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Les délégués approuvent les résolutions sur la lutte antivectorielle, les maladies non transmissibles et les objectifs de développement durable

Communiqué de presse

Aujourd’hui, les délégués à l’Assemblée mondiale de la Santé sont parvenus à des accords concernant la lutte antivectorielle, diverses questions relatives aux maladies non transmissibles, la gestion des produits chimiques et l’établissement de rapports de l’OMS sur les objectifs de développement durable.

Lutte antivectorielle

Les délégués ont salué l’approche stratégique en faveur d’une action mondiale pour lutter contre les vecteurs (2017 2030). Ce projet d’action vise à prévenir les épidémies de maladies à transmission vectorielle dans tous les pays, à réduire l’incidence de ces maladies d’au moins 60% et à faire chuter la mortalité associée d’au moins 75% à l’horizon 2030.

Les maladies à transmission vectorielle sont à l’origine de plus de 17% de la charge mondiale des maladies infectieuses, entraînant une morbidité importante, des incapacités, des déformations et plus de 700 000 décès par an.

Le projet d’action met l’accent sur des méthodes de lutte antivectorielle durables et adaptées aux besoins locaux qui peuvent être déployées pour sauver des vies, réduire la morbidité et réaliser des économies. Il vise à lutter contre plusieurs vecteurs et diverses maladies et repose sur une collaboration multisectorielle mettant notamment en jeu, outre la santé, les domaines de l’environnement, de la planification urbaine et de l’éducation.

Le projet d’action entend également promouvoir la recherche en vue d’établir la base de connaissances requise pour combattre et éliminer les maladies. Les mesures à mettre en œuvre dans les pays sont organisées selon 4 piliers: renforcer l’action intersectorielle et intrasectorielle, mobiliser les communautés, renforcer la surveillance et le suivi, et renforcer et intégrer les interventions de lutte antivectorielle. Le projet d’action souligne que les pays devront faire preuve de leadership et appuyer pleinement les efforts déployés et rappelle qu’il est important de faire de la lutte antivectorielle un élément central des stratégies et des plans sanitaires nationaux aux fins de la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030.

Maladies non transmissibles

Les délégués ont approuvé une série actualisée d’options et d’interventions pour aider les pays à atteindre les cibles mondiales en matière de lutte contre les maladies non transmissibles. Cette nouvelle série comprend 16 interventions considérées comme étant «les plus avantageuses» dans le cadre du Plan d’action mondial pour la lutte contre les maladies non transmissibles 2013 2020. Le Secrétariat de l’OMS a récemment réexaminé et confirmé l’efficacité des interventions «les plus avantageuses».

Une importance particulière est accordée aux mesures destinées à réduire l’exposition de la population aux facteurs qui font augmenter le risque de contracter des maladies non transmissibles, y compris la taxation du tabac et des boissons sucrées, l’interdiction de la publicité en faveur du tabac et la reformulation de produits alimentaires pour en réduire la teneur en sel. Les interventions visant à mieux prendre en charge et combattre les MNT sont: la le traitement du diabète et de l’hypertension artérielle, les conseils aux personnes qui ont eu un infarctus du myocarde ou un accident vasculaire cérébral ou à celles qui sont exposées à un risque élevé d’événement cardiovasculaire et le dépistage du cancer du col de l’utérus pour les femmes.

Les délégués ont pris note des activités menées par l’OMS pour progresser dans la lutte contre les maladies non transmissibles, dont la préparation de la Troisième Réunion de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations Unies sur la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles, qui doit avoir lieu en 2018.

Cancer

Les délégués ont également approuvé une série de mesures pour améliorer et élargir l’accès à la prévention, au diagnostic précoce et au traitement du cancer ainsi qu’aux soins palliatifs. Ils ont souligné qu’il fallait absolument prévenir et combattre plus intensément le cancer pour diminuer la charge des maladies non transmissibles.

