouvernementales, les entités du secteur privé, les fondations philanthropiques et les établissements universitaires.

Le cadre vise à renforcer la collaboration de l’OMS avec l’ensemble des parties prenantes tout en protégeant ses travaux des conflits d’intérêts et de toute influence indue d’acteurs extérieurs, et repose sur un processus standardisé de vérification diligente et d’évaluation des risques. Il améliore également la transparence et la responsabilisation dans ce domaine, les informations sur ces collaborations étant mises à disposition du public en ligne dans le registre OMS des acteurs non étatiques.

Objectifs de développement durable

Les délégués sont convenus d’une série complète de mesures pour ouvrir la voie aux efforts visant à atteindre les objectifs de développement durable liés à la santé.

Ils ont décidé de donner la priorité à la couverture sanitaire universelle et de collaborer avec les acteurs extérieurs au secteur de la santé pour agir sur les causes sociales, économiques et environnementales des problèmes de santé, notamment la résistance aux antimicrobiens. Ils sont convenus de poursuivre et d’élargir les efforts en matière de santé de la mère et de l’enfant et de lutte contre les maladies infectieuses dans les pays en développement et de mettre davantage l’accent sur l’équité à l’intérieur des pays et entre eux, afin qu’il n’y ait pas de laissés-pour-compte.

Les délégués ont également prié l’OMS de prendre des mesures en vue de doter l’Organisation des ressources nécessaires à tous les niveaux pour atteindre les ODD, de collaborer avec les pays pour renforcer leur capacité à suivre les progrès sur la voie des objectifs, et de prendre les ODD en compte pour élaborer le budget et le programme de travail de l’Organisation.

Règlement sanitaire international

La Soixante-Neuvième Assemblée mondiale de la Santé a examiné le rapport du Comité d’examen sur le fonctionnement du Règlement sanitaire international (2005) dans le cadre de l’épidémie de maladie à virus Ebola et de la riposte. Les délégués ont félicité le Comité d’examen pour ses travaux. Ils ont appelé l’OMS à élaborer un plan mondial de mise en œuvre des recommandations du Comité, en donnant suite immédiatement aux recommandations conformes à la pratique actuelle du RSI (2005) et en donnant la possibilité d’examiner de manière plus approfondie les nouvelles approches proposées.

Le Comité d’examen a conclu que la propagation de l’épidémie de virus Ebola n’était pas imputable au RSI, mais tenait plutôt, entre autres facteurs, à son application insuffisante. Il a également estimé que le RSI était un instrument juridique international précieux sur lequel pourra s’appuyer toute riposte future à une menace pour la santé publique.

Parmi les approches proposées dans le rapport du Comité d’examen afin de renforcer la mise en œuvre du Règlement figurent notamment l’introduction d’un niveau intermédiaire d’alerte de santé publique et la reconnaissance en tant que meilleure pratique de l’évaluation externe des principales capacités des pays.

Lutte antitabac

En vue de renforcer les efforts mondiaux de lutte antitabac, les délégués ont décidé d’inviter la Conférence des Parties à la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac à communiquer aux futures sessions de l’Assemblée mondiale de la Santé des informations sur les résultats de sa session biennale.

Ils ont également invité la Conférence des Parties à envisager de prier l’Assemblée de présenter aux futures sessions de la Conférence des Parties un rapport sur les activités de lutte antitabac pertinentes, pour information. La septième session de la Conférence des Parties se tiendra du 7 au 12 novembre 2016 à New Delhi en Inde.

La Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac est le premier traité négocié sous les auspices de l’OMS. Comptant 180 Parties à ce jour, elle est devenue l’un des traités ayant remporté la plus rapide et la plus large adhésion dans l’histoire des Nations Unies. La Convention a été élaborée pour réagir à la mondialisation de l’épidémie de tabagisme et il s’agit d’un traité fondé sur des bases factuelles qui réaffirme le droit de tout être humain d’atteindre le meilleur état de santé possible.

Les délégués ont également décidé de faire figurer à l’ordre du jour de la Soixante-Dixième Assemblée mondiale de la Santé un point sur cette question.

Décès et traumatismes dus aux accidents de la route

Afin d’aider les pays à atteindre la cible des ODD consistant à diminuer de moitié, d’ici à 2020, le nombre de décès et de traumatismes dus aux accidents de la route, les délégués de l’Assemblée mondiale de la Santé ont adopté aujourd’hui une résolution dans laquelle les États Membres sont priés d’accélérer la mise en œuvre du document final de la Deuxième Conférence mondiale de haut niveau sur la sécurité routière 2011-2020 tenue en novembre 2015 (la Déclaration de Brasília sur la sécurité routière).

Chaque année, les accidents de la route font plus de 1,2 million de morts et jusqu’à 50 millions de blessés.

La résolution appelle à l’élaboration de stratégies et de plans nationaux pour répondre aux besoins des usagers des routes les plus vulnérables, spécialement les enfants, les jeunes, les personnes âgées et les personnes handicapées. Les pays sont exhortés à repenser leurs politiques de transport et à adopter des modes de transport plus durables comme la marche, la bicyclette et les transports publics.

Le Secrétariat de l’OMS, lui, est prié de continuer à faciliter l’élaboration de cibles mondiales volontaires de performance concernant les facteurs de risque et les mécanismes de prestation de services. Il est également demandé à l’OMS d’apporter un appui aux pays dans la mise en œuvre de politiques et de pratiques, notamment sur la traumatologie et la réadaptation, et de faciliter les préparatifs de la Quatrième Semaine mondiale des Nations Unies pour la sécurité routière, qui se tiendra en mai 2017.

Nutrition

Les délégués ont adopté 2 résolutions sur la nutrition. Dans la première, qui s’inscrit dans le cadre de la Décennie d’action des Nations Unies pour la nutrition (2016-2025), les pays sont exhortés à prendre des engagements concrets sur le plan politique et financier en vue d’améliorer le régime alimentaire des populations, et à faire rapport régulièrement sur ces politiques et investissements.

Dans cette résolution, les organismes des Nations Unies sont appelés à guider et mettre en œuvre les programmes de nutrition nationaux et à appuyer les mécanismes de suivi et d’établissement de rapports. L’OMS et la FAO sont spécifiquement appelés à collaborer en vue de soutenir les pays dans l’élaboration, le renforcement et la mise en œuvre de leurs plans, et à tenir à jour une base de données en accès libre recensant les engagements pris à des fins de responsabilisation vis-à-vis du public.

Dans la deuxième résolution, l’Assemblée a accueilli avec satisfaction les orientations techniques en vue de mettre un terme aux formes inappropriées de promotion des aliments pour nourrissons et jeunes enfants. Ces orientations indiquent clairement que, pour protéger, promouvoir et soutenir l’allaitement au sein, la commercialisation des préparations de suite et des laits de croissance (destinés aux nourrissons âgés de 6 mois à 3 ans) devrait être réglementée exactement comme les préparations pour les nourrissons jusqu’à l’âge de 6 mois.

Cette recommandation est conforme au Code international de commercialisation des substituts du lait maternel adopté en 1981 par l’Assemblée mondiale de la Santé. Ces orientations ne concernent pas le lait de consommation courante, celui-ci n’étant pas spécialement destiné à l’alimentation du nourrisson ou du jeune enfant.

Compte tenu de la faible qualité nutritionnelle de certains aliments et boissons commercialisés à l’intention des nourrissons et des jeunes enfants, les orientations de l’OMS indiquent également que ces aliments devraient faire l’objet d’une promotion que s’ils répondent aux normes de composition, de sécurité, de qualité et de teneur en éléments nutritifs et sont conformes aux directives diététiques nationales.

Ces orientations présentent également les grands principes régissant les relations entre les professionnels de la santé et les sociétés qui commercialisent des aliments de complément. Les professionnels de la santé ne devraient pas accepter de cadeaux ni d’échantillons gratuits de la part de ces sociétés. Ils ne devraient pas non plus distribuer d’échantillons, de bons de remise ni de produits aux familles, ni permettre à ces sociétés de fournir une formation ou de commercialiser des aliments par l’intermédiaire des établissements de santé. En vertu de ces orientations, les sociétés ne devraient pas être autorisées à parrainer des réunions de professionnels de la santé.

Dans cette résolution, l’Assemblée a exhorté les pays, les professionnels de la santé, l’industrie alimentaire et les médias à mettre en œuvre ces orientations. Les pays ont également demandé à l’OMS de leur apporter son concours dans la mise en œuvre des orientations et dans le suivi et l’évaluation de leur impact sur la nutrition chez le nourrisson et le jeune enfant. Ils ont prié l’OMS de collaborer avec les autres organisations internationales en vue de promouvoir l’application nationale des orientations, et de faire rapport à l’Assemblée en 2018 et 2020.