Le cancer est la deuxième cause de décès dans le monde. Environ 70% des décès imputables au cancer surviennent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. C’est dans ces pays que les taux de mortalité augmentent le plus vite, ce qui met encore davantage à l’épreuve des systèmes de santé déjà vulnérables.

Les délégués ont appelé l’OMS à favoriser l’accès de tous à un diagnostic et à des traitements abordables du cancer et à fournir aux pays des orientations techniques permettant de recenser et de mettre en œuvre des interventions prioritaires pour lutter contre le cancer. Ils se sont engagés à assurer la disponibilité de ressources suffisantes pour soutenir la mise en œuvre de plans nationaux de lutte contre le cancer et pour renforcer les systèmes de santé afin que ceux ci soient en mesure de proposer un diagnostic précoce et un traitement à tous les patients atteints d’un cancer. Ils ont appelé l’OMS à établir un rapport mondial sur le cancer comportant des orientations qui reposent sur des bases factuelles pour intensifier la lutte contre le cancer. Ce rapport, dont la première édition est attendue en 2019, sera établi en collaboration avec le Centre international de recherche sur le cancer.

Lutte antitabac

Les délégués ont adopté une décision appelant la Conférence des Parties à la Convention cadre de l’OMS pour la lutte antitabac à fournir des informations sur les résultats de sa réunion biennale aux prochaines Assemblées mondiales de la Santé. Le Secrétariat de la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac a été proposé comme intermédiaire pour les demandes d’information et leur partage. Par ailleurs, ils ont prié le Directeur général de l’OMS de fournir des informations sur les résolutions et décisions de l’Assemblée de la Santé pertinentes qui concernent le tabac aux prochaines réunions de la Conférence des Parties. La 8e session de la Conférence des Parties se tiendra à Genève (Suisse) du 1er au 6 octobre 2018.

La Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac est le premier traité négocié en vertu du pouvoir de l’Organisation de conclure des traités. À ce jour, la Convention-cadre comprend 180 Parties et il s’agit de l’un des traités les plus largement et rapidement acceptés de l’histoire des Nations Unies.

Surdité et déficience auditive

Les délégués ont convenu de prendre des mesures plus énergiques pour prévenir la surdité et la déficience auditive. Quelque 360 millions de personnes dans le monde souffrent de déficience auditive incapacitante, dont 32 millions d’enfants et près de 180 millions de personnes âgées. Près de 90% des personnes souffrant de déficience auditive vivent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire qui souvent manquent de ressources et ne disposent pas de stratégies de lutte contre la déficience auditive. La plupart des cas de déficience auditive peuvent être évités et pris en charge correctement grâce à des interventions d’un bon rapport coût/efficacité.

La nouvelle résolution appelle les gouvernements à intégrer les stratégies de soins de l’oreille et de l’audition dans le cadre de leur système de soins de santé primaires; à mettre en place des programmes de formation destinés aux agents de santé; à mettre en œuvre des programmes de prévention et de dépistage pour les populations à haut risque; et à améliorer l’accès à des technologies et produits d’aide auditive abordables, d’un bon rapport coût/efficacité et de grande qualité. Elle souligne qu’il est important de garantir l’accès universel à la prévention et aux soins.

La résolution appelle en outre le Secrétariat à élaborer un rapport mondial sur l’audition et à aider les pays à réduire la perte de l’audition, notamment celle due à l’exposition au bruit.

Obésité de l’enfant

Les délégués ont accueilli avec satisfaction un plan visant à mettre en œuvre les recommandations formulées par la Commission pour mettre fin à l’obésité de l’enfant de l’OMS. Les recommandations ont pour objectif d’inverser la tendance croissante au surpoids et à l’obésité chez l’enfant et l’adolescent. Le plan de mise en œuvre souligne combien il importe de lutter contre des environnements qui facilitent l’accès à des aliments nocifs pour la santé et la promotion de ceux-ci, et qui rendent difficile la pratique d’une activité physique par les enfants. Il est axé sur la prévention de l’obésité tout au long de la vie, depuis le plus jeune âge.

Le plan de mise en œuvre vise à aider les pays à satisfaire les engagements qu’ils ont pris de lutter contre l’obésité. Il s’agit notamment des promesses figurant dans le Plan d’action mondial pour la lutte contre les maladies transmissibles, le Plan d’application exhaustif concernant la nutrition chez le nourrisson et le jeune enfant, et dans le Programme de développement durable à l’horizon 2030.

Le plan de mise en œuvre met l’accent sur la nécessité de favoriser le choix d’aliments sains pour les nourrissons et les jeunes enfants par l’intermédiaire de politiques et d’interventions d’accompagnement, notamment dans les domaines de la fiscalité, de la commercialisation et de l’étiquetage. Le plan préconise le soutien aux habitudes saines qui durent tout au long de la vie et le renforcement de telles habitudes. Il met aussi en lumière la nécessité de concevoir des environnements et des programmes scolaires ainsi que des environnements communautaires pour favoriser les choix de vie sains – y compris la pratique de l’exercice physique.

Le plan comprend des recommandations sur les interventions visant à prendre en charge le surpoids et l’obésité chez l’enfant, ainsi que des mesures pour prévenir le gain de poids nocif pour la santé chez le nourrisson et le jeune enfant.

Gestion des produits chimiques

Les délégués ont approuvé une nouvelle feuille de route pour améliorer l’engagement du secteur de la santé dans la gestion rationnelle des produits chimiques. Dans le monde, 1,3 million de vies sont perdues chaque année du fait de l’exposition à certains produits chimiques. Toutefois, de nombreux pays ne disposent toujours pas des cadres réglementaires et politiques comme des capacités institutionnelles nécessaires pour évaluer et gérer les répercussions sur la santé des produits chimiques, tels que le plomb et les pesticides. Il existe un large consensus sur la nécessité d’un engagement plus fort du secteur de la santé pour résoudre ces problèmes.

Les objectifs de développement durable appellent les pays à réduire le nombre des décès et des maladies dus aux produits chimiques dangereux d’ici à 2030 et à améliorer la gestion des produits chimiques et des déchets d’ici à 2020. La feuille de route adoptée met en lumière 4 domaines d’action: la réduction des risques, les connaissances et les données factuelles, les capacités institutionnelles, et la gouvernance et la coordination. Parmi les différentes mesures figurent l’élimination des peintures contenant du plomb, la réglementation des produits chimiques, l’amélioration des capacités à répondre aux urgences chimiques et aux empoisonnements, le renforcement de la surveillance et du suivi, et l’amélioration de la sensibilisation et de l’éducation sur les conséquences pour la santé de l’exposition aux produits chimiques.

L’OMS travaillera avec les pays pour mettre en œuvre la feuille de route et présentera à l’Assemblée de la Santé, en 2019, un rapport sur les progrès accomplis.

Objectifs de développement durable

Les délégués ont examiné un rapport sur les progrès accomplis vers la réalisation des objectifs de développement durable liés à la santé et prié le Directeur général de continuer à présenter aux États Membres tous les deux ans un rapport sur les progrès mondiaux et régionaux en vue de réaliser les ODD liés à la santé. Ils ont aussi prié le Directeur général d’inclure dans ce rapport périodique des informations sur les progrès accomplis en vue de renforcer les soins chirurgicaux et l’anesthésie.

Pour plus d'informations, veuillez prendre contact avec:

Fadéla Chaib
Département de la Communication, OMS
Portable: +41 79 475 5556
Courriel: chaibf@who.int

arik Jašarević Département de la Communication, OMS
Portable:79 367 6214
Courriel: jasarevict@who.int

Christian Lindmeier
Département de la Communication, OMS
Portable: +41 79 500 6552
Courriel: lindmeierch@who.int