VIH, hépatite virale et infections sexuellement transmissibles

L’Assemblée mondiale de la Santé a adopté 3 stratégies mondiales sur le VIH, l’hépatite virale et les infections sexuellement transmissibles pour la période 2016-2021. Ces stratégies intégrées soulignent le rôle essentiel de la couverture sanitaire universelle. Leurs cibles sont conformes à celles qui accompagnent les objectifs de développement durable.

Les stratégies énoncent des mesures que doivent prendre les pays et le Secrétariat de l’OMS. Chacune vise à accélérer et à intensifier l’action du secteur de la santé afin d’avancer encore davantage vers la disparition ces 3 épidémies.

La stratégie sur le VIH vise à élargir encore plus vite l’accès de toutes les personnes vivant avec le VIH aux traitements antirétroviraux et d’assurer la prévention et le dépistage à plus grande échelle encore afin d’atteindre des cibles intermédiaires alors que, depuis 2000, on estime que jusqu’à 7,8 millions de décès liés au VIH et 30 millions de nouvelles infections par le virus ont été évitées. La stratégie a pour but, à l’horizon 2020, de ramener le nombre des décès liés au VIH dans le monde à moins de 500 000, de ramener à moins de 500 000 nouveaux cas d’infection à VIH et de faire en sorte qu’il n’y ait plus aucun nouveau cas d’infection chez le nourrisson.

La toute première stratégie relative à l’hépatite définit, pour la première fois, des cibles mondiales en matière d’hépatite virale. Elle vise à réduire le nombre de nouveaux cas d’hépatite B et d’hépatite C de 30 % d’ici 2020, et la mortalité de 10 %. Elle repose sur les principales approches suivantes : élargir les programmes de vaccination contre les hépatites A, B et E; prévenir la transmission de l’hépatite B de la mère à l’enfant; améliorer la sécurité des injections et la sécurité transfusionnelle et chirurgicale; réduire les effets indésirables pour les personnes qui s’injectent des drogues; et accroître l’accès au traitement des hépatites B et C.

La stratégie relative aux IST souligne notamment qu’il faut élargir la prévention, le dépistage et la surveillance, en particulier pour les adolescents et les autres populations à risque, et qu’il faut également lutter contre la propagation et les conséquences de la pharmacorésistance. Bien que les tests de diagnostic des IST soient largement utilisés dans les pays à revenu élevé, ils ne sont pas disponibles, le plus souvent, dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.

La résistance des agents pathogènes responsables des IST aux antibiotiques - notamment dans le cas de la gonorrhée - a rapidement augmenté ces dernières années et a réduit l’arsenal thérapeutique. On compte plus d’un million de nouveaux cas d’infections sexuellement transmissibles (IST) chaque jour dans le monde. On estime que, chaque année, il y a 357 millions de nouveaux cas des 4 IST suivantes: chlamydiose, gonorrhée, syphilis et trichomonase.

Mycétome

L’Assemblée mondiale de la Santé a adopté une résolution sur le mycétome. Le mycétome est une maladie inflammatoire chronique, progressive et destructrice qui affecte la peau, les tissus sous-cutanés et conjonctifs, les muscles et les os. Bien que le mycétome siège généralement au pied, il peut aussi toucher d’autres parties du corps.

Il semble que le mycétome touche surtout les ouvriers agricoles et les éleveurs pauvres. En raison de sa lente évolution, de son caractère indolore, de nombreux patients ne cherchent à se faire soigner que tardivement, alors que l’infection a déjà atteint un stade avancé, lorsque l’amputation est le seul traitement possible.

La charge mondiale du mycétome ne peut pas être déterminée avec précision en raison du manque de données. Toutefois, une revue systématique des données disponibles menée en 2013 a permis de recenser près de 9000 cas dans 50 pays.

Cette nouvelle résolution contribuera à mieux faire connaître la maladie. Une meilleure reconnaissance de la charge du mycétome devrait favoriser l’élaboration d’outils et de stratégies de lutte applicables dans les régions défavorisées et isolées, où surviennent un grand nombre des cas.

Accès aux médicaments et aux vaccins

Les délégués ont convenu d’un éventail de mesures destinées à remédier à la pénurie mondiale de médicaments et de vaccins, en particulier pour les enfants.

Les délégués ont convenu de mettre au point des stratégies pour prévoir, éviter ou réduire les pénuries, y compris des systèmes de notification, de meilleurs moyens de contrôle de l’offre et de la demande, l’amélioration de la gestion financière des systèmes d’achat afin d’éviter les déficits de financement et une meilleure redevabilité grâce à des négociations sur les prix et à des licences volontaires ou obligatoires pour les médicaments onéreux.

L’accès aux médicaments et aux vaccins, qui est l’un des piliers de la couverture sanitaire universelle, est essentiel à la réalisation des ODD liés à la santé. Ces dernières années, les ruptures de stock et les pénuries, notamment d’anesthésiques, de médicaments utilisés en chimiothérapie et d’autres médicaments essentiels, s’aggravent dans la plupart des régions. Il y a, depuis plusieurs années, une pénurie chronique de benzathine pénicilline, antibiotique utilisé dans le traitement de la syphilis congénitale et de la cardiopathie rhumatismale.

Les produits pour lesquels le risque de pénurie est le plus grand sont ceux qui se trouvent dans le domaine public, sont difficiles à formuler, dont la durée de conservation est courte et qui sont fabriqués par un petit nombre de laboratoires. Le faible volume des marchés, la faible visibilité de la demande et des pratiques de réduction des prix dans les achats excessivement agressives contribuent également aux pénuries.

Recherche-développement

Les délégués à l’Assemblée mondiale de la Santé ont convenu d’accélérer la mise au point de l’Observatoire mondial OMS de la recherche-développement en santé afin de repérer les lacunes en matière de recherche-développement, en particulier pour les maladies qui touchent de manière disproportionnée les pays en développement et qui suscitent peu d’investissements.

L’Observatoire est une base de données sur les projets de recherche-développement. C’est un élément essentiel du plan de travail stratégique de l’OMS sur la recherche-développement, approuvé par l’Assemblée en 2013, dont le but est de favoriser l’élaboration et la mise à disposition de produits de santé pour lesquels les mécanismes du marché n’offrent pas d’incitations. Une version de démonstration de l’Observatoire, comprenant les informations disponibles sur le financement de la recherche-développement en santé, les produits sanitaires en cours d’élaboration, les essais cliniques et les publications sur la recherche, a été mise à disposition début 2016.

Le plan de travail comprend également les 6 projets de démonstration suivants concernant la mise au point de produits : une initiative pour la recherche-développement sur la leishmaniose viscérale, la mise au point d’un vaccin contre la schistosomiase, un traitement à dose unique du paludisme, la mise au point de marqueurs biologiques abordables à des fins de diagnostic, la mise au point de médicaments en open source contre les maladies de la pauvreté et un test de dépistage multiplexé extemporané des infections fébriles aiguës. L’observatoire et les projets de démonstration nécessitent un financement d’urgence.

Les délégués ont invité les États Membres de l’OMS à accroître le financement de l’Observatoire et à renforcer leurs propres observatoires nationaux de la recherche-développement. Ils ont également demandé à l’OMS d’accélérer la mise au point de l’Observatoire, de promouvoir son financement durable et de créer un comité consultatif d’experts chargé de recenser les priorités de la recherche-développement sur la base de l’analyse fournie par l’observatoire et d’autres sources.

Services de santé intégrés

L’Assemblée de la Santé a adopté le cadre de l’OMS pour des services de santé intégrés centrés sur la personne, qui préconise de modifier radicalement la manière de financer, de gérer et d’assurer les services de santé.

L’allongement de l’espérance de vie et la charge de plus en plus lourde des maladies chroniques au long cours, qui exigent des interventions complexes pendant de nombreuses années, exercent une pression de plus en plus grande sur les systèmes de santé partout dans le monde. À moins d’une transformation, les systèmes de santé deviendront de plus en plus fragmentés, inefficients et fragiles.

Les soins intégrés centrés sur la personne placent les personnes et les communautés, pas les maladies, au cœur des systèmes de santé et, ainsi, les personnes, au lieu d’être des bénéficiaires passifs de services, ont les moyens de prendre en charge leur santé. Les données montrent que les systèmes de santé axés autour des besoins des personnes et des communautés sont plus efficaces et moins coûteux, qu’ils améliorent les connaissances en matière de santé et la participation des patients et qu’ils sont plus réactifs face aux crises sanitaires.

Les délégués ont demandé de mettre au point des indicateurs pour suivre les progrès en matière de services de santé intégrés centrés sur la personne.

Pour plus d’informations, prière de contacter:

Gregory Härtl
Département de la Communication de l’OMS
Portable: +41 79 203 67 15
Courriel: hartlg@who.int

Fadéla Chaib
Département de la Communication de l’OMS
Portable: +41 79 475 5556
Courriel: chaibf@who.int

Tarik Jasarevic
Département de la Communication de l’OMS
Portable: +41 79 367 6214
Courriel: jasarevict@who.int